Accueil  FAQ  Rechercher  Membres  Groupes  S'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 [Clos] Tordre le cou à la tranquillité n'est pas donné à tout le monde

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

Léopoldine C. d'Alençon
Wizarding World
Wizarding World


Messages : 165


Feuille de personnage
Gallions: 416
Points de Magie: 34

MessageSujet: [Clos] Tordre le cou à la tranquillité n'est pas donné à tout le monde   Jeu 6 Sep - 23:13

Le soleil se levait sur Londres. L’astre brillant de mille feux éclatait partout, sur les devantures des immeubles, dans les jardins, se reflétait dans les carrosseries de voitures, les fenêtres, les mares… La capitale anglaise s’éveillait au rythme des oiseaux, tandis que l’automne s’installait en lieu et place des vestiges de l’été. Ses habitants étaient bien aises de ce temps clément : on annonçait de la pluie pour la semaine suivante, c’était une raison de plus pour profiter des dernières lueurs estivales et des rayons : tant qu’il en était encore temps !

Depuis la lucarne de sa chambre, Léopoldine observait ce spectacle, sans en être impressionnée le moins du monde. Pour des londoniens, forcément, le soleil était un spectacle rare, mais pour une française comme elle, ce n’était que monnaie courante, et que les gens en fassent une telle histoire, ça rendait le beau temps vulgaire ! De plus, il s’agissait d’une clarté trompeuse : le vent soufflait et les passant grelottaient dans leurs tenues d’été, elle pouvait les voir depuis son perchoir ! Oui, c’est ce que pensait la jeune fille, encore vêtue de son pyjama, alors que la grande aiguille de sa pendule approchait les dix heures. Elle venait de se réveillée malgré une nuit agitée, et arborait la tête des mauvais jours : un air maussade qui ne semblait pas vouloir la quitter.
En fond sonore, de l’eau coulait. Elle aimait toujours préchauffer l’eau de sa douche avant de s’y glisser : sentir l’eau froide couler dans son dos, très peu pour elle, à moins qu’on soit en pleine canicule !
Ce jour-là, Léo n’avait rien de prévu jusqu’à l’heure où elle devait prendre son service : 19h. Elle comptait ranger un peu : le sol n’était plus qu’un océan de livres, vêtements, albums photos et autre babioles. Même si elle n’aimait pas l’idée de passer sa journée dans les cartons, elle n’en pouvait plus de ce désordre. Les plus irréductibles avaient leurs limites ! Mais avant tout, il fallait qu’elle se douche ! Et tant pis pour la voisine du dessous, ce n’était pas sa faute si les canalisations étaient mal insonorisées !
L’eau chaude la réveilla quelque peu, et elle goûta avec délice ce moment de tranquillité matinale. Sa journée en solitaire s’annonçait fastidieuse mais relaxante, et avec tous les évènements qu’elle avait vécus récemment, c’était ce dont elle avait besoin. Caine Skellig –sa dague trônait dans le tiroir de sa commode-, Benedict Gordon–ce malotru étrangement sympathique- et Medwart Westchester n’étaient que de pâles souvenirs qu’elle ne voulait pas voir resurgir, et elle comptait se concentrer uniquement sur sa chambrette et ses affaires pour la journée.

