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 [Clos] People Are Strange | Beth

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Brenda Shepherd



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MessageSujet: [Clos] People Are Strange | Beth   Dim 23 Sep - 23:52

C'est aux alentours de huit heures que Brenda fit son entrée dans la Bibliothèque ce matin-là, comme tous les mercredis d'ailleurs (de huit heures à neuf heures, le mercredi, c'était Bibliothèque. Même quand elle n'avait rien à y faire, elle y allait; l'important, qu'elle ait ou non quelque chose à faire, c'était qu'elle le fasse ou le non-fasse à cet endroit, c'était la règle).

La fillette avança lentement entre les étagères pleines de livres, appréciant le profond silence qui régnait dans la pièce quasi-déserte. C'était là la principale raison qui lui faisait aimer cet endroit: ici, il n'y avait rien d'autre que du silence et des livres, des livres avec dedans de belles lettres imprimées toutes pareilles, soigneusement rangées en des lignes bien droites dont aucune n'était plus longue que l'autre, empilées en des paragraphes bien rangés sur des pages numérotées. Brenda aimait le silence, et même si elle ne lisait pas beaucoup, Brenda aimait les livres, d'un amour d'esthète: elle pouvait passer des heures à feuilleter un ouvrage et à se perdre dans la contemplation de la belle régularité des phrases qu'il recelait, prêtant attention à leur parfaite horizontalité plutôt qu'à leur sens. La Bibliothèque était un lieu apaisant, peut-être bien l'unique lieu à Poudlard où l'on pouvait se sentir seul au monde.

Partout ailleurs, il y avait toujours du bruit, de l'agitation, des gens qui marchaient, qui s'interpelaient, qui se bousculaient - c'était d'ailleurs souvent cela qui poussait Brenda à venir trouver refuge ici, et c'était ce qui la préoccupait aujourd'hui, alors qu'elle sillonnait méthodiquement les rayonnages, promenant un regard attentif sur les tranches des ouvrages.

Ce n'était toutefois pas un refuge que Brenda était venu chercher ici ce matin-là, mais bel et bien un livre. Aujourd'hui, elle allait étudier - pas la magie, ni les maths, non, un sujet sur lequel elle ne s'était que très rarement penchée: les gens. Elle allait étudier les gens.

C'est justement parce qu'il n'était pas possible de leur échapper ici à Poudlard que Brenda avait pris cette décision. Les gens étaient et avaient toujours été un mystère à ses yeux - elle ne les comprenait pas, elle ne les avait jamais compris. Ils semblaient dotés de pouvoirs, de capacités dont elle-même se sentait totalement dépourvue; ils savaient se dire des choses sans se parler, et même quand ils parlaient, des fois, ce qu'ils disaient n'était pas vrai, ou voulait dire autre chose que ce que le sens des mots et leur position dans la phrase indiquaient - on parlait alors de mensonges, de métaphores, d'images ou d'ironie. Et puis, ils étaient attirés par des choses qui n'avaient aucun intérêt aux yeux de la fillette.

Par exemple, l'autre jour, à la récré, elle était tombée sur Jason et Alicia qui faisaient rouler des boules qui après leur crachaient dessus un liquide bizarre, et ils avaient l'air de se disputer, mais une fille qui regardait aussi la scène avait dit "Tiens, depuis quand ils sont copains ces deux-là?" et Brenda s'était sentie complètement perdue, parce qu'elle croyait qu'ils étaient fâchés, elle, et comment la fille avait-elle pu arriver, à partir des mêmes informations qu'elle, à une conclusion aussi différente de la sienne, et qu'est-ce que ce jeu avait d'amusant, et pourquoi les gens ils avaient tous des amis?... Qu'est-ce qu'il y avait d'aussi bien dans le fait d'avoir des amis?... Quand on avait des amis, on était obligé de passer du temps avec eux, et Brenda n'aimait pas passer du temps avec des gens, elle ne savait jamais quoi dire ou quoi faire ni ce qu'eux allaient dire ou faire, et ça la mettait terriblement mal à l'aise.

