Accueil  FAQ  Rechercher  Membres  Groupes  S'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 [Clos] Storm the Sorrow | Jeudi 23/09/99 | 13h00

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

Elrik H. Monroe
Unbowed, Unbent, Unbrokenh
Unbowed, Unbent, Unbrokenh


Messages : 1710


Feuille de personnage
Gallions: 134
Points de Magie: 97

MessageSujet: [Clos] Storm the Sorrow | Jeudi 23/09/99 | 13h00   Lun 23 Juil - 19:40

Storm The Sorrow




    Suite d'un petit Moment de Faiblesse...

    La salle de classe s’était enfin vidée… Elrik se tenait devant son bureau, les bras croisés. Un air bien pensif contractait les traits de son visage. Ses yeux bruns fixaient son bureau depuis plusieurs minutes. L’homme essayait tant bien que mal de débrancher son cerveau. Ou du moins, de l’ôter du chemin audacieux, pour ne pas dire scabreux, qu’il empruntait.

    Il ne réussit qu’à pousser un soupir, très rapide, sans parvenir à ses fins tout de suite. Ses yeux toujours braqués sur le bois de la surface de travail, recouvert de parchemins, de plumes, de bocaux et fioles éparpillés refusaient d’obéir à sa raison. Pourtant, l’urgence était là : ranger tout ce bazare, faire table rase… surtout des images qui lui arrivaient jusqu’au cerveau !

    RAH ! *Foutus élèves ! Fowler, si je t’attrape… Pas que des tâches d’encre… hein. N’importe quoi ! Juste Ciel !* Cette fois-ci, Elrik parvint à s’arracher à ses pensées. Elles l’offusquaient plus qu’autre chose. Il n’y avait rien à imaginer sur ce bureau, rien de plus que le tas de paperasses et d’ustensiles ayant grand besoin d’être remis à leur place – comme ces satanés marmots !

    Pour comprendre ce qui agaçait Elrik, bref petit retour en arrière… le cours avec les plus grand élèves de l’école, le quatrième de l’année, avait été assez éprouvant. Ils étaient intenables ce matin, ces mômes ! Ils ne méritaient que des coups de pieds aux derrières, et de ramper sous les barbelés, et les coups de clairon aux aurores : ils ne les avaient pas volé tiens ! Les pires avaient été Westchester et Sways… bon sang, ils avaient échappé à la colle de justesse ! Quant à Ryan Fowler et ses traits d’esprit trèèèès malins pour conclure ce trio d’heures laborieuses … avait on besoin FRANCHEMENT d’entendre des horreurs telles que : « C’est mal connaître la chasteté des demoiselles de cette classe... Vous savez que des rapports sexuels ont déjà eu lieu sur votre bureau ? Bah ouais, c'est pas QUE des tâches d'encre quoi … » Non ! Aucunement ! Nom d’un petit Jésus…. Pensez à prier pour son salut, à ce grand âne, et non à lui refaire le cuir du derrière avec un marti-fouet à pique !
    Voilà… penser positif… En outre, Elrik n’hésita pas à se maudire de tomber dans le panneau de ce genre de provocation. Bien sûr que les élèves n’avaient pas à parler de cette façon, surtout au sujet de leurs camarades, et ENCORE MOINS devant leurs enseignants… et ça, ils avaient bien besoin de se le rentrer dans le crâne. Cela dit, Monroe n’avait pas de quoi être choqué, c’était rentrer dans le jeu des gamins. En plus, c’était ceux qui en parlaient le plus… comme on disait ! Et toc ! Elrik songea à le préciser à Ryan, la prochaine fois… (Amusant comme il y avait toujours une exception pour confirmer les règles. Dans le cas de cette maxime, Elrik était l’exception. C’est bête la vie !) Bref, ne nous éloignons pas du sujet. Paroles intolérables dans la bouche de ses troupes = Action/Réaction ! Mais ça n’était pas pour autant qu’Elrik devait s’en trouver ébranlé de la sorte, au plus profond de son être. (Sans mauvais jeu de mots…) Lui n’avait-il pas entendu pires ignominies ? Lorsqu’il était soldat ? Bien sûr que si… Son meilleur ami, Caine Skellig, n’avait pas sa langue dans sa poche en la matière.

    Enfin, tout de même… ces propos dégradants n’étaient pas pour plaire au Directeur des Poufsouffle… Brrr.
    Bien ! Ranger, s’occuper… avancer ! Allons ! En avant marche soldat !

    Elrik se raisonna avec vigueur, contourna son mystérieux bureaux, s’éloigna des tâches suspectes (roooh mais c’est d’la pimentine ! de la pi-men-ti-neu ! C’est Abigail qui en a renversé, c’est tout !) puis s’attacha à ranger les paillasses laissées en bazar par les élèves. Ils lui échauffaient tant les oreilles, qu’Elrik avait fini par les flanquer tous dehors plus vite que la musique, sans qu’ils n’aient eu le temps de tout ranger correctement.

    Plusieurs bruits attirèrent son attention, dans le couloir… mais Monroe avait à présent sa concentration entière focalisée sur le rangement. A vrai dire, il était si tendu et survolté qu’à la moindre incartade, au moindre dérangement… il promettait de monter au créneau direct ! Mieux valait donc qu’il se braque sur son nettoyage. (Je vous défends de dire qu’il est excité de quelques manières que ce soit ! Cette information est erronée… totalement !)

    Plusieurs fois, en astiquant les surfaces de travail, son reflet se matérialisa dans les carreaux blancs étincelants. Elrik surprit un clin d’œil, un rictus familier. Mais il n’eut pas la force de s’en préoccuper davantage, cela promettait de l’énerver bien plus encore. Pire qu’affronter les adolescents de chair et d’os qui lui servaient d’élèves – et d’élèves timbrés – : faire face à son propre reflet. Elrik se voyait toujours à dix-sept ans, lorsqu’il se regardait dans une glace. Cela faisait vingt ans, qu’il se voyait à dix-sept ans. Qu’il ne se voyait plus, à vrai dire, et ne rencontrait que le portrait fantomatique de son double. Corwin avait, dans la tête d’Elrik, des réactions et des réflexions parfois pires que celle de ses élèves. Alors non, pitié, assez de ces enfantillages ! Infoutu de nettoyer plus longtemps sans être agressé par cette vision qui le hantait, Elrik finit par abandonner sa tâche…. Trouver autre chose, pour l’occuper… vite vite vite ! Ouh nom d’un géant ! Le froid du cachot, le clapotis de l’eau de la fontaine… Elrik eut la sensation soudaine d’être assiégé par les moindres détails sonores s’agitant dans son environnement. Cerise sur le gâteau : l’on frappa à sa porte et celle-ci se mit à grincer en pivotant sur ses gonds. Comme une décharge électrique le saisit à la gorge, et Monroe hurla d’une voix étranglée : « FOWLER SI C’EST TOI JE VAIS T’EN FOUTRE DES TÂCHES SUR LE BUREAU ! AVEC TON SANG ET TA SUEUR ! TU M’EN DIRAS DES NOUVELLES ! »

    Elrik n’a pas du tout les nerfs qui lâchent… c’est faux. Il aime ses poufsouffle. Hum.

    Mais ça n’était pas Fowler du tout, l’innocent jeune home se trouvait déjà loin à l’heure qu’il était… La voix qui s’éleva, incertaine, depuis le bois de la porte eut pour effet de faire voler les barrières qu’Elrik dressait autour de lui en mille morceaux. Il eut l’impression de chuter de ses grands chevaux. De très haut. Et ce fut douloureux.

    « Lily ?! »
    Elrik ferma les yeux, les rouvrant aussitôt après. Il poussa un grognement agacé, contre lui-même. Puis se concentra sur le visage au sourire fragile de sa collègue et amie. Des lustres qu’on ne l’avait pas appelé comme cela, sûrement, miss O’Brian. D’ailleurs, Elrik lui-même ne s’y était jamais risqué jadis. Seul Corwin avait le droit. Allez savoir pourquoi, la voix du sorcier s’était alors élevée avant qu’il ne fasse le tri dans ses pensées, embouteillées dans son crâne.
    « Ellia. » se reprit-il quasi immédiatement. « Pardon, je croyais que c’était … oh peu importe. Entre ! » Il ébranla sa large silhouette toute contractée, puis s’avança vers la jeune femme. Sans réfléchir davantage, il balança son chiffon sur son épaule. Celui-ci allait tâcher sa chemise blanche à lacet mais tant pis. Que de négligence… depuis qu’il était à Poudlard, Elrik n’arrêtait pas ! Ce peu de précaution lui jouerait des tours. On ne l’avait pas élevé comme cela, à la Légion ! En arrivant à la hauteur d’Ellia, Elrik l’attrapa par le poignet – délicatesse quand tu nous tiens – ainsi il l’incita plus efficacement à pénétrer dans sa salle de classe, et referma la porte derrière elle. Le bois claqua contre la pierre, sans émouvoir plus que cela le professeur de potion. AH du calme, enfin. Pour un peu, il aurait bien verrouillé la serrure…

    Mais il avait plus urgent à s’occuper. Elrik se tourna vers Ellia, toujours aussi sérieux mais la mine tout de même plus détendue. Il se racla la gorge et lui demanda : « Qu’est-ce que je peux faire pour toi ?! »
    Il s’adressait à elle, désormais, avec beaucoup plus d’assurance qu’au départ. Toutefois, malgré cette aisance, Elrik ne savait se départir de son attitude abrupte et sa raideur caractéristique. Il n’était qu’un pauvre soldat bourru, après tout, qui aimait aller à l’essentiel.
    L'homme remarqua, une fois sa phrase achevée, qu’elle dissimulait derrière son sourire une certaine inquiétude. Aussi ne put-il s’empêcher de sonder davantage son visage d’un regard insistant et inquisiteur, en attendant qu’elle ne s’explique. Il s’attendait tout naturellement à ce que son amie lui déballe son souci éventuel sans faire d’histoire (Rikounet et sa grande expérience des femmes !!!). Ils étaient dans la même galère après tout !


_________________

Spoiler:
 


Nous vaincrons lentement, mais sûrement !
- le club des escargots

Plus que 4/8 ! @_@


Dernière édition par Elrik H. Monroe le Jeu 28 Mar - 17:50, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Ellia D. O'Brian
Unbowed, Unbent, Unbrokens
Unbowed, Unbent, Unbrokens


Messages : 847


Feuille de personnage
Gallions: 105
Points de Magie: 94

MessageSujet: Re: [Clos] Storm the Sorrow | Jeudi 23/09/99 | 13h00   Mar 24 Juil - 11:03

    Ellia n’avait envie de voir personne d’autre. Tout ceci l’avait plus ébranlé qu’elle ne voulait l’admettre. Voir un adolescent dans cet état là avait fait remonter de vieux souvenirs bien enfouis. Mais la voix qui l’accueillit faillit la faire fuir. Fragilisée, les voix fortes et autoritaires ne faisaient qu’empirer les choses. Mais la voix familière de son ami était tout de même rassurante et elle ne partie donc pas en courant. « Euh non, c’est pas Fowler… » Murmura t-elle d’une voix inaudible. Il fallait qu’elle se ressaisisse ce n’était pas possible. Elle offrit un sourire d’excuse à son ami, il ne l’attendait surement pas et elle l’avait sans doute dérangé.
    Son estomac lui fit l’impression de disparaître, puis réapparu d’un coup avec la réalité. Il venait de l’appeler Lily. Aussi loin qu’elle ne se souvienne, jamais Elrik ne l’avait appelé comme ça. Corwin oui. Tout le temps. C’était même devenu normal entre eux. Mais Elrik, non, jamais. Et cela lui remonta le moral d’un coup. Soulagée, elle se rendit compte qu’il n’y avait aucun autre endroit où elle avait envie d’être. Ca avait toujours été comme ça avec les jumeaux. L’un, ou l’autre, ou les deux. Avec Corwin, elle parlait. Avec Elrik, la conversation était silencieuse, mais c’est comme si il n’y avait pas besoin de mots. Ils s’étaient toujours compris. Ou du moins c’est ce qu’elle avait toujours ressentit face au jeune homme. « Salut Rik. » Répondit-elle sur le même ton. Malgré elle, un sourire s’était placé sur son visage. Un sourire sincère. « Fowler oui, j’avais cru comprendre. » Finit-elle elle même, alors qu’il s’approchait d’elle pour lui prendre le poignet et l’attirer dans le cachot, fermant la porte derrière eux.