Mais comme souvent lorsqu’on prenait ce genre de décisions, le destin allait en décider autrement…
Ca, Léo ne le savait pas, et lorsqu’elle fut séchée et drapée dans une serviette de bain frappée des armoiries des d’Alençon, elle poussa la porte de sa minuscule salle de bains, rêvant d’un café chaud et d’un pyjama propre. A la place, elle trouva une brochette singulière installée un peu partout : Fiona et Antoine, sur le canapé, mais aussi Louison, perchée sur une pile de livres, Calypso sagement assise par terre et surtout, Grégoire, debout, près de la fenêtre, comme on aurait pu s’y attendre d’un chef de famille tel que lui. Ils avaient tous une tasse de thé fumant dans la main, et aucun d’entre eux ne donnait l’impression de s’être introduit illégalement chez elle, en pleine matinée. La réaction de la française ne se fit pas attendre !
-Mais… MAIS… QU’EST-CE QUE VOUS FOUTEZ ICI ???? SORTEZ ! ON A LE MÊME SANG MAIS JE VOUS FERAI SAVOIR QUE JE NE PORTE PAS DE CULOTTE !
-Je t’avais dit que c’était une mauvaise idée de venir sans prévenir, bougonna son père, en se tournant vers sa femme.
-Voyons, jeune fille, ce ne sont pas des manières de parler à sa famille ! Quand je pense que.. Léo ? Où vas-tu ? N’as-tu donc aucune éducation ? Je suis entrain de te parler ! Pourquoi te roules-tu dans ton drap de bain ? Je te rappelle qu’à 6 ans, tu courais toute nue sur la pelouse des Westchester avec cet adorable Medwart et son frère, Galaad !
-OUSTE ! REVENEZ PLUS TARD, ON EST COMPLET ! DU VENT, ALLEZ-VOUS EN !
-Oh, je t’en prie, Crevette, ce n’est pas comme si tu cachais des formes astronomiques sous cette serviette ! Tu es plate comme une limande, mon enfant, pourquoi être aussi pudique ?