Quand elle allait à l'école moldue, elle n'avait jamais à passer plus de quelques heures par jour en compagnie des autres enfants. Quand les cours étaient terminés, elle rentrait chez papa, et elle les oubliait aussitôt; ils n'avaient pas de place dans sa vie et dans sa tête, et elle aurait été incapable de citer le nom d'un seul de ses anciens condisciples. Elle s'était toujours sentie parmi eux comme une étrangère; elle avait comme eux deux bras, deux jambes, un coeur qui battait, mais la ressemblance entre elle et eux s'arrêtait là; ses centres d'intérêt, ses passions, ses préoccupations différaient des leurs; ils étaient des électrons, elle était un positon, même masse mais charge opposée, et puisque matière et antimatière s'annulent lorsqu'elles entrent en contact, peut-être était-il effectivement plus sage qu'elle les évite autant que possible.

Mais à Poudlard, la collision était inévitable. De jour comme de nuit, elle était toujours entourée de gens; elle vivait avec eux, et ne pouvait pas les ignorer aussi facilement que du temps où elle retrouvait chaque soit le refuge aseptisé qu'était sa chambre. Et à force de les côtoyer tout le temps, elle avait fini par avoir pour eux un peu de considération; et elle avait commencé à se poser des questions.

Discuter, jouer, plaisanter semblait leur être si facile! Au château, les amitiés se faisaient et se défaisaient avec un naturel déroutant, et Brenda voyait ses camarades se parler, s'amuser, s'aimer et se détester sans pouvoir participer à ce jeu dont elle ne comprenait pas les règles. Pourquoi savaient-ils faire toutes ces choses qu'elle ne savait pas faire? Elle était pourtant très intelligente. La réponse lui était apparue dans toute son évidente simplicité: ils avaient sans doute appris. Voilà. Ces choses-là, elles leur avait été enseignées; mais à elle, Brenda, personne ne les avait apprises.

Il faudrait donc qu'elle s'occupe elle-même de rattraper son retard. Comment apprenait-on? En lisant. C'était évident: il devait exister un livre expliquant comment se comporter avec les gens et comment les apprécier, et c'est en le lisant que Brenda arriverait enfin à ressembler aux autres enfants. Ce qu'elle cherchait avec beaucoup de sérieux dans les rayonnages de la Bibliothèque, c'était donc un Manuel d'interactions sociales, un Guide des Relations Humaines, une Notice de l'Amitié, ou tout autre livre en mesure de lui expliquer de manière précise et rigoureuse comment parler aux gens, comment les comprendre, comment savoir ce qu'ils pensaient et comment aimer les choses qu'ils trouvaient aimables (l'amitié, l'amour ou les jeux de boules, par exemple).

Brenda arriva au bout de la dernière allée, lut le titre du dernier livre de la dernière étagère, et fronça les sourcils, contrariée.

Il n'y avait rien. Rien qui correspondît à ses attentes - le Manuel n'était pas à la Bibliothèque.

C'était embêtant.

Peut-être qu'il avait été emprunté? Auquel cas, il suffisait d'attendre. Ou peut-être qu'elle allait devoir le chercher ailleurs. La petite décida pour mieux réfléchir d'aller s'asseoir à sa Table - celle qu'elle s'était choisie dès le premier jour, la ronde au milieu entre deux fenêtres. Elle se mit donc résolument en marche, sortant des rayonnages... pour s'apercevoir qu'elle était déjà occupée, sa Table. Par une Grande avec des cheveux bruns, un écusson vert et un gros gros livre.

La petite marqua un temps d'arrêt, très contrariée. C'était sa Table. Personne n'avait le droit de s'asseoir à sa Table. Qu'est-ce qu'elle allait faire, maintenant?... Pas s'asseoir ailleurs, non, c'était ridicule, pourquoi s'asseoir à une table qui n'était pas la sienne? D'un autre côté, la Grande n'occupait pas sa Chaise. C'était déjà ça. Avec un grand soupir résigné, la fillette trottina donc vers la Grande et, sans un regard pour elle, s'assit à sa Chaise.

Elle resta silencieuse un moment, fixant, immobile, le bois de sa Table en réfléchissant à son problème de Livre. Où pouvait-elle le trouver? Elle n'en connaissait même pas le titre, elle était juste persuadée de son existence, existence découlant tout à fait logiquement de ses réflexions. Elle risqua un regard vers la Grande, qui lisait dans un silence studieux. Peut-être qu'elle pourrait lui servir à quelque chose, cette voleuse de table.