    Ellia ne fit pas attention au bruit fort de la porte, et s’y adossa, comme si elle allait défaillir. Elle posa son dos le long du bois massif et soupira profondément, essayant de contrôler ses émotions. Le calme de la pièce lui faisait du bien. Elle en avait besoin. Mais il fallait qu’elle se reprenne, sinon elle était bien capable de fondre en larmes. Elle leva ses yeux vers Elrik, qui lui demandait ce qu’il pouvait faire pour elle. Elle sentit le regard inquisiteur de son ami. Il avait remarqué que quelque chose n’allait pas et semblait vouloir savoir. Seulement Ellia ne savait pas si elle pouvait commencer à dire quoique ce soit sans lui déballer toute sa vie, ses problèmes, son passé, son traumatisme… Et elle ne savait pas si c’était le bon moment ni même l’endroit pour cela. Presque personne ne savait ce qui s’était vraiment passé dans la vie d’Ellia. Sa famille – Ellaria incluse, et elle savait qu’elle ne devait pas en parler – et Minerva McGonagall. Personne d’autre.
    Ellia était consciente qu’elle devrait un jour dire à Elrik ce qui s’était vraiment passé au Ministère, et se confier à lui. Mais c’était dur pour la directrice des Serpentard. Malgré tout ce qu’elle essayait de faire paraître, Ellia était encore très fragile et marquée par sa longue dépression.

    Elle avait rebaissé les yeux et regardait à présent le sol. Elle savait qu’Elrik ne lui en voudrait pas de garder un peu le silence. A vrai dire, elle ne savait même pas ce qu’elle voulait vraiment lui dire. Galaad ? Le Ministère ? Rien ? Tout ? Merlin, que c’était compliqué. Mais comme disait son père, rien n’était jamais facile. Evidement, une fois de plus Ellia ne pouvait que lui donner raison. Les difficultés, elle en avait traversé pleins dans sa vie. Alors pourquoi lorsqu’elle avait un ami en qui elle pouvait avoir toute confiance, elle n’arrivait pas ? Ce n’était pourtant pas bien compliqué !
    « Ce n’est rien… » Mais bien sur. En relevant les yeux, elle fixa un point invisible, derrière son ami. « Enfin si, mais ce n’est pas si grave. » Déjà un peu mieux. Aller Ellia, tu peux le faire. « Un de mes élèves qui me mène un peu la vie dure, et ça fait remonter de mauvais souvenirs. » Eh bah voilà ! Ce n’était pas si compliqué. Mais Ellia ne se sentait pas soulagée pour autant. Ce n’était qu’une partie de ce qui la tracassait. Mais elle ne pouvait pas tout balancer comme ça.

    Se décollant enfin de la porte en bois, Ellia décida d’aller se poser sur une des paillasses qui se trouvait dans le cachot. Laissant ses jambes pendre dans le vide, elle faisait face à son ami. « Et toi alors ? Tu semblais avoir quelque chose à dire à Fowler ? Qu’est ce qui s’est passé ? » La curiosité naturelle d’Ellia reprenait le dessus. Elrik était quelqu’un de réservé, elle le savait. Mais ça n’empêchait pas la jeune femme de vouloir en savoir plus.

    Après ce moment de faiblesse qu’elle venait de montrer au grand jour, la directrice des Serpentard retrouvait sa contenance habituelle. Mais pour combien de temps ?

_________________

Nous vaincrons lentement, mais sûrement
- le club des escargots
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Elrik H. Monroe
Unbowed, Unbent, Unbrokenh
Unbowed, Unbent, Unbrokenh


Messages : 1710


Feuille de personnage
Gallions: 134
Points de Magie: 97

MessageSujet: Re: [Clos] Storm the Sorrow | Jeudi 23/09/99 | 13h00   Mar 24 Juil - 11:15

    La porte close du cachot les avait enfermés dans une bulle protectrice et familière qu’Elrik savourait, sans forcément s’en rendre compte. Il était même plutôt content de voir la jeune femme débarquer dans son univers, même si la mine soucieuse de celle-ci, qu’elle parvenait mal à réprimer, l’inquiétait quelque peu.
    Si Monroe était peut-être brute de décoffrage, par moment, cela ne l’empêcha pas à cet instant d’attendre avec patience que son amie remette ses idées en place pour lui parler. Il n’avait aucun doute sur le fait qu’elle se confierait à lui, aucun. C’était bien naïf, mais Elrik ne voyait pas pourquoi elle se détournerait de lui, si elle avait besoin d’aide. Elle lui faisait confiance après tout. Elle pouvait ! Vu le passé qu’ils partageaient… et l’état honteux dans lequel, elle l’avait surpris l’autre soir (ne pas y songer, ne pas y songer !). L’homme était déterminé à lui montrer à quel point il pouvait être solide dans son rôle de défenseur de la veuve et de l’orphelin. Il était le soldat inébranlable, sur qui elle pouvait compter. Ouais ! Carrément ! Peu importait les zones d’ombres qu’il gardait farouchement autour de lui. Ses tracas personnels et ses incertitudes ne rentraient pas en ligne de compte, lorsqu’il se sentait investi d’une mission aussi noble que celle de veiller sur son prochain. Donc, Ellia devait avoir confiance en lui.
    Non, Elrik n’est absolument pas chiant et autoritaire sur les bords, pas du tout…

    Le potionniste laissa ainsi le silence planer au-dessus d’eux, durant le temps que son amie jugeait nécessaire. Il ne bougea pas d’un pouce et son regard ne cilla pas une seule seconde, restant figé sur la Dame face à lui. Enfin, sa voix s’éleva. Elle était assez grave, mais fluide et chaude. Elle s’infiltrait dans son être, là où Elrik ne s’imaginait même pas que son sang pouvait le chatouiller. Tiens. Il n’avait fait attention à un détail pareil. Sur son visage une grimace se faufila, alors qu’il chassait ses considérations de son esprit. Il n’y avait là-dedans aucune place pour ce genre de réflexions. Ellia n’avait pas l’air aussi à l’aise que prévu, pour se confier. Un peu étonné, Elrik l’écouta jusqu’au bout sans la presser. Une histoire d’élève. Oh, c’était tout ?! Dans ce cas ce n’était pas grave… Bien sûr les gamins pouvaient être très pénibles, lui-même était victime de leur attitude exécrable, aujourd’hui. Mais était-ce bien tout ?! Mouais. Il n’était pas convaincu. Son regard ne se fit pas moins inquisiteur malgré les explications. Elrik garda le silence et concentra sa réflexion sur la situation, tout en regardant Ellia se mouvoir dans sa salle de classe, s’assoir sur une paillasse d’un bond agile… Le visage d’Elrik afficha soudain une expression de surprise inhabituelle. Argh mais non ! Il ne l’avait pas bien nettoyé celle-là ! Et on ne s’assoit pas sur les tables ! Roh ! Pas étonnant que Salomé fasse pareil en cours après si elle voyait sa directrice faire… Ah Ellia ! Elle faisait tout le temps ça… oui tout le temps. Tout le temps… Le regard d’Elrik s’accrocha aux jambes de sa collègue, battant dans le vide. Cette vision coupa court à toutes ses pensées. Elle lui apparut soudain si vulnérable, qu’il en éprouva un saisissant pincement au cœur. Il redressa lentement les yeux vers elle, ses lèvres finissaient de prononcer des mots qui ne firent aucun sens dans son esprit.
    « Pardon ?! » s’exclama-t-il bêtement. Et oui, en prime Elrik n’avait rien suivi… Okay, on se reprend Soldat ! Il laissait ses humeurs le dominer, c’était très peu professionnel ! Et qu’il se sente à l’aise avec la jeune femme n’était pas une excuse valable !

    Il s’approcha d’elle, le temps de remettre ses idées en ordre, que les paroles de Miss O’Brian reforment du sens dans son cerveau.
    « Oh tu ne veux pas savoir ce que ce petit Malin s’amuse à brailler en cours. Il va aller récurer les marches du grand escalier à la brosse à dents, et ça lui passera l’envie de me provoquer. Ça va être vite fait ! » s’exclama-t-il avec véhémence, en serrant ses doigts autour de sa ceinture de cuir. Il se planta là devant Ellia. « Je le soupçonne, en réalité, de ne pas mesurer l’impact de ses paroles. Et dans ce cas, c’est non seulement affligeant, c’est aussi bien triste ! Il ne me restera plus qu’à prier pour lui. Et toi, qui t’as embêtée ? Dis-moi. Que je le soigne lui aussi, à coup de brosse à dents, et de prière… tout de même, parce que tout espoir n’est sûrement pas perdu ! » Vous n’imaginez pas à quel point il était sérieux tout en parlant ainsi. Elrik avait ses yeux à nouveau braqués sur ceux d’Ellia, et s’exprimait sur un ton grave, sans appel !

    « Aujourd’hui, ils sont tous insupportables… sans doute la pleine lune qui approche. Il ne faut pas te laisser envahir. » Il se surprit à brûler d’envie de lui demander de quel mauvais souvenirs elle parlait, mais la question s’écrasa lamentablement au bord de ses lèvres. Il pouvait se permettre d’user de son autorité pour insister sur de nombreuses choses, mais cela non. Chacun avait droit à son jardin secret. Libre à elle de lui permettre d’entrer ou non. Monroe considérait que sa place se bornait à garder les barrières, pas à les pénétrer. Cela lui allait ! Ne pas chercher plus loin. Non !

    Ce qu’il pouvait faire : c’était lui changer les idées. Et pour cela… il détenait un remède du tonnerre ! Héhéhé !
    Il avança ses mains sur sa ceinture, et d’un coup vif la déboucla pour la poser sur le côté, en lui lançant un regard mystérieux. « On ne m’aura pas deux fois, hein ! » déclara-t-il avec un soupçon de fierté bien inutile. Oui, cette fois-ci, Elrik ne comptait pas faire tomber une de ses décoctions du Tisseur pour se retrouver à nouveau collé à sa collègue comme un abruti.
    Quoi, vous êtes déçu ?

    Il posa également sur la table le chiffon resté sur son épaule. Avec grâce (ou pas) Elrik rentra sa chemise flottant autour de lui dans son pantalon, puisqu’elle pendait sur les côtés en lui donnant un air débrayé qu’il ne supportait pas. Puis il déclara d’un air décidé : « Je sais ce qui va te remonter le moral ! Faire une potion ! » Les remèdes miracles à la déprime selon Elrik Monroe. « Faire un treck dans la forêt interdite, aussi c’est bon dans le genre… mais je ne suis pas sûr que ça te plaise. » Tu as deviné ça tout seul mon vieux ? Qu’est-ce que t’es perspicace !

    « J’ai toujours besoin de renflouer mon stock, tu sais, alors autant joindre l’utile à l’agréable. » Il lui présenta sa main, afin qu’elle lui donne la sienne. « D’abord, descends de là. Où est-ce que j’installe mon chaudron si tu prends toute la place sur le plan de travail. Oui, je veux travailler là ! » précisa-t-il en indiquant de son index la place où elle se trouvait. « Les autres paillasses sont propres. Tu as choisi celle que je n’avais pas nettoyée. Tant pis pour ta robe ! Allez Miss O’Brian, on ne s’assoit pas sur les tables, exécution. » renchérit-il en lui ajoutant un hochement de tête pour l’inciter à attraper sa main et lui laisser la place libre. Au cas où l’on se demanderait s’il parlait de cette façon pour jouer : absolument pas. Il était à nouveau on ne peut plus sérieux. Calme et de bonne humeur (pour un coincé) certes, mais ferme et sérieux avant tout. Parfaitement !
    « Que veux-tu faire comme potion ? Il me faut des solutions de Tornade, je n’en ai plus. De la peau de Granit non plus… »

    Plait-il ? Y a quelque chose qui cloche ?