La Crevette en question ne répondit, et rasa le mur jusqu’à attraper une robe qui gisait par terre, une culotte qui, avec un peu de chance, était propre, et fila dans la salle de bains. Elle n’en ressortit qu’une fois habillée, le rouge aux joues, et aussi furax qu’un magnard à pointes.
-J’attends des explications ! Au cas où vous n’auriez pas réalisé, j’ai 20 ans. Pas 6, pas 13, 20 !!! Papa, tu la laissée faire ?
Pour toute réponse, Grégoire haussa les épaules et s’en retourna à sa contemplation depuis fenêtre.
Fiona, que les cris de sa fille n’avait pas le moins du monde ébranlée, posa sa tasse sur un atlas et croisa les jambes, pas parce qu’elle en était plus confortablement installée, mais parce qu’elle pouvait ainsi mettre en valeur ses talons hauts hors de prix achetés la veille ; elle avait toujours eu le goût du luxe.
-Donc, Poupy et Langouste sont en vacances pour deux semaines, et sont venues nous voir. Nous avons pensé que cela te ferait plaisir d’avoir de la visite ! Surtout que nous avons à parler, jeune fille ! Maintenant, viens embrasser ta vieille mère.
Au lieu de s’exécuter, l’héritière traversa la pièce pour atteindre la kitchenette, saisit la cafetière, et en vida le contenu à même le doseur. Elle avait besoin d’un peu de courage liquide pour affronter la famille Casse-pied.
-Votre visite ne m’arrange pas, je suis censée voir quelqu’un aujourd’hui, et je travaille plus tôt que prévu, peut-être un autre j…
-Pas de ça avec moi, Léopoldine d’Alençon ! L’interrompit sa mère en pointant un doigt accusateur vers elle. Tu n’as aucun rendez-vous jusqu’à 19h, heure où tu vas travailler dans ce boui-boui infâme qu’ils osent appeler auberge !
-Comment est-ce que…
-Mais enfin, pour qui nous prends-tu ? Nous ne nous saurions jamais imposés de la sorte dans ta vie… J’ai vu dans ton agenda que tu étais libre quand je suis passée hier…
-Hier ? Mais on ne s’est pas vu, hier !!
-Oui, et bien, les dames de ménage sont très serviables, dans cet établissement et…
-CE N’EST PAS LA PREMIERE FOIS QUE TU T’INCRUSTE CHEZ MOI ? Hurla la française en se plantant comme une furie devant sa génitrice. Papaaaa, c’est pas juuuuuuste, dit-elle en allant pour se réfugier dans les bras de son père. Grégoire intercepta le regard vindicatif de sa femme et se déplaça juste assez pour que Léo manque se prendre la fenêtre de plein fouet.
-Regaaaarde, ce que je t’ai apporté ! dit Fiona, toujours très peu émue par les débordements de sa fille. Le carnet de mariage de touuuus les d'Alençon! Ah, et ton père a trouvé ça dans notre résidence secondaire, sur ses terres d'origines.
Elle lui tendit un énorme pavé d’au moins 1000 pages, en cuir relié, une jolie calligraphie bien ouvragée décorant la couverture, et un, pas moins imposant, mais plus abîmé, dont des feuilles volantes menaçaient de s'échapper à n'importe quel moment.
-J’en ai rien à FAIRE ! SORS DE CHEZ MOI !
-JEUNE FILLE, ça suffit, je ne permettrais pas que tu me parle sur ce ton, en plus de rouler notre famille dans le ridicule !
-JE NE VOUS AI RIEN DEMANDE !! Je voulais ranger MA CHAMBRE, aujourd’hui !
-AH OUI, RANGER ! Félicitation, Grégoire, tu lui as passé ses caprices, et maintenant, notre fille veut devenir servante à temps plein ! Quel merveilleux exemple pour les plus jeunes !
-Maman, dit Louison d’une petite voix, je ne suis plus si jeune, j’ai déjà 16 ans !
Calypso, quant à elle, observait avec intérêt des photos prises lors de la virée en mer de Léo, l’année précédente. On la voyait balancer une bouteille de whisky pur feu de gauche à droite, boire au goulot, entamer un strip-tease contre le mas… Oui, en effet, Léo était l’exemple parfait pour ses jeunes sœurs ! Elle tira sur les photos et les arracha de dessous les mains de sa cadette, et la rabroua sèchement :
-Caly, tu ne vas pas te mettre à fouiller dans mes affaires comme maman, non ?
-Je ne fouille pas, je me renseigne !! D’ailleurs, comment s’est passé ton rendez-vous avec le petit Skellig ? N’est-il pas charmant ?
Cette fois-ci, Léo prit sur elle pour ne pas hurler. A la place, elle se dirigea d’un pas lourd vers sa mère, attrapa les deux énormes ouvrages que cette dernière tenait sur ses genoux, en fourra un sous son bras, l'autre contre sa hanche n’oublia pas de prendre au passage son agenda, puis s’en retourna vers la salle de bains. Avant de fermer la porte, elle dit, d’un ton résolu, mais véhément :
-Squattez autant que vous voulez, moi, je reste ici !
La porte faillit bien sortir de ses gonds lorsqu’elle la claqua sans ménagement.
Elle pouvait entendre sa maternelle pester sur son compte, depuis la pièce adjacente, mais elle l’ignora, et s’installa sur ses toilettes fermées, le visage reposant dans sa paume, les livres sous ses pieds, à côté de son agenda.
Elle resta deux bonnes minutes ainsi, désireuse de retrouver son calme. Sa mère était une mégère qui aimait s’incruster dans le moindre détail de sa vie, mais elle ne valait pas la peine qu’une fille comme Léo se prenne le chou. La française aurait adoré être aussi détachée que son père, bien qu’à cet instant précis, elle lui en voulait de ne pas être intervenu en sa faveur auprès de Fiona. Il avait toujours fui les disputes en se donnant le prétexte de l’appel de la mer, et rien n’avait changé entre les 5 ans de sa fille et sa vingtième année…
La colère s’estompait, lentement mais sûrement, et bientôt, la curiosité prenait le dessus : quel était ce livre qui semblait avoir vu défiler des siècles plutôt que des décennies ?