-Bonjour, comment ça va,
récita-t-elle donc avec un affreux manque de naturel.

Elle fixait sans ciller le menton de son aînée.

-Où il est, le livre pour apprendre comment on fait pour parler aux gens et pour se faire des amis?
s'enquit-elle très sérieusement.


Dernière édition par Brenda Shepherd le Mer 17 Oct - 16:55, édité 5 fois
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Bethney E. Redwyn
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MessageSujet: Re: [Clos] People Are Strange | Beth   Lun 24 Sep - 22:44

    Les longues matinées à la bibliothèque étaient une spécialité de Bethney. Elle passait déjà d’ordinaire beaucoup de temps dans l’enceinte de ce lieu où elle pouvait travailler dans le calme, se plongeant totalement dans son travail. Elle y restait encore plus maintenant que sa salle commune avait disparue. La cohabitation avec les Poufsouffle devenait franchement pesante. Malgré la présence de gens agréables – comme Stendhal par exemple – elle n’avait pas d’affinités particulières avec les Jaunes&Noirs. Certains lui faisait même franchement peur. Cette ambiance électrique qui régnait dans la Salle Commune lui ôtait ses maigres envies de rester dans la pièce.

    Ses cours ne commençaient pas avant 11 heures 30, avec l’Histoire de la Magie, une de ses matières préférées, et son après-midi était totalement libre. Malgré ses horaires tardives de la matinée, elle n’avait pas dérogée à ses habitudes et s’était levée tôt, avait pris un déjeuner rapide avant de filer à la bibliothèque. Elle n’avait pas de devoirs, et s’était plongée dans des calculs arithmantiques compliqués, pour passer le temps. Oui, se détendre pour Bethney Redwyn, c’était faire des tonnes de calculs pendant des heures @__@. Chacun ses loisirs.

    Donc, Beth avait l’esprit tranquille, confortablement installée sur une table entre deux fenêtres, la lumière matinale filtrant doucement entre les carreaux, son gros livre d’arithmancie grand ouvert, des parchemins remplis de calculs devant elle. Trop bien *o*. En plus, elle était seule à sa table, donc il n’y avait personne pour l’embêter. C’était des petits bonheurs simples (et un peu incompréhensible pour les autres, avouons-le) qui faisait qui rendait la vie à Poudlard presque agréable.

    Mais forcement, parce que sinon il n’y aurait pas de RP, elle fut dérangé lorsqu’une petite première année dont elle ignorait le nom vint s’installer à sa table. Elle avait l’air contrariée. Cela se voyait dans ses yeux, dans la façon dont les traits de son visage étaient figés.

    Bethney savait que normalement, les gens normaux avaient une sorte d’instinct, de sixième sens, qui leur permettait de savoir de façon plus ou moins exacte l’état d’esprit de leur interlocuteur. Ils adaptaient leur comportement en fonction de cela. Avec le temps, elle avait compris que certaines personnes étaient dépourvues de cet "instinct". Elle en faisait partie.
    Elle n’avait jamais su comprendre les autres. Pas de façon naturelle en tout cas. Elle devait toujours réfléchir, déduire, analyser les informations qu’elle devinait sur le visage, dans les paroles des gens pour arriver à savoir ce qu’ils pensaient. Certes, avec le temps, elle le faisait presque instantanément, mais elle n’avait pas cette capacité naturelle à comprendre autrui. Le comportement humain lui échappait.
    Beaucoup d’entrainement et d’observation lui avaient permis d’acquérir une très bonne capacité d’analyse des réactions humaine. Mais elle devait toujours tout calculer, évaluer la probabilité que telle ou telle parole soit honnête ou alors sarcastique… C’était usant. Elle pouvait parfois être naturelle, avec ses amis très proches comme Saoirse ou Asteria. Ou alors comme elle pouvait autrefois l’être avec Jessye. Mais elle ne se sentait pas assez en confiance parmi le commun des mortels pour parler de façon franche, sans tout analyser.