_________________

Spoiler:
 


Nous vaincrons lentement, mais sûrement !
- le club des escargots

Plus que 4/8 ! @_@


Dernière édition par Elrik H. Monroe le Dim 25 Nov - 9:07, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Ellia D. O'Brian
Unbowed, Unbent, Unbrokens
Unbowed, Unbent, Unbrokens


Messages : 847


Feuille de personnage
Gallions: 105
Points de Magie: 94

MessageSujet: Re: [Clos] Storm the Sorrow | Jeudi 23/09/99 | 13h00   Sam 11 Aoû - 18:08

    Ellia avait pourtant l’habitude de rester impassible. Toute sa scolarité à Poudlard, elle avait appris à le faire, la plupart du temps à ses dépends. Elle n’avait pas le choix, fille de moldus chez les Serpentard, ça ne plaisait pas. Et elle avait donc du se blinder. Seulement voilà, elle ne savait pourquoi, lorsqu’elle était en présence d’Elrik, elle avait du mal. Peut-être parce qu’elle se sentait en confiance ? Peut-être oui. C’était bien probable. En même temps, si Ellia devait analyser tous ces états d’âme depuis la rentrée, elle n’avait pas finit. Tout avait été chamboulé depuis le premier Septembre et pour la plupart des choses, elle avait arrêté d’essayer de comprendre. Bizarrement, Elrik était toujours impliqué d’une manière ou d’une autre. Elle n’aurait jamais pensé que retrouver un ami d’enfance la perturberait autant.
    Cela dit, arrivée au moment de se confiée, elle se rendit compte que tout n’était pas si simple. Confiance ou pas confiance, elle avait toujours autant de mal à parler de ce qu’elle ressentait. Si elle arrivait à passer au travers encore une fois, ce ne serait pas plus mal. Mais aujourd’hui, ça semblait assez difficile d’échapper au regard inquisiteur de son ami. Il se faisait d’ailleurs de plus en plus insistant son regard. Mais Ellia l’ignora. Elle lui ferait face plus tard. Dans quelques minutes peut-être. Mais pour l’instant elle venait de bouger ses fesses sur une paillasse, et le regard surpris de son ami ne lui échappa pas. Quoi ?! Il n’approuvait pas ? Tant pis, il savait pourtant très bien qu’elle faisait tout le temps ça. Il ne pouvait pas l’avoir oublié, même après toutes ces années. Certaines habitudes ne se perdaient malheureusement jamais.

    Elle le vit perdu dans ses pensées. A quoi pensait-il ? Ellia donnerait cher pour le savoir. Elle ne remarqua même pas son regard sur ses jambes et ne se sentit donc pas mal à l’aise. Oh non, elle était bien là. Avec ses jambes balançant dans le vide, comme lorsqu’elle avait 16ans. Elrik était tellement ailleurs qu’il semblait avoir totalement raté le début de sa phrase. Pas qu’il n’y ait quoique ce soit d’important dans cette question d’ailleurs. Ellia essayait simplement de changer un peu de sujet. Elle allait d’ailleurs répéter ce qu’elle venait de dire, mais le maître des potions s’approcha d’elle et lui répondit, comme si il avait toujours été attentif à ce qu’elle disait. Bien rattrapé mon cher Elrik. Ellia ne pu s’empêcher d’esquisser un sourire devant la véhémence de son ami. Elle adorait la façon qu’il avait de mettre du cœur dans ses réponses. Il prenait vraiment son travail au sérieux et Ellia était toujours impressionnée. Agréablement impressionnée.
    « Vraiment ? Je serais curieuse de savoir ce qu’il a dit… » Elle laissa trainer sa phrase, mais il était clair que l’ironie était belle et bien présente dans son ton. Elle ne montra pas sa surprise suite à la mention de la prière. Par Merlin, elle ne s’y ferait pas. Un jour, elle aurait une vraie discussion avec Elrik pour savoir exactement jusqu’où allait sa foi. Mais pas maintenant. Pour l’instant, il revenait à la charge pour savoir ce qui la tracassait. Elle appréciait le geste. Elle leva les yeux vers lui et plongea son regard dans le sien, lui faisait un petit sourire, rien de bien extravagant. « Westchester. Galaad. » Oui, mieux valait préciser, ça pullulait à Poudlard les Westchester. Ce serait dommage de s’occuper du mauvais. Elle soupira et rebaissa à nouveau son regard. Morgane, pourquoi est ce que tout ça la perturbait autant ? Sa voix s’enrailla un peu alors qu’elle reprenait la parole. « Un peu d’espoir, oui j’espère bien, ce n’est pas si grave. Enfin je crois. » Pas sur tout ça.

    Elle s’éclaircit la voix et décida de se lancer. C’était le moment ou jamais. « Tu sais ce n’est pas tant le fait qu’il m’ait fait certaines réflexions qui m’embête. Tu sais aussi bien que moi que j’ai l’habitude après toute ces années… C’est juste que… » Elle n’osait pas lever les yeux vers son ami. Tant pis, regarder ses pieds était plus facile. « J’ai eu quelques moments difficiles ces dernières années, trop de mauvais souvenirs qui reviennent. » Elle ne pouvait pas laisser les larmes envahir ses yeux. Non, non. Hors de question. Elle était plus forte que ça. Instinctivement, elle serra ses doigts autour de sa baguette. Elle n’en revenait pas qu’elle venait de dire ça. Elle releva la tête et fixa un point invisible au fond de la salle. Elle ne voulait pas affronter son regard. A moins qu’il ne la prenne dans ses bras et l’autorise à y pleurer, elle ne voulait plus aborder ce sujet. Pas maintenant en tout cas.

    Heureusement qu’Elrik était un ami présent, car il avait apparemment décidé de lui changer les idées. Elle le regarda à nouveau. Il était en train d’enlever sa ceinture ornée de fioles aussi diverses et variées que possible. Elle ne pu s’empêcher de rire tout fort à sa blague. Le souvenir de la toile du tisseur était toujours gravé dans la mémoire de la directrice des Serpentard. Ca avait été drôle. « Vraiment ? Je pensais pourtant que tu avais passé un bon moment ?! » Encore une fois, le ton était ironique et elle rit encore. Passer du rire aux larmes vous connaissez ? Ben voilà. Elle n’attendait pas de réponse, c’était une pure question rhétorique finalement.
    Ah ! Elrik avait une idée pour lui remonter le moral. Parfait ! Ou pas. Elle le regarda avec un air surpris. Une potion ? Est ce qu’il se souvenait qu’elle était une vraie quiche en potions ? Mais finalement… Maintenant qu’elle y pensait, il y avait surement de quoi s’amuser ! Comme au bon vieux temps, où elle faisait ses devoirs à côté d’un Elrik qui faisait ses expérimentations. Oui, bonne idée. « D’accord ! Allons-y. On fait quoi comme potion ? » Demanda t-elle, retrouvant une motivation de petite fille. « Oui, non c’est bon, potion ça ira, treck dans la forêt, je te laisse l’honneur. » Elle lui offrit un grand sourire. Elle le laissa continuer et ne perdit pas son sourire lorsqu’elle prit sa main pour sauter à terre, telle une gamine de douze ans. « Oui Chef Monroe ! On commence par quoi ? » Elle aimait bien cette façon dont il avait l’habitude de parler aux gens. Quelque chose qu’elle ne lui connaissait pas lorsqu’ils étaient à Poudlard. Et elle comptait bien rentrer dans son jeu ! Les pieds de retour sur la terre ferme, Ellia était prête à continuer.

    Ah. Elrik lui laissait le choix. « Franchement, vu mon niveau catastrophique en potions, je pense qu’il est plus judicieux que tu choisisses la plus facile de toutes… Sauf si tu comptes te retrouver avec un truc qui ressemble à rien à la fin… » Elle lui offrit un sourire désolé et sincère. Oui, c’était beaucoup mieux comme ça.

_________________

Nous vaincrons lentement, mais sûrement
- le club des escargots
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Elrik H. Monroe
Unbowed, Unbent, Unbrokenh
Unbowed, Unbent, Unbrokenh


Messages : 1710


Feuille de personnage
Gallions: 134
Points de Magie: 97

MessageSujet: Re: [Clos] Storm the Sorrow | Jeudi 23/09/99 | 13h00   Lun 3 Déc - 17:50

    La main d’Ellia se posa dans la sienne. Il la serra avec vigueur.
    « C’est Colonel Monroe. » précisa-t-il avec toujours autant de sérieux, non sans laisser poindre, tout de même, une petite étincelle dans le fond de ses yeux bruns. Un œil extérieur aurait pu murmurer qu’il s’agissait là d’une étincelle de fierté. Mais c’eut été déplacé de l’admettre. Elrik appréciait l’exactitude, voilà tout.

    Miss O’Brian atterrit avec souplesse au sol la seconde d’après. Elrik s’était décalé, pour lui laisser la place et l’espace décent nécessaire sans pour autant lâcher sa main. A vrai dire, le contact diffusait vers l’un comme l’autre une chaleur singulière, dont il n’eut pas conscience de devoir se défaire tout de suite. Son instinct désirait sans doute vérifier, la provenance de cette ardente sensation en train de s’agiter là, quelque part au creux de son estomac, ou plutôt le long de sa colonne vertébrale… souci d’exactitude, encore une fois. Elrik baissa la tête, pour lentement embrasser du regard la silhouette de sa collègue. Une profonde inspiration souleva son torse, et il expira en silence avec une maîtrise assez relative, cette bouffée d’oxygène, trop pure, trop percutante. Son regard s’était en même temps arrêté sur leurs doigts entrelacés. Ça venait de là.
    Il relâcha sa main, en redressant le visage pour lui adresser un sourire en coin, un peu crispé. Il avait voulu jouer, ou du moins faire semblant… voilà. Maintenant ça le chatouillait de partout, et il ne savait plus à quel Saint se fier.

    De son côté, Ellia avait l’air bien plus détendu qu’auparavant. La fluidité de ses mouvements, le rire audible derrière les paroles qu’elle prononçait. Elle dégageait un entrain naturel, qui ne laissait place à aucun désir de briser le nuage d’allégresse occultant ses peines. Si elles demeuraient là, la sorcière les camouflait avec charme et brio. Elrik n’aurait pas osé, pas plus maintenant que deux minutes plus tôt, la pousser dans ses retranchements dans le but qu’elle se noie à nouveau dans des souvenirs désagréables. Il voulait se concentrer sur cette lumière émanant la jeune femme. Il voulait raviver cette flamme, l’étayer, l’attiser. Qu’aucun Westchester ou Fowler ou n’importe qui… qu’aucun souffle ne l’éteigne. La voir réceptive à l’aide qu’il lui offrait, le visage ouvert et jovial, partante pour taquiner le chaudron avec lui, c’était là une récompense tout à fait particulière. Il se surprenait lui-même à la savourer, comme il en avait peu l’occasion. Ce n’était pas un luxe qu’il s’offrait, normalement. Elrik avait l’habitude d’aider son prochain. Ce n’était pas, justement, pour en tirer une satisfaction personnelle ou s’attirer des récompenses. C’était son devoir, il n’y avait pas à tortiller plus loin. Cependant, il y avait dans cette situation un ingrédient spécial. Une alchimie particulière, qu’il n’aurait su clairement définir. Peut-être parce que l’aider, elle, lui apparaissait davantage comme essentiel, naturel que relevant d’un devoir quelconque. Elle ne faisait pas partie de l’univers de repentance dans lequel il évoluait depuis des années. Elle représentait cette partie de sa vie à peu près indemne, qu’il n’aurait jamais pensé retrouver un jour. Et c’était agréable, inespéré, vital. Rien que pour cela, il aurait pu être prêt à tout. Le réaliser demanderait des efforts qu’il n’était pas prêt à fournir. Mais ça n’avait pas d’importance. En revanche, s’assurer qu’elle ne perde pas son sourire et le suive dans l’activité la plus saine et réjouissante qui soit – après la prière – revêtait une importance capitale. Je veux bien sûr parler de concocter une petite potion, ou deux… si Elrik poussait le vice jusque-là ! On est foufou, ou on ne l’est pas ! Tention !

    Pour la première fois depuis… vingt ans… toujours ? Ne perdons pas de vue qu’il n’avait à l’époque toujours fait que suivre son frère et son amie, jouer la chandelle, profiter de leur relation et de leur affection par procuration, sans jamais oser s’imposer plus que nécessaire. Il se complaisait alors dans sa timidité, n’allez pas le plaindre non plus. Bref, pour la première fois, Elrik regarda Ellia droit dans les yeux, lui rattrapa la main pour l’enfermer entre ses paumes. Là, il assura sa prise par une pression ferme et convaincue, agrémentant le tout d’un franc sourire.