Elle se pencha et le hissa jusqu’à ses genoux (Dieu que ce machin était lourd !)(plus lourd que Caine Skellig, c’était dire !) et l’ouvrit. Ses yeux brillèrent d’un éclat nouveau lorsqu’elle parcourut le titre, puis la table des matières de l’ouvrage : Histoire et Guide de la piraterie d’Alençon, par Edouard, Maxence Philipe d’Alençon, dit « Ed le raboteur » Ajouts réalisés par Pierre l'escamoteur, Francis l'intrépide, Jean le Forban, Antonin l'irascible et Mathurin le sage .
Elle commença à le feuilleter frénétiquement, ses yeux attrapant par moment des bouts de phrase, des mots, ou même des passages entiers, comme celui-ci :

«
15 août 1781 :

Nous sommes parvenus à passer les contrôles moldus par des sortilèges de confusion. Ces animaux-là sont si crédules ! Notre destination ? Le nouveau monde, qui, ma foi, a bien pris de l’âge ! Nous allons livrer quelques armes à celles et ceux qui combattent la chasse aux sorcières… Ils se sont rassemblés à Salem, seul lieu sûr, car les émigrants veulent imposer leur religion au dépens de toute autre vie… Sur le chemin, nous avons pu admirer des cages-à-gibier décorées des corps de nos frères pirates. Certainement des moldus, puisque jamais nous ne nous serions laissés attrapés de la sorte, mon équipage et moi-même, Ed le raboteur ! Parole que lorsque nous accosterons, nous irons vider quelques chopines au port. Mes gars sont aussi secs que du saucisson corse. La petite coquerie dans laquelle on cuisine ne donne pas un goût exceptionnel au ragoût de lutin, et notre cuistot est lunatique. Qu’importe, la promesse d’une récompense et d’or, sans compter un petit grog de temps à autres me garderont en vie bien assez longtemps ! Nous sommes les meilleurs boucaniers et flibustiers de tous les frères de la côte, et demain, l’Amérique nous ouvre ses bras ! »