    Elle songeait vaguement à cela en faisant ces calculs, jusqu’à ce que la première année l’apostrophe, avec un manque de naturel flagrant. Elle restait fixée sur un point de son visage, ne la regardant pas dans les yeux. Deux signes évident de manque de sociabilité. Surtout le regard, elle-même avait beaucoup de mal avec les regards. Elle alternait sans cesse les regards dans le blanc des yeux entre ceux où elle fixait un point au-dessus du nez.

    — Bonjour, répondit-elle avec calme et douceur. Je vais très bien, et toi ? Excuses-moi, j’ignore qui tu es, pourrais-tu m’éclairer ? Elle marqua une pause, se demandant si donner son identité à la petite était utile. Après une seconde, elle décida que oui. Après tout, elle lui avait demandé de se présenter, elle se devait de faire de même. Je suis Bethney Redwyn, septième année à Serpentard.

    Elle écouta la question pour le moins originale de Brenda. Le livre pour savoir parler aux gens ? Pour se faire des amis ? Elle avait donc envie de savoir communiquer de façon naturelle. Apparemment, cette enfant avait les mêmes problèmes qu’elle. Elle était touchante. Oui, les petites qui avaient du mal à s’intégrer dans la société arrivait toujours à la toucher. Elle ne pouvait s’empêcher de se voir au même âge.

    — Je suis désolé, je ne pense pas que tu puisses trouver un tel livre ici. D’ailleurs, je ne suis pas certaine qu’il existe. Si c’était le cas, il appartiendrait à un domaine que les moldus nomment "sociologie", une section dont cette bibliothèque est malheureusement dépourvue. Elle disait malheureusement, car elle aurait beaucoup aimé pouvoir trouver des livres de ce genre. Ils lui auraient été bien utiles. Mais pourquoi donc souhaites-tu trouver ce livre ? Si tu as des interrogations, tu peux toujours me demander. Je ne suis pas certaine de pouvoir y répondre, mais il est possible que je puisse t’aider.

    Oui, elle se montrait généreuse, parce que cette petite était assez choupinoute à ses yeux et qu’elle lui faisait de la peine, avec son air tout sauf naturel.


Dernière édition par Bethney E. Redwyn le Ven 14 Déc - 22:30, édité 1 fois
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Brenda Shepherd



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MessageSujet: Re: [Clos] People Are Strange | Beth   Mar 25 Sep - 16:35

La Grande aux cheveux bruns lui demanda qui elle était, et Brenda la regarda avec de grands yeux un peu perdus. Qui était-elle?... Fallait-il qu'elle lui raconte sa famille, et sa chambre, et tout ce qu'elle aimait, et tout ce qu'elle n'aimait pas?... "Qui es-tu" était une question vaste et complexe, et la fillette se sentit submergée par l'ampleur de la tâche que son aînée exigeait qu'elle accomplisse - elle fut d'ailleurs tentée de l'ignorer, de ne plus lui parler, de la renvoyer sans attendre dans les limbes de son indifférence, et tant pis si sa question restait sans réponse, car lui adresser la parole avait de toute évidence été une grotesque erreur.

Mais la Grande lui dit alors qu'elle était Bethney Redwyn, qu'elle était en Septième Année et qu'elle était à Serpentard, et Brenda comprit que par "qui es-tu", Betney Redwyn avait juste voulu lui demander son nom. La fillette se sentit grandement soulagée - et un rien frustrée d'avoir mal compris sa question.

-Je suis Brenda Shepherd, annonça-t-elle donc, je suis en Première Année, et je sais pas encore si je serai à Serpentard ou à Gryffondor ou à Poufsouffle ou à Serdaigle.