    « Tu fais bien de me faire confiance. » lui affirma-t-il en faisant preuve de ce qu’il aurait volontiers qualifié d’une prétentieuse arrogance, s’il avait pu prendre du recul et se voir. Tant pis, le lâcher en terrain d’alchimiste, là où il maîtrisait tout, le rendait tout chose.

    « Tu étais si mauvaise ? » lui demanda-t-il en haussant un sourcil incrédule. Le tact, sa qualité principale….
    Il laissait son regard courir sur elle, et s’imaginait avec une innocence et une naïveté toute neuve que rien n’éveillait en lui le terme « mauvais » pour la qualifier. « Je ne m’en souviens pas. Je t’assure que tu ne rateras aucun chaudron, avec moi. » Il ouvrit les mains, laissant à la sorcière la liberté de s’échapper de sa prise. Il vaqua alors dans la pièce, histoire de rassembler tous les ingrédients et ustensiles dont ils auraient besoin. Elrik avait l’air d’avoir chassé toutes pensées embarrassantes qui auraient pu l’handicaper dans cet échange. Il y avait comme des ailes pour booster l’agilité de ses bottes. Il remplissait le chaudron passé sous son bras de fioles et bocaux aux formes et aux couleurs improbables, faisait danser les portes des placards sur son chemin, tournoyait dans la pièce avec un empressement frôlant l’impatience. En tous les cas, rien à cet instant ne desservait la maîtrise de ses mouvements. Il revint vers elle, en faisant claquer ses rangers sur le sol, et avec efficacité étala sur un plateau flottant, à côté du plan de travail toutes les fournitures recueillies. Chaque chose à sa place, pas de bocal de travers, pas un gramme de poussière de lave de trop. Tout réglé au millimètre prêt. Agencer ainsi son travail rassérénait le militaire. Lui qui d’ordinaire s’attachait à garder un masque impassible prenait ici un réel plaisir à communiquer à son amie sa passion débordante, il fallait le croire ! Après avoir disposé correctement deux grands chaudrons dûment rempli d’eau, Elrik se tourna vers Ellia.

    «Je vais m’occuper de lancer le chaudron de Peau de Granit, tranquillement. Et pendant que la magie opère de ce côté-là. » commenca-t-il, une émotion plaisante éclairant ses traits. « On peut faire ensemble un peu de concentré de Finite Incantatem… c’est une potion que j’utilise souvent. Très souvent… vu les erreurs magiques qui surviennent un peu partout, à cause des P’tits. » Et oui, contrairement à tout sorcier normalement constitué, Elrik était infoutu désormais de conjurer ne serait-ce qu’un stupide sort de désenchantement. Mais il avait plus d’un tour dans son sac, plutôt : plus d’une fiole à sa ceinture pour palier à cette lacune, et ça ne le dérangeait pas le moins du monde de l’avouer dans ces circonstances ! Bien au contraire. Ici et maintenant, le temps s’était arrêté. Il n’y avait plus qu’elle et lui, ses chaudrons et ce moment privilégier qu’ils s’apprêtaient à partager. Cela pouvait paraître idiot, mais Elrik ne se livrait pas à l’élaboration de potions aussi personnelles que celle-ci (celles qui attestaient de son handicape flagrant en matière de magie « normale ») en présence de tout le monde. Ce n’était pas dénué de signification, pour lui.

    « Elle n’est pas si dure à réaliser, pour qui connait les gestes exactes. Ce qui est mon cas. Je vais te montrer. » dit-il en l’invitant encore une fois, d’un geste de la main. Et cette fois-ci, il alla de lui-même la chercher, passant derrière son bras pour l’attirer jusqu’à lui, devant son chaudron. Il la voulait aux premières loges. Ainsi, Elrik resta posté tout près, juste derrière elle, agitant ses bras de part et d’autres de la sorcière pour saisir une fiole remplie de flammes, dont il fit rapidement sauter le bouchon. Le feu magique s’échappa aussitôt de sa prison de verre, là où le sorcier le dirigea. Une lumière vive leur éclaboussa le visage, accompagnée d’une puissante chaleur, tandis que les feux prenaient de l’ampleur en venant lécher le cuivre bombé des chaudrons. Il se décala vers l’autre point de préparation à quelques centimètres d’elle. « Je n’en ai pas pour longtemps, à démarrer celle-ci. » A ces mots, il attrapa les ingrédients nécessaires à l’élaboration de la peau de granit, ne cessant de relever les yeux vers elle. Il donnait ainsi l’impression de ne pas prêter beaucoup d’attention à ses mouvements au-dessus de l’onde bouillonnante…

    « Rassure-toi, je ne vais pas noter ton chaudron à la fin de l’heure. D’ailleurs, il n’y a pas d’heure à respecter. Tu peux prendre tout le temps que tu veux, ici, dans cette salle, devant ce chaudron. Tu peux en profiter pour vider ton esprit de tout ce qui l’encombre. C’est ce qu’il y a de bien, avec cet art, c’est ce que j’aime. C’est que le temps, la précision qu’il requiert empêche de se concentrer sur autre chose. Alors là tu peux vraiment évacuer toutes les tensions qui t’habitent. Tu ne crois pas ? En tous cas ça marche pour moi… je suis seul, face à cette magie, elle s’accorde parfaitement avec le flux capable de s’agiter à l’intérieur, elle repose, elle s’élève, elle boue, elle explose peut-être, mais c’est toujours possible de l’enfermer, pour la maîtriser. J’ai une totale confiance dans ce que je peux créer, ici. C’est une osmose que je ne rencontre nulle part ailleurs. » Il avait d’abord commencé sa phrase à voix basse, puis au fur et à mesure, avait parlé avec plus de force, de conviction, pour finir par laisser s’exprimer son cœur, cela s’entendait dans le ton emporté de sa voix. Il avait fini par poser les yeux sur la sorcière, l’englober totalement de son regard. Il cacha les rougeurs qu’il sentait lui monter au visage en reportant son attention sur ses gestes, au-dessus de sa préparation. A ses paroles avaient succédé des pensées galopantes. Très. Trop.

    Il préféra appuyer ses dires en se remettant au travail, et dispersa dans l’eau un peu de poudre de lave. Ensuite il vint chercher un petit flacon, entre leur chaudron. Celui-ci tournoya entre ses doigts. Il approcha la fiole d’huile élémentaire de terre de son début de potion, et autorisa quelques gouttes à s’y mêler. Immédiatement, il referma le flacon et le fit glisser dans sa poche… un étrange sourire amusé naquit sur ses lèvres. Il se campa sur ses pieds avec assurance, tout en déclarant « Accroche-toi maintenant. » d’une voix très énigmatique.

    Sans attendre qu’elle comprenne de quoi il retournait – il possédait un train d’avance sur elle, ce n’était pas du jeu – Elrik amena son bras jusqu’à elle et l’attrapa par la taille. Elle n’eut d’autre choix que de se retrouver à nouveau plaquée un peu plus près de lui. De son autre main, Elrik alla caresser les bords du chaudron, pour l’agripper entre ses doigts. Installés dans cette étrange proximité, Elrik patientait en lui murmurant des « Vraiment, accroche-toi. » plus lourds de mystères les uns que les autres. Patience, patience… pourquoi, au juste ?!

    La réponse ne se fit pas attendre. Une secousse, un tremblement naquit du cœur du chaudron, et se propagea sans plus de cérémonie de la table jusqu’au sol, agitant le décor tout autour d’eux. Cela dura durant une bonne minute, voire deux, pendant lesquelles Elrik les pressa contre la table. Il parvint à épargner à son amie toute chute en la gardant ainsi calée entre son corps et la surface de bois, tout en gardant son chaudron le plus immobile possible d’une main. Maîtrise totale !

    Elrik avait tout de même clos ses paupières durant cette agitation sismique, pas catastrophique… bien sûr, mais tout de même. Lorsqu’on n’était pas habitué… ça marquait. Mais il n’avait pas perdu son sourire. Un brin d’amusement pimentait maintenant son expression. Lui, évoluait dans ce rituel avec tant d’automatisme, il s’y attachait tant d’éléments rassurants qu’il ne se rendait même pas compte d’y intégrer Ellia avec un naturel déroutant. Le tremblement de terre magique avait cessé d’animer les planches et les pierres du cachot, et le professeur de potion attardait sa main sur la taille de son amie, toujours cernée par l’homme et le chaudron.

    « Pardon pour ça, j’aurai mieux fait de te prévenir. » avoua-t-il, un peu coupable. Il avait l’air plus fier de lui que coupable à vrai dire. « Tu n’as jamais fait de potion comme ça, n’est-ce pas ?! »
    Repens-toi mon fils, car tu vas pécher ! Par l’orgueil, cela va sans dire… n’est-ce pas ?!



Citation :
Dé # 1 | Concentré de Finite Incantatem - Niveau Apprenti
Elrik Rang Expert avec l'aide d'Ellia, bonus +1
1) Le bonus ne compte pas, sur le 1 - Echec - Ouhla, concentré trèèès concentré, on en remplira qu'une seule fiole ! L'effet est là, mais c'est ridicule, et correspond à un sort Moyen...
2/3) Moyen - Potion réussi, en petite quantité, de quoi faire 2 fioles ! Ce n'est pas le meilleur chaudron qu'Elrik aura fait ! Mais ça fera l'affaire pour le moment !
4/5/6) Perfect - Plusieurs Fiole de Concentré de Finite Incantatem Parfait qui auront raison de nombreuses magies récalcitrantes ! è.é (4 Fioles)

Dé # 2 | Peau de Granit - Niveau Apprenti
Elrik Rang Expert
1) Echec - Le chaudron chauffe trop fort, et la mixture déborde.... et ça tombe sur le pied d'Elrik et ça ne fait PAS du bien ! Orteil en bouilli bonsoir \o/
2/3) Moyen - Potion réussi, en petite quantité, de quoi faire 2 fioles ! Ce n'est pas le meilleur chaudron qu'Elrik aura fait ! Mais ça fera l'affaire pour le moment !
4/5/6) Perfect - Plusieurs Fiole de Peau de Granit Parfaite ! è.é (3 Fioles)


love crazy

_________________

Spoiler:
 


Nous vaincrons lentement, mais sûrement !
- le club des escargots

Plus que 4/8 ! @_@


Dernière édition par Elrik H. Monroe le Sam 8 Déc - 20:59, édité 7 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Master Of Puppets
Let it Be Written
Let it Be Written


Messages : 1678


MessageSujet: Re: [Clos] Storm the Sorrow | Jeudi 23/09/99 | 13h00   Lun 3 Déc - 17:50

Le membre 'Elrik H. Monroe' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

#1 'Destin' :


--------------------------------

#2 'Destin' :
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Ellia D. O'Brian
Unbowed, Unbent, Unbrokens
Unbowed, Unbent, Unbrokens


Messages : 847


Feuille de personnage
Gallions: 105
Points de Magie: 94

MessageSujet: Re: [Clos] Storm the Sorrow | Jeudi 23/09/99 | 13h00   Dim 13 Jan - 21:19

    « Colonel ? Tu ne me l'avais jamais dis... » Avait répondu Ellia, un petit sourire dans la voix, agrémenté d'une étincelle d'ironie. Elle n'y connaissait rien aux grades de l'armée. Elle avait d'ailleurs apprit que son ami en avait fait partie seulement quelques jours auparavant. Mais elle n'aurait pas été contre en savoir plus. Elrik l'intriguait. C'était un fait. Pas comme les autres l'intriguaient. Quelque chose, un sentiment, qui la prenait au plus profond d'elle même et qui la poussait à en savoir plus. Comme un étau se refermant sur son estomac, une sensation présente presque en permanence depuis le début de l'année. Une sensation loin d'être familière, qu'elle avait du mal à dompter mais avec qui elle avait fait une trêve. Elle vivrait avec. Ellia n'était pas encore sure de savoir – ou bien elle refusait de l'admettre – si tout ceci était lié à ses retrouvailles avec Elrik et à tout ce qu'elle avait apprit depuis le début de l'année.
    Quoiqu'il en soit, lorsqu'Elrik lâcha sa main, l'étau se resserra de quelques millimètres. Elle se sentait mieux que quelques minutes auparavant. La bulle dans laquelle ils se trouvaient lorsqu'ils étaient tous les deux lui permettait de passer au dessus des soucis qu'elle rencontrait dans da vie au château. Oh, bien sur, ils restaient toujours présents, mais ils étaient relégués au fond de sa tête et de son cœur, comme si ils ne méritaient que d'occuper le second plan de la pièce de théâtre qu'était sa vie.