Léo referma le livre, la colère apaisée. Son père avait trouvé exactement ce qu’il lui fallait. Cet ouvrage refermait tous les écrits de ses ancêtres forbans, ceux à qui elle s’identifiait, et donc on lui avait raconté les exploits lorsqu’elle n’était pas plus haute que son balai-jouet. Elle le conserverait précieusement en leur honneur.
Trois légers coups furent portés contre sa porte, et la française fut tirée de sa réflexion. Elle espérait de tout son cœur qu’il ne s’agissait pas de sa mère revenant à la charge. Elle en avait assez de Fiona et de ses intrigues matrimoniales. Toute cette affaire aurait été bien plus simple si sa génitrice avait compris qu’elle ne se marierait jamais, mais cette dernière refusait l’idée même de voir l’une de ses enfants finir vieille fille. Elle ne jurait que par les alliances, les mariages somptueux, comme celui de Roger et de sa… Quatrième ? Cinquième femme ? auquel ils avaient assisté un peu plus tôt dans l’année. Mais Léo, elle, rêvait de grands espaces, de voler des gens plus fortunés qu’elle, de partir en mer en ne connaissant pas la date de son retour. Qu'y avait-il de mal à ça ? Beaucoup, si n en jugeait par les standards de sa mère.
Mais ce ne fut pas la voix grinçante de Fiona d’Alençon qui s’éleva derrière la barrière de bois, mais bien celle, posée et agréable, de son père :
-Léo, ouvre-moi.
-Où est maman ? Et Louison ? Et Caly ?
-Je les ai convaincues d’aller faire un tour chez Madame Guipure.
-Et ce traître d'Antoine ?
-Parti.
*Clic, schta ! Bing, dop !* La porte s’ouvrit en raclant le vieux parquet de la chambre, et Grégoire apparut sur le pas de la porte, un air contrarié animant son visage buriné par des journées passées en mer.
-Crevette, tu ne devrais pas te mettre dans des états comme ça face à ta mère. Je ne partage pas son point de vue sur la vie que tu devrais mener, mais s’énerver ainsi c’est gâcher ta répartie ! Et c’est mauvais pour ta circulation, mon enfant !
-Papa, je ne la supporte plus ! Elle me sort par les yeux comme un strangulot de la marmite !
Elle alla se réfugier dans ses bras, goûtant enfin à un peu de répit familial, après tout. Son père lui frotta le dos, et ils convergèrent vers le salon, désertés par les trois autres femmes d’Alençon. Grégoire avait remarqué que sa fille avait gardé le livre entre-ouvert sous le bras, et un sourire bienveillant se dessina sur son visage. On ne pouvait pas dire qu’il faisait un père très présent, mais il s’était toujours montré attentif aux souhaits de sa progéniture, à l’exception de son aîné, qu’il ne comprenait guère. Léopoldine, avec son tempérament si proche du sien, et en même si différent, avait gagné une attention particulière depuis que Fiona s’était mis en tête de la marier. Il avait pensé, à juste titre, qu’un ouvrage pareil redonnerait le sourire à sa fille.
-Alors, tu aimes le livre ?
-Papa, c’est absolument fantastique !! Je n’en reviens pas qu’on ait réussi à conserver un tel livre pendant tout ce temps !
Elle serra le pavé contre elle, et lui adressa un sourire plein de joie. Grégoire et Calypso étaient les seules personnes qui pouvaient la voir sourire d’une telle façon… Phil aussi, mais il n’était plus. Les autres n’avaient le droit qu’à des mimiques fades en comparaison !
Grégoire lui ébouriffa les cheveux, mais son sourire se fit plus sérieux. Il avait à parler avec sa fille, pour son propre bien :
-J’ai vu qu’il y avait la dague du jeune Skellig près de ta fenêtre… Comment s’est-elle retrouvée là ?
Le français connaissait bien cette dague, et pour cause, c’était lui l’avait rapportée à Gawain en cadeau de naissance pour le petit Caine. Que sa fille en soit en possession ne pouvait signifier que deux choses : Soit elle l’avait volée, soit il l’avait oubliée là après une visite dans l’antre de Léo. Dans les deux cas, cela annonçait pas mal de problèmes. Problèmes auxquels Léo n’avait pensé qu’une fois la dague dérobée au mercenaire, et c’est pour cela qu’elle se tordit les doigts d’un air penaud, avant de cracher le morceau :
-Je la lui ai empruntée… Je sais que je n’aurais pas dû, mais tu sais mieux que personne combien c’est dur de résister devant un si bel objet !
Grégoire leva les yeux au ciel : Il avait bien trop élevé sa fille dans le domaine du larcin !
-Mais enfin, Léo ! L’as-tu fait discrètement, au moins ? Est-ce qu’il sait que c’est toi qui l’a ? On ne vole pas un sang-pur sans assurer ses arrières, ma fille !
-Et bien… Disons que je l’ai fait à l’ancienne… Commença-t-elle avec hésitation.