Voilà. La gamine ne put s'empêcher de s'interroger sur l'utilité des présentations. Quel besoin avaient les gens de se dire leurs prénoms? Croyaient-ils mieux se connaître lorsqu'ils pouvaient se nommer? Mais les noms ne reflétaient pas les personnes qui les portaient, Brenda ne se sentait pas très "Brenda", le mot "Brenda" ne disait rien de ce qu'elle avait l'impression d'être, rien des nombres qu'elle avait dans la tête ni des odeurs qu'elle aimait ni des choses qu'elle avait vécu, ni rien. Et Bethney Redwyn ne lui était pas moins obscure maintenant qu'elle savait qu'elle s'appelait Bethney Redwyn. Alors d'accord, c'était pratique, les noms, ça permettait d'appeler les gens et de savoir quand quelqu'un s'adressait à nous. Mais il n'y avait pas un nombre infini de prénoms, alors des fois ça se recoupait; elle n'était pas la seule Brenda du monde, elle n'était même probablement pas la seule Brenda Shepherd du monde. Les nombres, par contre, il y en avait une infinité; ce qu'il aurait fallu faire, songea Brenda, c'était de ne plus se donner des noms mais de se donner des nombres. Un nombre à chacun, un nombre unique que chacun se choisirait et qui serait LE sien, un qui n'aurait jamais été porté par aucun être humain depuis que l'humanité existait et qui ne le serait jamais plus jusqu'à ce qu'elle s'éteigne. Oui, là, à la rigueur, les noms auraient une vraie utilité - à défaut d'avoir un sens.

-C'est quoi, votre nombre préféré?
demanda-t-elle donc avec beaucoup de sérieux.

Toujours est-il que Brenda lui avait posé une question à propos du Livre; la réponse de Bethney Redwyn vint finalement, décourageante.

Le livre que Brenda cherchait n'existait sans doute pas.

-Ah bon, fit-elle simplement à l'annonce de cette mauvaise nouvelle.

En vérité, elle était un peu secouée. L'hypothèse du Livre lui avait semblé parfaite, tout à fait viable et surtout prometteuse - apprendre des choses clairement expliquées en caractères d'imprimerie, c'était à sa portée. Mais sans livre, non seulement elle se retrouvait impuissante à pallier à son ignorance, mais en plus elle n'avait plus aucun moyen d'expliquer pourquoi les autres gens étaient pour la plupart plus doués qu'elle en choses de la vie. Car s'ils ne les avaient pas appris dans les livres, alors où?... Et s'ils ne les avaient pas apprises, si elles avaient toujours été en eux, et que Brenda était simplement faite différemment? Cela voulait-il dire qu'elle était stupide, et que quels que soient ses efforts elle ne pourrait jamais savoir faire ce qu'eux, ils faisaient?...

Si Brenda avait été un peu plus attentive, peut-être aurait-elle remarqué quelques petites bizarreries chez la Grandes - le fait, par exemple, qu'elle ne la regardait pas, elle non plus, dans les yeux. Mais le fait même que son regard soit planté sur le menton de son aînée l'empêchait évidemment de s'apercevoir de ce détail.

La Grande lui demanda pourquoi elle avait voulu trouver le Livre, et ajouta qu'elle pouvait lui poser des questions si elle le souhaitait, et c'est avec une boule dans la gorge que Brenda lui répondit:

-Ben... C'est quoi, un ami? Pourquoi les gens ils en ont tous? Les gens, des fois, ils sont tout seuls, mais pas souvent. Ils sont presque tout le temps avec d'autres gens. Qu'est-ce qu'ils font, quand ils sont ensemble?... Vous en avez, vous, des amis?...

La petite ne s'était jamais vraiment souciée des autres ni de ce qu'ils pensaient d'elle - elle était de toute façon incapable d'atteindre un niveau d'abstraction suffisant pour essayer d'imaginer ce qu'ils pouvaient penser -, aussi le concept d'amitié ne l'avait-il jamais séduite auparavant; mais maintenant, voilà, elle se posait des questions et l'amitié ressemblait à ses yeux à une sorte de gros panache de fumée obscur et mouvant qu'elle entrapercevait au loin et dont elle ne pouvait distinguer les détails, même en plissant les yeux - aussi avait-elle envie de s'en approcher, ne serait-ce que pour le voir de plus près et bien qu'elle ignorât si elle trouverait à son contact quelque chose d'agréable ou si elle le traverserait sans en être affectée.
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Bethney E. Redwyn
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MessageSujet: Re: [Clos] People Are Strange | Beth   Jeu 27 Sep - 22:30

    Savoir le nom des gens à qui elle s’adressait était une chose essentielle pour Bethney. C’était comme si savoir comment s’appeler quelqu’un lui permettait de créer une boîte dans son cerveau où elle rangeait toutes les informations qu’elle possédait sur la personne. Elle connaissait quasiment tout le monde à Poudlard, elle ne pouvait pas se permettre d’ignorer le prénom de quelqu’un, sinon, elle se mélangeait les pinceaux. D’ailleurs, à chaque début d’année, elle devait se renseigner pour connaitre les nouveaux venus. Et oui, savoir toutes les rumeurs qui circulait impliquait aussi de connaître tous les élèves, car il n’y avait aucun intérêt de connaître des anecdotes sur des inconnus. C’était un travail considérable de tout retenir, mais elle ne pouvait pas fonctionner autrement.