    Elle n'avait pas imaginé accepter avec un certain enthousiasme de confectionner une potion un jour. Elle avait toujours été mauvaise, et Elrik avait d'ailleurs été celui sur qui elle avait compté pendant leur adolescence pour tâter du chaudron lorsque c'était vraiment nécessaire. Et c'était très certainement for « old times sake » qu'elle avait accepté si facilement de l'aider aujourd'hui. Parce que les souvenirs que cela évoquait étaient beaucoup plus agréables que ceux qui tournaient devant ses yeux quelques minutes plus tôt. Elrik avait raison, il avait eu la parfaite idée pour lui changer les idées.

    Un violent frisson parcouru l'échine de la sorcière lorsqu'Elrik lui prit les mains sans prévenir. Elle l'avait rarement vu parler avec autant d'assurance, et elle ne pu retenir un sourire admiratif parcourir ses lèvres. Tandis que les mains chaudes de son ami entouraient les siennes, Ellia laissa ses pensées vagabonder. Ne se souvenait-il vraiment pas qu'elle fût capable de faire exploser un chaudron en suivant les consignes de la plus simple des potions? Elle n'avait jamais ressentit une quelconque affinité avec un chaudron qui bouillonne. Elle était de loin meilleure avec sa baguette magique. Etrange quand on pense d'ailleurs qu'Elrik était son exact opposé. Était-ce pour cela qu'elle se sentait inexorablement proche de lui, voir même attirée par lui ? Tout dans son corps tournait à toute vitesse lorsqu'il était à coté d'elle. Elle sentait qu'elle pouvait lui faire confiance et que leur amitié n'avait pas de limite, même après plus de 20 ans sans se voir. Elrik avait changé, mais cela n'était pas important. Lors de leur adolescence, Ellia s'était toujours sentie plus proche de Corwin. Mais tout était différent à présent. Elle sentait cette connexion avec son ami qui n'existait pas avant. Elle ne pouvait l'expliquer.
    « Tu sauras te rappeler très bientôt à quelle point j'étais mauvaise. Mais tu as raison, je te fais confiance, si tu me guide, il ne devrait pas vraiment y avoir de problèmes, si? » Question rhétorique. Elle ne croyait qu'à moitié à ce qu'elle venait de dire, mais ce n'était certainement pas le moment de douter de ses capacités. Elrik lui offrait un moment unique et elle ne pouvait que le saisir au vol. Elle lui offrit un sourire remplit d'innocence, avec cette petite étincelle de malice qui avait retrouvé sa place dans ses yeux. Elle se retrouvait transportée quelques années en arrière et plus rien d'autre ne comptait.

    Il lâcha des mains. A contre cœur, Ellia se rendit compte qu'elle avait apprécier le contact, et elle sentit le froid gagner ses mains, qui n'étaient plus protégées par celle d'Elrik. La sorcière se recula un peu, laissant le plus de place possible à son ami qui s'activait. Pour rien au monde elle n'aurait voulu se trouver sur son chemin. Il semblait tellement dans son élément. Ellia avait presque l'impression que le masque de son ami était tombé et cela lui fit chaud au cœur. Se pouvait-il qu'il se sente aussi en confiance avec elle, qu'elle l'était avec lui ? Cette pensée la fit sourire. S'eût été un merveilleux cadeau.
    Elle s'appuya nonchalamment contre une paillasse un peu plus loin, ses mains derrière son dos et regarda le sorcier s'activer avec entrain. Les yeux de l'ancienne Serpentard suivaient les moindres gestes que son ami faisait. Un sourire admiratif, satisfait, enfantin apparu alors sur ses lèvres. Elle retrouvait le Elrik qu'elle avait eu quelques rares occasions de voir pendant leur adolescence. Il était dans son élément, elle s'en rendait compte.

    Elle l'écouta religieusement lorsqu'il lui expliqua le plan de leur soirée. Elle lui vouait une confiance aveugle et aurait dit oui à n'importe quoi, elle était bien trop heureuse de pouvoir se livrer à une activité qui l'empêchait de psychoter. Il était adorable, en essayant de la convaincre qu'elle s'en sortirait très bien. Et bizarrement, elle le cru sur parole. Un concentré de Finite Incantatem. Elle ne se souvenait pas l'avoir vu sortir sa baguette depuis le début de l'année. Cela ne l'avait pas choquée, mais maintenant qu'elle y pensait, c'était assez frappant. Il n'était pas compliqué de comprendre qu'il compensait par les potions. Dans ses souvenirs d'adolescence, Elrik avait toujours eu une affinité avec les chaudrons, mais il se servait également de sa baguette. A présent, il semblait totalement contre cette possibilité. Et Ellia ne pouvait que l'admirer pour cela. Jamais elle ne s'imaginerait dépendante de substances instables. Elrik l'impressionnait. « Très bien, je te fais confiance. » Répondit-elle. Voilà qui scellait le destin de leur soirée pour de bon. Elle venait de donner son accord officiel pour qu'ils commencent. Elle acceptait de se livrer à cette activité qu'elle avait toujours évitée, avec lui, pour lui. Car il était le seul autour d'eux qui avait su voir son malheur et qui avait tout fait pour l'en éloigner. Pour cela, elle lui en serait toujours reconnaissante.

    Elrik l'invita à nouveau à se rapprocher, mais cette fois, il vint lui même la chercher. Elle ne dit rien et se contenta de suivre le mouvement, commençant à ressentir une petite boule désagréable dans son estomac. Était-elle en train de stresser ? Les potions l'avaient toujours mise mal à l'aise, mais ce n'était franchement pas le moment de paniquer. Rik était là, tout près d'elle et il commençait à s'activer. Elle se frappa mentalement. Il n'y avait pas de quoi avoir peur. Elle prit une discrète mais profonde inspiration, tentant de faire ralentit les battements de son cœur qui s'était affolé durant les dernières minutes. Et elle plaqua un vrai sourire sur son visage, contrairement à cet espèce de rictus crispé qui était là depuis qu'elle avait suivit Elrik près des chaudrons.
    Elle le regarda s'affairer. Ouvrir une fiole avec... Un concentré de flammes ? Ellia n'avait jamais pensé que c'était possible. Et elle fut surprise de trouver ça d'une rare beauté. Son ami continuait d'évoluer dans la salle, tout près d'elle. Elle sentait la confiance qu'il dégageait, cette sûreté qui l'enveloppait et qui s'étendait à elle même. Il était dans son élément et Ellia aimait le voir ainsi. Il paraissait heureux.
    Elle hocha la tête alors qu'il lui assura qu'il n'en avait pas longtemps pour démarrer la potion de peau de granit. Elle voyait ses yeux régulièrement se lever vers elle, alors qu'il s'affairait autour du chaudron. Elle avait assez confiance en lui pour savoir qu'il savait parfaitement ce qu'il faisait. Elle le suivait du regard, attentive à ses moindres gestes. Un peu comme une enfant à qui on apprendrait à fabriquer des bonbons. Ellia avait toujours été curieuse de nature, et avoir un cours particulier de potions avec Elrik ne pouvait être que bénéfique. Apprendre de nouvelles choses. Elle adorait ça. Les yeux de la sorcière suivaient tous les mouvements de son ami. Elle essayait de retenir et de comprendre ce qu’il faisait, mais il allait vite et comme elle n’avait même pas les explications de la potion sous les yeux, cela rendait les choses difficiles. Cependant, son stress s’évaporait petit à petit, et elle commençait à se sentir un petit peu plus à l’aise. Mais Elrik avait du remarqué à quel point elle était stressée, puisqu’il la rassura en lui disant qu’il n’allait pas noter son chaudron et qu’elle pouvait rester autant qu’elle voulait. A nouveau, elle sentit un petit sourire étirer ses lèvres. Elrik mettait tellement de conviction dans ses paroles qu’elle le croyait les yeux fermés. Il était vraiment adorable avec elle, et elle se surprit à penser qu’elle ne le méritait certainement pas. Mais elle décida de chasser cette pensée de sa tête. « Tu es adorable, merci mon ami. Je veux que tu me montres comment tu fais, moi aussi je veux sentir cette osmose. Tout ceci m’intrigue. » Elle était sincère. Et Elrik s’était remit au travail, comme pour prouver ses dires.

    A nouveau appuyée sur une des paillasses – et non pas assise dessus puisqu’on lui avait formellement interdit – Ellia l’observait. Elle ne manqua pas le petit sourire amusé qui passa sur les lèvres de son ami. Tout s’enchaîna un peu vite. Elrik venait de lui intimer de s’accrocher et l’avait attrapée par la taille, la plaquant contre lui, entre son corps et la table. « Mais qu’est ce que… » Eut-elle à peine le temps de dire. Et le sol se mit à trembler. La sorcière laissa échapper un petit cri de surprise, et en levant son visage vers celui de son ami, qui avait les yeux clos. Attendez… Etait-il en train d’apprécier ce qui se passait ? Sans essayer de comprendre plus, Ellia baissa la tête, calla son front contre le torse d’Elrik et ferma les yeux à son tour, attendant que ça passe. Elle n’aimait pas ça du tout, du tout. Mais avait-elle le choix ? Non, pas vraiment.
    Enfin, le calme revint.

    La sorcière, sans s’en rendre compte, avait, de ses poings, accroché la chemise de son ami, et ne décrispait pas. En ouvrant les yeux, elle croisa le regard, un peu coupable, mais non moins fier de son ami, qui s’excusa de ne pas l’avoir prévenu avant. Détachant ses phalanges blanchies de l’étoffe de tissu, elle ne s’écarta pas pour autant de son ami, mais fronça les sourcils. « Elrik Haziel Monroe ! N’ose plus jamais me faire une frayeur pareille ! » Lâcha t-elle, faussement en colère.

    Elle mordit sa lèvre inférieure, avant de partir dans un fou rire qu’elle ne pu arrêter. Un rire léger et cristallin, qui venait tout droit de son cœur. Le soulagement, la possibilité de penser à autre chose, l’imprévu et peut-être aussi la proximité avec Elrik ? Elle était bien là. Sa discussion avec Galaad Westchester lui paraissait très loin, et elle refusait d’y penser de toute façon. Elle préférait profiter de l’instant présent. Et à l’instant présent justement, Elrik avait sa main sur sa taille, et Ellia ne comptait pas s’en dégager toute seule. Il avait voulu jouer avec elle ? Très bien, elle allait jouer avec lui. Elle savait a quel point cette proximité le dérangeait quelque fois, tout comme elle d’ailleurs. « Non, en effet, je n’ai jamais réalisé de potion de ce genre là. » Murmura t-elle. « Qu’as tu mis dedans pour qu’il y ait un tremblement de terre pareil ? » Demanda t-elle, intéressée.

_________________

Nous vaincrons lentement, mais sûrement
- le club des escargots
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Elrik H. Monroe
Unbowed, Unbent, Unbrokenh
Unbowed, Unbent, Unbrokenh


Messages : 1710


Feuille de personnage
Gallions: 134
Points de Magie: 97

MessageSujet: Re: [Clos] Storm the Sorrow | Jeudi 23/09/99 | 13h00   Dim 3 Mar - 21:50

    Ah les rigolots effets de l'huile élémentaire de terre ! Ce n'était pas souvent qu'Elrik s'en amusait avec une tierce personne... vraiment pas souvent ! Il ne se donnait que rarement en spectacle avec ses chaudrons, il fallait bien l'avouer. C'était assez nouveau. Inattendu. Comme à peu près tous les moments que notre homme partageait en compagnie de la sorcière, depuis le retour de celle-ci dans son existence. D'ailleurs, cette main sur sa taille, la façon dont elle s'était cramponnée à sa chemise durant la mini secousse ayant ébranlé le cachot, cette proximité - lui-même provoquée, en un sens ! - tout ce jeu de contacts n'était pas sans lui rappeler des instants tout à fait surprenants et particuliers qu'ils avaient vécu ensemble, pas si longtemps auparavant. Des rapprochements anodins pour une personne normale peut-être, dénués de toute signification scabreuse (bien entendu !) mais tout de même, pour Elrik tout ceci était assez déstabilisant. Judicieux... très judicieux ! Repenser à ça... mais bravo Ricky, c'était le moment !
    Il n'y pouvait rien. Elrik avait pourtant bien essayé d'oublier que c'était arrivé. Il s'était confessé à ce propos, plus la peine de revenir dessus. Hélas, avec Ellia dans ses bras de cette façon, il était difficile de chasser les images de cet instant incroyable...