-Tu lui a simplement fait les poches pendant qu’il regardait ailleurs?, proposa Grégoire –avec un optimiste tout relatif, il connaissait sa fille, vu la tête qu’elle faisait, ce n’était pas la méthode qu’elle avait employée !
-Pas exactement…
-Léo, dis-moi ce que tu as fait.
-Et bien, il se peut que je lui ai donné un coup de pied, et lui ai lancé un sort de locomotor mortis avant de m’enfuir… Je ne suis plus trop sûre, en fait…
Grégoire se massa le front du plat de la main, en lui jetant un regard plein d’ironie :
-En effet, c’est de la discrétion comme on en fait plus ! Crevette, ne t’ai-je donc rien appris ? Tu crois que le petit Skellig va te pardonner pour ton joli minois, et ne pas en informer ses parents ? Les Skellig sont de la famille ! Ta mère est la grande-tante de Caine, tu imagines dans quel pétrin tu nous as fourrés ?
-S’il va se plaindre à ses parents, c’est un fils à papa !
-Et tu crois que ça change quelque chose ? Ca nous apporte tout de même un tas de problèmes à prendre en considération ! Tu vas sans doute devoir l’épouser pour réparer ton erreur !
Il ne s'agissait là que d'une taquinerie, mais la réaction de Léo ne se fit pas attendre!
-QUOI ? Jamais de la vie ! D’accord, il embrasse bien mais…
Grégoire fit un signe de la main pour l'interrompre: la dernière phrase de sa fille l'avait fait tiquer.
-Tu l’as embrassé ? Mais je croyais que tu étais contre les liaisons entre cousins !
Il la regarda bouche-bée, et Léo réalisa bien tard qu’elle venait de commettre une bien belle ânerie. Son père et elle ne devisaient jamais de ses histoires sentimentales, et personne dans la famille n’en savait plus.
-C’est compliqué. J’ai oublié qu’on était… cousins… Mais… Ce n’est pas le problème, c’est un rustre, et je ne veux pas me marier de toute façon !
-Je suis bien d’accord avec toi, là-dessus, il n’est pas question que tu épouse ce garçon. Je l’ai toujours trouvé bourru, tu ne serais pas heureuse avec lui… Mais Léo, prépare-toi à subir les conséquences de tes actes !
-Je sais, papa… Ou je pourrais partir en mer, comme tu l’as toujours fait !
-Attention, ma fille, tu t’engage sur un chemin glissant…
Des bruits de pas et des éclats de voix retentirent soudain dans le couloir qui longeait les chambrettes, et le père et la fille échangèrent un regard.
-Nous reprendrons cette conversation plus tard… Retourne dans ta salle de bains, je m’occupe de ta mère.
-Très bien.
Sans demander son reste, et vexée, l’héritière d’Alençon traversa la pièce, et se rendit dans son boudoir improvisé. Là, elle put entendre sa mère et ses sœurs rentrer en trombe dans sa chambre, des froissements de sacs typiques de nouveaux achats accompagnant leur moindre mouvement.
-Femme, j’ai envie d’aller rendre visite à ce bon vieux Roger, et nous perdons manifestement notre temps, ici.
-Mais Grégoire !
-Fiona, ça suffit.
Un silence pesant suivit cette phrase qui s’apparentait plus à un ordre. Léo sourit dans sa salle de bains : son père était le seul être capable de faire taire sa femme… Avec le père de cette dernière, sans doute…
-Très bien… Allons-y, les filles, votre sœur ingrate ne perd rien pour attendre.
Un branle-bas, et le calme revenait sur le pont. La porte se referma doucement après que la famille eut une dernière fois foulée le parquet de sa chambrette, et Léo quitta son antre pour reprendre possession des lieux. Elle se rendit à la fenêtre, juste à temps pour apercevoir son père, Fiona et ses sœurs partirent en direction de l’allée des Embrumes. Son dos put enfin se détendre.

Elle avisa l’ouvrage offert par son père sur le canapé, et s’en empara avec convoitise. A moi ! A moi, livre sacré ! Mais dans sa hâte, elle se coupa le doigt sur un feuillet dépassant de l’ensemble de pages. Elle le tira, à peine émue par le sang qui perlait au bout de son index, et le déplia :

« On a besoin d’un coursier pour deux semaines… Destination la Jamaïque. Le bateau part le 23, à 8h. Prends tes dispositions »

Les choses allaient bientôt changer…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

[Clos] Tordre le cou à la tranquillité n'est pas donné à tout le monde

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Qui ose troubler ma tranquillité ? {Pour Illusion}
» Le bal du clos aux lys - j'veux pas y aller tout seul
» Partition mythique [Clos]
» Se promener n’est pas toujours source de tranquillité ~ [Clos]
» Un matin à la volière... [sujet clos]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ashes of Chaos :: Wizarding World | For the Greater Good :: London :: Diagon Alley :: Le Chaudron Baveur-