    Ainsi, la première année s’appelait Brenda Shepherd. Beth enregistra soigneusement cette information. Elle n’avait pas encore eu beaucoup de contacts avec les premières années, il allait falloir qu’elle se rattrape. Elle se devait d’être parfaitement informée.

    La question de Brenda la surprit réellement. Son nombre préféré ? Mais par Merlin, pourquoi une telle question ? C’était pour ça que Bethney n’aimait pas qu’on lui pose des questions, surtout de ce genre. C’était totalement imprévisible, déroutant… Que pouvait-elle bien répondre à une question aussi inattendue que celle-là ? C’était tellement déstabilisant… Elle n’avait jamais pensé à quel était son nombre fétiche… Il n’y avait pas d’intérêt à cela pour elle. Un nombre restait un nombre, un outil avant tout. Certes, les nombres avaient une beauté propre, unique en leur genre, mais pour Beth, cette beauté résidait plus dans leur assemblage. Un nombre isolé était toujours beau, mais nettement moins qu’une équation arithmantique, qui en faisait intervenir plusieurs et demandait de les assembler pour leur donner un sens. Bien sûr, certains nombres, même seuls, restaient magnifiques et surtout extraordinairement fascinant. Pi, le nombre d’or, ou même le zéro… Elle aimait beaucoup ce dernier.

    — Mon nombre préféré ? Je… Je ne sais pas. Je n’y ai jamais réfléchi, en fait. Enfin, je veux dire, les nombres sont tous beaux, je trouve stupide d’en choisir un… Le zéro est particulièrement intéressant, si tu tiens à une réponse.

    Elle se contenta de cette réponse qui n’était peut-être pas satisfaisante pour Brenda, et préféra répondre à la question de la petite. Elle n’avait pas l’habitude de proposer spontanément son aide, ni de se laisser attendrir par les plus jeunes. Elle pouvait trouver qu’un enfant était choupinou, mais sans être particulièrement tendre envers eux, juste gentille. Mais là, cette enfant à l’attitude décalée, avec ses manières peu naturelles et ses yeux qui fuyait son regard et qu’elle devinait remplis d’intelligence la touchait. Les questions qu’elle posait, Bethney se les était aussi posées plus jeune. C’était des questions simples, mais révélatrice sur le caractère de la première année. Qu’était un ami ? Quelle utilité cela avait-il d’en avoir ? Beth possédait des réponses, mais elle n’était pas sûre de leur véracité. La solitude ne la dérangeait pas tant que ça. Certes, il était agréable de rester avec des personnes que l’on appréciait, mais cela demandait tant d’effort pour s’entendre avec eux… Ne valait-il pas mieux se contenter de rester seule ?

    — Eh bien… Ce sont de bonnes questions, tu sais ? Mais y répondre est… compliqué. Je ne suis pas certaine de savoir. Un ami c’est… Quelqu’un avec qui on s’entend bien, quelqu’un avec qui tu aimes rester. Quelqu’un qui compte pour toi. Les gens aiment avoir des amis parce qu’ils ont peur d’être seuls, je pense. Elle ne comprenait pas pourquoi, la solitude était plus rassurante, plus stable que le contact avec d’autres personnes. Ils ne veulent pas être abandonnés, alors ils cherchent la compagnie des autres.

    Elle s’arrêta un instant. Etait-ce seulement ça ? N’y avait-il pas autre chose qui poussait les gens à rester ensemble ? Elle n’en savait rien. Elle n’arrivait pas à comprendre ce que l’amitié avait de tellement exceptionnelle. Elle-même avait des personnes qui comptaient pour elle, avec qui elle s’entendait très bien, mais… Elle ne savait pas ce qui la poussait à rester avec eux, outre le fait qu’ils soient sympathiques.