    C'était officiel, à cette seconde Monroe n'en menait plus très large ! Dans les cachots, tout était à présent redevenu normal. Aucune raison pour qu'ils restent tous deux aussi proches, n'est-ce pas ? Alors pourquoi diable, au lieu de tout simplement retirer sa main et s'écarter d'elle, stressait-il pour savoir où poser sa seconde main ? Il avait relâché le chaudron et maintenant, devait-il mettre sa main de l'autre côté de sa taille ? Trop haut, trop bas, pourquoi, qui, comment, qu'est-ce que l'univers ? Bon sang, il s'était posé bien moins de question, lorsqu'il l'avait embrassé au Courtisane's Nest. Ah oui, il avait voulu jouer au malin, avec sa potion qui fait trembler le sol. Ciel, il l'avait embrassée... Lui qui ne faisait jamais preuve de prétention mal placée d'ordinaire. Il avait posé ses lèvres, pour de vrai, sur cette bouche remuant encore à quelques centimètres de lui, ce lit rose de douceur et d'impertinence, savoureux fruit défendu... Sa main droite, sur la taille de la sorcière, avait resserré sa prise.
    Enlève ta main. Bon sang de bon dieu ! Enlève ta main, lui hurlait sa Raison. Fichtre, elle en avait de bonnes, sa Raison ! C'était dur aussi... comme mission. Parce qu'Ellia ne bougeait pas non plus. Elle avait laissé ses mains sur son torse, elle s'appuyait toujours sur lui. Elrik en frissonnait tout en priant très fort pour qu'elle ne ressente aucune de ces vibrations incontrôlables. Quant à la main gauche du légionnaire, elle ne savait toujours pas où aller se poser. S'appuyer sur la table ? Sur Ellia ? Dans sa poche ? Hum... Dur choix. Puis la voix de la Sorcière occulta celle de sa Raison toujours occupée à lui hurler que tout ceci était bien peu règlementaire et encore moins convenable. Sa collègue se chargea elle-même de le remettre à sa place, en tous cas, il y crut dur comme fer. Ne plus jamais lui refaire une frayeur pareille ? Elrik qui avait affronté des géants en proie à des fureurs mortels, se sentit tout à coup bien faible et terrifié. Surtout terrifié. Il avait commis un impair. Bien sûr ! Il avait trop joué avec le feu. Bien sûr ! Elle n'était pas un pantin dont on tire les ficelles, et il avait encore moins le droit qu'un autre de prétendre à faire une telle chose. Bien sûr ! Elrik blêmit, littéralement, en deux secondes. Son souffle se raccourcit, en même temps que son bassin fut soumis à une très désagréable monter de chaleur. Embarrassé comme tout, incapable de dire quoique ce soit, il dut rassembler ses forces pour ôter ses mains, parce qu'en attendant : Ellia ne bougeait toujours pas ! Doux Jésus, elle ne lui facilitait vraiment pas la tâche. Oh la vilaine vengeance ! C'était ça la marque Serpentard. Et notre paaaaauvre Poufsouffle à côté, malgré sa résistance et sa carapace habituelle, semblait si désarmé. Un rien pitoyable.
    L'homme ravala sa salive en hochant la tête.
    « Désolé. » lâcha-t-il en une fraction de seconde. Se détacher, se décaler, donc ! Et fissa ! « J'ne le ferai pl-. » Un éclat de rire lui explosa tout à coup à la figure, coupant court à tout mouvement ou parole. Sous le coup de la surprise, la main du militaire se crispa sur la taille de la sorcière, l'autre vint la rejoindre au niveau de sa taille. Il se cramponna donc à elle, comme de peur de tomber sous l'effet destabilisant de son rire clair. Elle riait. Mais pourquoi est-ce qu'elle riait ? Il y a deux secondes, elle était fâchée... Elrik ne put s'empêcher d'habiller son visage de l'incompréhension la plus totale, durant un très court instant où il considéra Ellia sans parvenir à prononcer un mot. Elle enchaînait la discussion naturellement. Mais... elle n'était pas fâchée ???? Bien que la question lui brulât les lèvres, le sorcier fit de son mieux pour les maintenir fermer, sans en plus ressembler à un poisson hors de l'eau. Il nageait dans un océan inconnu du reste, avec la crainte de se noyer bien présente dans sa petite tête, à présent. Il se concentra sur l'idée que la voir rire, au final, était bon signe.

    Dans l'histoire, Elrik n'avait pas du tout ôter ses mains de la taille d'Ellia. Du tout. Il se concentrait tellement pour faire taire son incompréhension et chasser son actuel malaise qu'il ne fit pas spécialement attention à ses gestes. « C'est de. De l'Huile élémentaire de Terre. » expliqua-t-il en déglutissant. Il se redressa d'un coup, portant son appui de la jambe droite à la gauche et s'éclaircit la voix. « De l'huile élémentaire de Terre. » répéta-t-il avec plus de conviction. « Parfois ça crée des secousses comme ça. Souvent. » Ses mains se rejoignirent dans le dos d'Ellia, caressant sa peau au passage, descendant un peu plus bas et resserrant l'étreinte. « Mais je reconnais que là, pour le coup, c'était plus fort. Que d'habitude. »
    ... il ne quitta pas les yeux de la sorcière. L'impression de se précipiter dans un gouffre dangereux le saisit aux tripes. La limite était là, au bord de ces yeux pétillants, juste sous son nez. C'était étrange combien, malgré la peur, il n'avait pas forcément envie d'esquiver la chute. Et quoiqu'il arrive, n'avait-il pas de quoi se raccrocher ? Ses mains autour de la sorcière, qui enserraient davantage leur prise ? Davantage et davantage ? Pressant sa peau sous le tissu de son vêtement ? Grisant. Comme cet élan de témérité qui s'était emparé au Courtisane's nest. Grisant oui. Terriblement. Il en restait de l'huile élémentaire pas encore dissoute dans le chaudron, ça tremblait encore encore ? Ou bien c'était lui ?

    Un coup de sang le balaya intérieurement comme si un expelliarmus sorti de nul part l'avait frappé de l'intérieur. Une vague intense, à vrai dire, d'émotions qu'il n'était absolument pas prêt à gérer. Il la relâcha en se déportant soudain sur le côté, pour se précipiter, non sans la bousculer un peu - avec sa maladresse et sa rudesse caractéristique - sur le deuxième chaudron.
    « Merde. » Ah bah bravo Monsieur Monroe ! Le vernis craque. « ...ça a faillit déborder. » Il s'était rué et s'affairait maintenant si vite auprès de la potion de Finite Incantatem, jouant avec l'intensité des flammes sous le chaudron et le niveau d'eau que finalement, on ne pouvait pas définir s'il mentait ou non.

    Enfin, Elrik ne pouvait pas mentir, c'était mal. Tout ceci était la vérité... risque de débordement bien réel. Affirmatif ! Il ne mentait nullement. Même s'il lui vint très vite à l'esprit qu'il aurait à se confesser, encore, de toute urgence ! Il garda cela pour lui, tout en reprenant le contrôle sur ses chaudrons, avec poigne et habileté.

    « Le Finite Incantatem se termine vite. A condition qu'on ne le fasse pas brûler, tu peux surveiller que ça ne déborde plus. Et ce chaudron sera prêt vite. La peau de granit met plus de temps, j'ai encore un peu de travail à faire dessus. »
    Elrik s'accorda quelques instants de silence, tandis qu'il attrapait les derniers ingrédients à préparer avant de les joindre à la mixture supposée rendre celui qui la boirait aussi solide qu'un roc. Occuper ses mains à ces tâches habituelles lui permit de remettre assez vite ses idées et place et de retrouver ses repères, de reprendre contenance.

    Les gestes d'Elrik étaient toujours machinaux, maintenant qu'il était lancé pour de bon dans sa préparation. Sa main se porta vers l'arrière de sa ceinture, attrapa dans un étui en cuir la baguette magique qu'il était bien obligé de se trimballer. Aussitôt après, il craqua une fiole d'eau bénite dans la préparation de la peau de granit, en déposa quelques gouttes sur la baguette magique. Il grimaça, car le contact de celles-ci, tirée de son sommeil, lui causait de désagréable picotement au creux de la main. Vite, il plongea l'artefact dans la potion et remua, créant un anneau de lumière tout autour des bords du chaudron.
    « Je la signe. » expliqua-t-il, une fois un timbre de voix et une attitude assurés retrouvés. « Pour la rendre plus efficace. Tu veux essayer ? Il faut que tu trouves un ingrédient bien à toi, qui te caractérise, pour ça. »
    Très sérieusement, l'ex-pouffsouffle releva le visage vers son amie, l'observant elle et le chaudron dont elle avait la charge !
    « Je ne t'ai jamais demandé. » hasarda-t-il ensuite. « Comment tu es devenu prof, ici à Poudlard. C'était ta vocation ça, à toi ? 'Me semble. Tu es revenue dans cette école il y a longtemps ? Qu'est-ce que tu as fait entre temps ? » Curieux Elrik ? Oui bien sûr. Mais s'il n'avait pas à faire passer en toute discrétion son léger malaise, en changeant ainsi de sujet, sans doute notre homme se montrerait-il moins audacieux. Ouuuuuuh Audacieux Rikounet !!!

_________________

Spoiler:
 


Nous vaincrons lentement, mais sûrement !
- le club des escargots

Plus que 4/8 ! @_@
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Ellia D. O'Brian
Unbowed, Unbent, Unbrokens
Unbowed, Unbent, Unbrokens


Messages : 847


Feuille de personnage
Gallions: 105
Points de Magie: 94

MessageSujet: Re: [Clos] Storm the Sorrow | Jeudi 23/09/99 | 13h00   Mar 5 Mar - 18:22

    La proximité avec Elrik lui filait des frissons de partout. Elle n'avait aucune idée du débat qui se déroulait dans la tête de son ami, en revanche, elle avait tout à fait conscience de ce que son cerveau essayait de lui dicter. Sa raison et son envie se faisait une guerre ouverte. L'une soutenait qu'elle était en train de faire un belle connerie, que des professeurs n'avaient rien à faire dans les bras l'un de l'autre et qu'elle ferait mieux de se souvenir ce qu'elle avait ressenti après qu'Elrik l'ait embrassée au Courtisane's Nest. L'autre argumentait qu'elle ne faisait rien de mal, qu'elle profitait juste de l'instant présent et que justement elle devrait se souvenir de ce qu'elle avait ressenti au moment où Elrik l'avait embrassée au Courtisane's Nest.
    Ellia était complètement perdue. Tout était redevenu normal dans le cachot, et aucun des deux ne bougeaient. Comme d'habitude, la Serpentard essayait d'analyser la situation sous toutes les coutures. Mais cette fois-ci, c'était juste flou pour elle. Elle ne savait pas ce qu'elle voulait, elle n'arrivait pas à lire sur le visage d'Elrik non plus. Aussi avait-elle reprit la parole, le grondant gentiment pour plaisanter. Il sembla absolument déstabilisé par sa réaction. Elle avait encore mit les pieds dans le plat, c'était évident ! Mais la pression retombée, le rire avait été plus fort, ce qui avait évidemment finit d'achever Elrik, qui s'en trouvait tout décontenancé. Décontenancé, oui, mais il avait tout de même posé sa deuxième main sur la taille de sa collègue.

    Elle sentit une douce chaleur envahir son corps, mais elle essaya de ne pas y prêter attention. Elle se calma alors, retrouvant un semblant de sérieux. Elle se sentait plus légère. Pendant un instant, elle avait eu l'impression d'avoir dix-sept ans all over again. Alors qu'il lui expliquait qu'il s'agissait d'huile élémentaire de terre, et que ce genre de secousses arrivait souvent, Ellia avait du mal à s'accrocher aux paroles de son ami. Son esprit était plutôt concentré sur ces mains qui s'étaient rejoint en bas de son dos et qui l'enserraient comme ça, pour la garder en sécurité. Elle avait du mal à réfléchir, et aurait eu envie de se jeter ses bras autour de lui pour enfouir son visage dans son cou, et ne plus penser à rien.
    Malheureusement, encore une fois, comme d'habitude, quelque chose d'extérieur vint de mêler à tout ceci. Cette fois-ci, c'était la potion qui était sur le point de déborder. Les bons réflexes d'Elrik permirent d'éviter une catastrophe, mais au fond d'elle Ellia fut extrêmement déçue. Bon, au moins, elle avait tout le loisir de se ressaisir, ce qui n'était pas plus mal. Elle faisait n'importe quoi en ce moment. Il fallait qu'elle arrête de se laisser décontenancée aussi facilement. Que ce soit par ses élèves ou par Elrik, il fallait qu'elle reprenne le dessus.

    « Oups... » Renchérit-elle, non sans un petit sourire moqueur. Leur occupation précédente avait failli créer une catastrophe, cela la faisait sourire. Ils avaient été tellement accaparés l'un par l'autre... Elle regarda Elrik s'affairer sur la potion, reprenant place contre sa paillasse, attentive à ses gestes. Il lui intima de surveiller la solution de Finite Incantatem. Demande à laquelle elle répondit par un « Ça marche. » Bien qu'elle jetait de temps en temps de regards à la potion qu'on venait de lui assigner, elle ne pouvait détacher son attention d'Elrik, qui avait retrouvé toute son assurance. Elle regardait ses mains, qui s'affairaient autour des chaudrons d'une manière déterminée et précise. Elle admirait l'homme pour ça. Elle se serait seulement contentée de briser une fiole sur deux à cause de sa maudite maladresse. Oh, elle n'avait tout de même pas le niveau d'un troll en potions, elle avait étudié dur pour arriver à un minimum de résultat, mais ce n'était définitivement pas sa tasse de thé. Et puis il ne fallait pas oublier que cela faisait des années qu'elle n'avait pas pratiqué. Cela n'aidait pas non plus.
    Elle regarda le sorcier porter la main à la baguette magique qu'il gardait à la taille. C'est vrai qu'elle ne l'avait pas encore vu tenir l'artéfact depuis le début de l'année. Elrik ne semblait pas à l'aise et il semblait que la baguette ne continuait pas son bras d'une manière naturelle. Mais Ellia l'observait avec attention, tout en surveillant de temps en temps la potion de Finite Incantatem. Elle le regarda craquer une fiole d'un liquide transparent et remuer la mixture d'un coup de baguette. Finalement, un anneau lumineux entoura le chaudron et Ellia laissa entendre sa surprise. « Oh ! » Fit-elle tout en approchant un peu, curieuse. C'était magnifique. Une beauté qu'elle n'avait jamais vue, et qui l'attirait énormément. Tant pis pour l'autre potion, elle avait quelque chose d'autre en tête. « Je veux bien essayer oui, je serais curieuse de voir ce que ça fait. Qu'est-ce que tu as mis dans ton chaudron, toi ? » Elle n'avait pas reconnu le liquide qu'il y avait versé et tous les prétextes étaient bien entendu bons pour en apprendre plus sur son ami.

    Ellia tourna sur elle-même et se mit à réfléchir. Quelque chose qui la représentait ? Elle ne savait pas trop que choisir. Avant qu'elle ne puisse réfléchir plus en détails, Elrik lui posa des questions qui la prirent de court. Elle s'arrêta de bouger, faisant face à son ami. Elle ne s'attendait pas du tout à ça, et maintenant qu'Elrik avait réussi à lui changer les idées, elle ne voulait pas retourner dans ses retranchements à penser à son passé. Elle se fit violence pour retrouver une contenance, consciente que les quelques secondes qu'elle venait de laisser s'écouler était de trop. Elle avait sûrement blêmit. Tant pis, il fallait qu'elle réponde. Elle se força à faire un demi-sourire et regarda son ami dans les yeux. « Oui, c'était mon choix. J'avais envie... Enfin besoin d'aider. Tu comprends, avec tout ce qui venait de se passer, il fallait que je me rende utile. » Son discours n'avait certainement aucun sens pour Elrik, mais elle ne pouvait pas entrer dans les détails. Pas ici, pas maintenant. « Enfin voilà, c'est déjà ma deuxième année ici. Mais tu sais, l'enseignement n'est pas nouveau pour moi. J'étais professeur dans un collège moldu avant de revenir à Poudlard.» Voilà, ces explications suffiraient bien. Elle reviendrait sur les épisodes plus douloureux une autre fois, lorsque la situation s'y prêterait. Ce n'était pas le cas ce jour-là.
    Elle ne s'était pas rendu compte qu'elle ne regardait plus Elrik, mais un point fixe derrière lui. Elle se reprit rapidement et le regarda à nouveau, en lui souriant. « Et toi alors ? Tu viens directement de la légion magique ? » Il était vrai qu'ils n'avaient jamais eu cette discussion, et elle se rendait finalement compte qu'elle ne connaissait pas grand-chose sur lui. Il était plus que temps de remédier à ça !

    Se retournant vers la potion qui bouillonnait à ses côtés, Ellia se creusait également la tête pour trouver ce fameux ingrédient qui signerait sa potion. « J'ai trouvé ! » S'écria-t-elle. Elle se retourna vers son ami avec un sourire. « Je crois que je vais utiliser ça. » Elle ne voyait pas ce qui pourrait être plus adapté. Elle mit ses mains dans les poches de sa robe et finit par en sortir une Chocogrenouille. Elle en gardait toujours une ou deux sur elle. Quelle gourmande. « Qu'en penses-tu ? »
    Il était temps de mettre son idée à exécution. Elle avait suivi avec précision les gestes d'Elrik. Il suffisait donc de répéter la même chose. Elle déballa la friandise et en coupa un petit morceau, qu'elle mit dans le chaudron de Finite Incantatem. À l'aide de sa baguette, elle mélangea la mixture. Intérieurement, elle croisait les doigts, pourvu que ça marche. Elle voulait prouver qu'elle avait été une bonne élève.

      Lance de dés pour une signature de potion ~
      Ellia est initiée en potions + 2 grace a Elrik

      1. Echec critique : le chaudron explose
      2, 3. Echec : rien ne se passe
      4, 5. Moyen : la potion bouillone un peu plus fort mais c'est tout.
      6+. Perfect : 3 petites etincelles vertes jaillissent de la potion lalilou


    Aussitôt trois petite étincelles vertes sortir de la mixture et allèrent s'envoler dans le cachot. Tout sourire, Ellia se retourna vers son ami, fière d'elle. Elle brisa ce qui restait de la Chocogrenouille en deux et en tendit une à son ami. « Tiens, je crois qu'on la bien mérité. » Dit-elle, sans attendre pour croquer dans le morceau qu'elle avait gardé pour elle.

    Était-ce normal de se sentir comme à dix-sept ans à chaque fois qu'elle était aux côtés d'Elrik ?


_________________

Nous vaincrons lentement, mais sûrement
- le club des escargots


Dernière édition par Ellia D. O'Brian le Mer 6 Mar - 21:07, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Master Of Puppets
Let it Be Written
Let it Be Written


Messages : 1678


MessageSujet: Re: [Clos] Storm the Sorrow | Jeudi 23/09/99 | 13h00   Mar 5 Mar - 18:22

Le membre 'Ellia D. O'Brian' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Destin' :
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Elrik H. Monroe
Unbowed, Unbent, Unbrokenh
Unbowed, Unbent, Unbrokenh


Messages : 1710


Feuille de personnage
Gallions: 134
Points de Magie: 97

MessageSujet: Re: [Clos] Storm the Sorrow | Jeudi 23/09/99 | 13h00   Sam 9 Mar - 19:28

    C'était tout à fait exact, ils auraient très bien pu avoir dix-sept ans, à cet instant précis. Voire quinze. Le tableau qui se jouait, à quelques détails près, rappelait de façon si limpide ceux qui avaient jalonné leur vie d'apprentis sorciers, bien des années auparavant. Elrik aidant Ellia à réaliser leurs devoirs de potions, à réviser leur BUSES. Ils avaient occupés ces mêmes cachots, usés des mêmes gestes. Cela plus les émotions incontrôlables envahissant si facilement les corps des adolescents. Les deux adultes semblaient, en toute discrétion, soumis à la même pagaille émotionnelle. Elrik n'avait jamais vraiment quitté ses dix sept ans. Plus qu'Ellia ne pourrait jamais s'en douter. Mais pas besoin d'en être à son stade de névrose, non plus, pour être titillé par ce drôle d'état d'esprit. Non vraiment, on avait remonté le temps ! A quelques détails près, encore une fois.
    Corwin ne risquait pas de débouler à tout moment dans la pièce, en lançant une blague sur un ton et une attitude effrontés qu'il se plaisait à cultiver devant Miss O'Brian. Elrik rangea la baguette de Corwin dans son étui de cuir, suspendu dans son dos à sa ceinture, puis tout en levant les yeux vers la porte, il revit son double ouvrir cette dernière à la volée, slalomer entre les paillasses en roulant des épaules, décontracte, pour venir se plaquer dans son dos, poser sa tête sur son épaule afin de regarder son chaudron et enfin de commenter le tout de quelques paroles méfiantes ou admiratives. Monroe en frissonna, ressentant comme une brûlure le manque, l'absence de contact. Il se mit à inspirer plus profondément, cherchant sans s'en rendre vraiment compte la présence de ce parfum fraternel qu'il n'oublierait jamais bien que plus jamais il ne pourrait le sentir. Il porta sa main à son épaule qu'il gratta machinalement, jusqu'à ce que sa peau le brûle pour de bon. Le contact, la présence, l'aura... toute cette force de l'autre dont Rik se gardait farouchement depuis qu'il avait perdu celle qui était essentielle. Corwin était parti en emportant celle qui leur était commune à tous les deux. Le contact... il en crevait d'envie. Ellia dans ses bras, un peu de cette force, toute nouvelle, toute incroyable. Il en. Crevait. D'envie. Ses doigts s'enfoncèrent d'avantage dans le tissu de sa chemise, et finalement, avec un profond, très profond soupire, Elrik abandonna la partie, incapable de s'autoriser de pareils désirs. Reviens à la réalité, mon vieux. Et ça ira mieux.

    Ainsi donc, Ellia avait accepté d'essayer de signer sa potion et cherchait à présent un ingrédient. L'ingrédient qui ferait la différence. Doucement Elrik se dégagea de son noeud de pensées mélancoliques pour accompagner la jeune femme dans sa recherche, en la soutenant simplement du regard, hochant la tête lorsque c'était nécessaire. Elle prenait la chose très au sérieux. C'était difficile de trouver au pied levé, comme ça, un ingrédient magique capable de vous caractériser, et disponible en toutes circonstances. Mais Miss O'B. (Dunstan Copyright) activait avec urgence ses méninges pour relever le défi. Même qu'elle était bien curieuse...
    « Un maître des potions ne révèle pas ses secrets ! » Elrik n'était pas spécialement doué pour ce genre d'ironie gentillette. Sa voix était trop bourrue et à la fois son ton trop mesuré, calme et sérieux, son visage trop figé dans son impassibilité pour réellement marquer la tentative d'humour. Corwin, lui, autrefois, maniait ce genre de langage mieux que personne. Elrik faisait au mieux avec les moyens du bord. Déjà qu'il essaye, c'était quelque chose. Peut-être que la présence d'Ellia lui donnait quelques impulsions qu'il ne se connaissait pas ! « Mais comme je ne peux rien te cacher... » continua le prof poufsouffle sur sa lancée - oh le vilain menteur ! « J'y ajoute de l'eau bénite. » Tout simplement. « Tu vas trouver ! Ce peut être n'importe quoi. L'encre de ta plume, du parchemin... » enchaîna-t-il en arrivant à exprimer bien mieux l'encouragement qu'il voulait vraiment lui faire ressentir.

    Puisque travailler ainsi ensemble leur allait fort bien, M. Monroe se focalisa sur la familiarité rassurante que la situation lui offrait, et uniquement cela. La discussion prit son rythme de croisière entre eux, pendant qu'ils oeuvraient consciencieusement même une question d'Elrik sembla refroidir sa compagne. Il l'observa, toujours aussi curieux mais sans comprendre, perdre son regard dans la salle, vers un point indéfini. Hum. Une vague de chaleur et d'embarras le saisit à nouveau. Bon, ça c'était fait... avant qu'il ne puisse essayer de réparer ce qu'il ignorait avoir cassé, Ellia parut revenir à lui, souriante et calme. Elrik baffouilla sans s'en rendre compte, exprimant son incompréhension mais aussitôt, elle lui répondit. Etait-ce là le problème ? Il avait été trop curieux ? Peut-être. Hum... de toute façon, Elrik et les relations sociales... s'il s'était planté, elle prenait soin de ne pas davantage le lui faire remarquer. Elle avait recouvré le sérieux qu'exigeait ce sujet. Oui... c'était cela, la guerre. Le sorcier la laissa plonger dans son regard et lui rendit un sourire aussi, il avait perdu sa rigidité et reflétait davantage le reconfort qu'il aurait aimé être capable de lui témoigner correctement.

    « Je comprends. » acquiesça-t-il, car ses paroles faisaient absolument sens dans l'esprit du sorcier. Avec tout ce qui s'était passé il saisissait mieux que personne, et hocha la tête. « Bien sûr, c'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Finalement, j'ai fait la même chose. » Elle était là depuis deux ans donc, et avait enseigné dans le monde moldu. Bien sûr. Tous deux, enfin Tous les trois étaient des nés moldus. C'était entre autre ce qui les avaient rapprochés, à la base. « Tu es retournée dans le monde moldu. C'était un choix sage. C'était ce que je voulais aussi, au tout départ. » Il reporta son visage sur son chaudron, calme, puis baissa l'intensité du feu, dessous et entreprit de tourner la mixture avec une régularité très rigoureuse, un geste ferme. « Hum... oui. Enfin non. Le ministère m'a basé dans un orphelinat, juste après la fin des combats. C'était leur façon de nous mettre gentiment à la retraite, pour les plus anciens d'entre nous. Parce que nous le méritions selon eux, pour nous reposer. » Il haussa les épaules. « Je n'étais pas forcément de cet avis. Mais là où on nous poste, on va. » Il tourna la tête à nouveau vers Ellia. Le flash qu'elle eut pour lui réveler l'ingrédient mystère afin de signer sa potion lui apparut à ce moment précis. Et Elri se tut, la regardant faire avec un vif, très vif intérêt. Ses lèvres se scellèrent dans un sourire tranquille toujours aussi rare, jusqu'à ce qu'elle sollicite son avis.
    « Une chocogrenouille ?! » Elle était sérieuse ? Oui apparemment, sérieux et pimpante comme tout. Et ça lui allait bien. Et les vagues de chaleurs reprirent leur chemin à travers son corps, essayant des chemins inhabituels dans les membres du sorcier. Une chocogrenouille... « C'est chacun son ingrédient. Essaye. » Il ne savait qu'en penser. A la fois, ça ne l'étonnait pas. C'était une drôle de petite friandise, la chocogrenouille. Un rien perfide, un rien sournoise à vous sauter hors des lèvres juste avant que vous ne la croquiez. Mais une fois emprisonnée, elle fondait, fondait... répandait sa douceur dans tout votre être. C'était ça, que Corwin adorait dans ces sucreries. Lui aussi en avait toujours une sur lui, toujours. Bref, oui. Cela allait bien à Ellia. Peut-être pour cela aussi, que son frère aimait bien la jeune femme, ou plutôt la jeune fille qu'elle était à l'époque. Corwin avait compris tout ça, sans doute, bien bien bien avant Elrik. Foutaises ! Roh ! L'homme sentit le sang, ardent, lui envahir les joues. Seigneur faites qu'il ne rougisse pas...

    Ellia s'occupait du contenu de son chaudron, Merci !
    « Oh ! » C'était sorti immédiatement, admiratif devant les étincelles vertes surgissant du chaudron devant la sorcière. Parfait pour changer de penser quand celles-ci étaient embarrassantes. « Bravo ! » Il était vraiment sincère. « Je peux te dire que tu es bien meilleure que les quatrième année ! » Cet homme avait l'instinct pour faire de beaux compliments aux femmes ! Y avait pas à dire !
    Quand elle lui tendit le bout de chocogrenouille qu'il restait, Elrik tenta bien de refuser mais elle ne lui laissa pas bien le choix et à bien y réfléchir, elle avait raison. Ils... l'avaient mérité. Ce n'était pas des paroles dont le militaire se laissait convaincre facilement, pourtant.

    Un peu maladroit, il croqua tout de même dans la pate en chocolat, puis fit fondre les saveurs sur sa langue, le plus lentement possible. Un léger silence avait pris place entre eux le temps de cette dégustation de chocolat. Seul le clapoti des mixtures bouillantes, au coeur des chaudrons, chantaient dans les cachots. Il n'y avait rien de plus habituels, dans ces lieux. Rien de plus habituels, donc rien de plus rassurant.

    Elrik redressa le regard vers Ellia. Tiens, tiens, quelque chose l'interpella.
    « Attends ne bouge pas. » Il avança sa main juqu'à sa joue. Il plaqua doucement sa paume contre sa peau, et son pouce effleura le coin de sa bouche. « Oh. Désolé. Je croyais qu'il te restait du chocolat, là. »

_________________

Spoiler:
 


Nous vaincrons lentement, mais sûrement !
- le club des escargots

Plus que 4/8 ! @_@
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Ellia D. O'Brian
Unbowed, Unbent, Unbrokens
Unbowed, Unbent, Unbrokens


Messages : 847


Feuille de personnage
Gallions: 105
Points de Magie: 94

MessageSujet: Re: [Clos] Storm the Sorrow | Jeudi 23/09/99 | 13h00   Dim 24 Mar - 10:58

    Envolés les soucis qui la tourmentaient lorsqu’elle était venue frapper à la porte de son ami. Il avait ce don de lui changer les idées – que ce soit volontaire ou non, elle n’en savait rien. Mais ils étaient dans un autre monde. Une bulle où rien d’autre qu’eux n’existait. Exactement comme lorsqu’ils avaient quinze, seize, dix-sept ans. Il manquait seulement Corwin, mais Ellia ne voulait pas y penser. Les conversations qu’elle avait eues avec Elrik sur le sujet lui filaient toujours des frissons dans le dos à chaque fois qu’elle y repensait. Ils avaient tous vécus des choses horriblement difficiles, et ne pas y penser semblait tout simplement être la meilleure des solutions.
    Vingt ans, vingt longues années s’étaient écoulées depuis qu’ils s’étaient retrouvés comme ça autour d’un chaudron pour partager quelque chose. Partager un rire, un brin de connaissance, quelques regards d’amitié et de complicité. Vingt ans qui semblaient n’avoir jamais existés. Et pourtant tout était si différent ?

    Certaines choses n’avaient pas changé cela dit. Elrik semblait toujours avoir du mal à manier l’humour. Mais c’était quelque chose qui avait tendance à faire fondre Ellia. Elle ne l’avouerait pas – car ce ne serait pas décent – mais elle ne pouvait pas s’empêcher de sourire et entendant les paroles de son ami. Elle avait failli y croire. Elle ne lui en aurait pas voulu de garder pour lui le secret de sa touche personnelle. Mais elle était encore plus touchée qu’il veuille bien partager ça avec elle. « En effet, tu ne peux rien me cacher ! J’aurais finis par trouver d’une façon où d’une autre. » Et le clin d’œil qu’elle lui adressa, jouant sur le ton de l’humour elle aussi, ne fit qu’augmenter cette sensation d’être revenus vingt ans plus tôt. Ellia avait toujours été douée pour obtenir ce qu’elle voulait. Elle se débrouillait toujours pour, fouinant d’un côté ou d’un autre, trouver ce qu’elle cherchait. En toute honnêteté, elle n’aurait jamais osé fouiller dans les méandres personnels de son ami, mais l’humour et la blague semblaient parfaitement adaptés pour la situation.
    Si elle savait à quel point elle se trompait, elle qui laissait entendre qu’elle savait tout sur lui…

    Elle avait hoché la tête. De l’eau bénite. Elle n’était pas surprise. Après tout, Elrik avait toujours été porté sur la religion. Même lorsqu’ils étaient adolescents, cela avait été une grande part de la vie des deux jumeaux. Au moins une chose qui n’avait pas changé. Elle se laissa transportée par la conversation, qui même si elle n’était pas forcément orientée sur un sujet facile, lui permettait de rester accrochée à cette bulle qui les entourait tous les deux. « Oui, le monde moldu m’a semblé être le choix le plus judicieux à ce moment là. Mais on finit toujours par revenir aux sources. Je ne pouvais pas renier le fait que j’étais une sorcière et la magie me manquait. » Elle ne s’était jamais permis de formuler des phrases comme cela en présence de quelqu’un d’autre que sa plus proche famille. Les épreuves qu’elle avait vécues restaient douloureusement ancrées dans son cœur. « Tu as réussis à rester dans le monde sorcier sans trop… souffrir ? » Elle avait conscience qu’elle s’aventurait sur un terrain dangereux. Elle ne savait pas ce qu’Elrik avait vécu pendant ces années là, et elle risquait de soulever un lourd passé difficile à oublier. Il lui révéla que son arrivée ici découlait d’un ordre qu’on lui avait donné. C’est alors qu’elle prit pleinement conscience de la chance qu’ils avaient eu de se retrouver entre les murs de ce même château qui les avait vu grandir des années auparavant. La guerre les avait fait souffrir mais les avait également rapprochés tous les deux. « Tu n’as jamais enseigné avant ? Je trouve que tu te débrouilles très bien. » Elle lui offrit un de ses plus beaux sourires. Après tout, ne venait-il pas de lui donner un cours particulier ?

    Elle le regarda avec un sourire fier, lorsque son chaudron s’éclaira de trois étincelles vertes. Elle ne pu s’empêcher de penser que le chiffre trois, ces cachots, la friandise, elle et Elrik, faisaient un peu trop de coïncidences. Mais elle se tut. Elle n’était pas prête à aborder le sujet Corwin avec Elrik. Il était encore trop tôt. « Je n’aurais jamais pensé être capable de faire ça ! Qu’est ce que je disais ? Un excellent professeur ! » S’exclama t-elle, ravie de l’expérience. Et elle croqua dans le morceau de Chocogrenouille qu’elle tenait dans sa main à son tour et apprécia la friandise, tandis qu’un silence se propageait à nouveau autour d’eux. Ce silence était apaisant et rassurant.

    Intriguée, Ellia regarda son ami porter sa main à sa joue et lui effleurer le coin de la bouche. Un frisson lui descendit le long de la colonne vertébrale. A quoi jouait-il ? Immédiatement, ses joues s’enflammèrent. Merlin, elle ne savait pas contrôler ça ! « Oh. Merci. » Dit-elle maladroitement. Elle ne savait pas trop quoi dire d’autre. La main d’Elrik sur sa joue était rassurante, chaude et apaisante. Elle se frappa mentalement. Elle ne pouvait pas laisser ses émotions prendre le dessus comme ça, surtout après le moment embarrassant qu’ils avaient vécu la semaine précédente tous les deux au Courtisane’s Nest.

    Puis, d’un coup, la réalité la frappa. « Quelle heure est-il ? » Demanda t-elle, la panique perçant dans sa voix. « Merlin ! Il est 13h35. Mon cours a commencé depuis cinq minutes. Excuse moi Elrik, il faut que je file. Tu as été un amour, merci pour tout. » Elle allait partir, puis elle se rendit compte qu’elle avait oublié ce pourquoi elle était venue dans les cachots au tout début. « Oh… J’ai besoin d’une de tes potions du tisseur pour faire une démonstration à mes élèves, j’avais oublié de te demander avant. Est ce que tu as ça en réserve ? » Elle prit la fiole que lui tendait Elrik et ne réfléchissant pas, elle lui plaqua un baiser sur la joue. « Merci. » Souffla t-elle avant de filer donner son cours.


Clos ~

_________________

Nous vaincrons lentement, mais sûrement
- le club des escargots
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: [Clos] Storm the Sorrow | Jeudi 23/09/99 | 13h00   

Revenir en haut Aller en bas
 

[Clos] Storm the Sorrow | Jeudi 23/09/99 | 13h00

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» James Storm Vs Brock Lesnar
» In the twilight (PV Sorrow Life)
» [UPTOBOX] Final Storm [DVDRiP]
» Partition mythique [Clos]
» Flame On [Johnny Storm]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ashes of Chaos :: Hogwarts | Neverending Fire :: Castle, Sweet Castle :: Cachots :: Cours de Potions & de Divination-