    — Ensemble ils… Discutent… Ils parlent de ce qu’ils ont envie de dire… Ils rient parfois, je pense. Ils travaillent de temps en temps. Ils jouent, ils… Je ne sais pas vraiment, je pense que cela varie selon les gens. Si j’ai des amis ? Elle réfléchit. Elle avait des personnes qu’elle appréciait, mais avait-elle des amis ? Elle pensa à Asteria, Lula, et surtout Saoirse. Oui, elle en avait. Même s’ils se comptaient sur les doigts d’une main. Oui, j’ai quelques amis. Peu, il est vrai, mais leur nombre n’est pas important. Elle laissa planer un cours silence, avant de reprendre la parole d’une voix douce. Tu sais, tu n’es pas obliger de me vouvoyer, tu peux me tutoyer si tu en as envie. Les "vous" de Brenda ne la gênait pas – elle avait l’habitude – mais elle n’avait pas besoin de tant de formalisme. Si ce n’est pas indiscret, pourquoi me demandes-tu cela ?

    Oh, elle se doutait bien de la réponse, mais elle avait besoin de faire parler les gens pour avoir des certitudes. Puis cela permettait de se faire une idée de la manière de penser de celle avec qui elle parlait. Considérant que la conversation avait un intérêt certain, elle ferma son livre d’arithmancie, pour se concentrer sur la réponse de Brenda.
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Brenda Shepherd



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MessageSujet: Re: [Clos] People Are Strange | Beth   Mar 2 Oct - 19:50

La Grande sembla réfléchir à sa question, et ça, ça fit plaisir à Brenda, parce que des fois les gens se contentaient de la regarder de travers quand elle leur demandait des trucs et ils ne lui répondaient pas, et ça la travaillait beaucoup, parce qu'elle ne comprenait jamais ce qui faisait que ses questions étaient de bonnes questions ou de mauvaises questions, alors c'était très déstabilisant.

Elle lui répondit que les nombres étaient tous beaux, qu'il était stupide d'en choisir un, et Brenda grimaça de l'intérieur, parce qu'elle n'aimait pas qu'on la traite de stupide, c'était pas vrai. Et traiter sa question de stupide, c'était un peu la traiter, elle, de stupide, parce que seuls les gens stupides posaient des questions stupides.

-Non, ils sont pas tous beaux,
fit-elle donc remarquer à la Grande.

Ils étaient tous uniques, certes, tous fascinants, aussi, mais certains étaient très laids. Et certains étaient terrifiants. Le zéro, par exemple, celui que la Grande accepta de préférer, était terrifiant - noir et profond et froid et silencieux, Brenda ne l'aimait pas beaucoup, surtout qu'il avait ce pouvoir maléfique d'éteindre tous les nombres qu'il multipliait et de les entraîner eux aussi dans ses ténèbres, gommant leur beauté, noyant leurs couleurs et leur flamme. La fillette frissonna et tâcha de se concentrer de nouveau au mieux sur ce que racontait la Grande, qui ne parlait pas bien fort, ce qui était gênant, mais en même temps on était dans une bibliothèque et elle ne faisait que respecter le règlement, ce qui était très bien, et puis sa voix était douce, ce qui était très bien aussi, Brenda n'aimait pas les gens qui avaient de grosses voix sonores, parce qu'après elle n'entendait que le bruit et plus du tout les mots.

La Grande aux cheveux bruns et à la voix toute douce lui expliqua qu'un ami c'était quelqu'un avec qui on s'entendait bien, et que les gens avaient peur de la solitude, et Brenda hocha la tête deux fois pour montrer qu'elle avait entendu, mais en vérité elle n'était pas bien convaincue. C'était juste ça, alors? Les gens avaient peur d'être tout seuls DONC ils avaient des amis?... Il n'y avait rien de plus... profond? Mystérieux? Inaccessible? Elle s'était toujours figuré que l'amitié faisait partie de ces choses étranges qu'elles ne pouvait pas vraiment comprendre; mais si ce n'était qu'une question de solitude, alors ce n'était pas le cas, vu que Brenda, elle comprenait la solitude. Même, elle aimait ça, la solitude. Alors quoi? Avoir des amis, c'était ne pas être seul; ce serait donc comme... être dans la foule? Mais Brenda connaissait la foule, et elle détestait ça, alors quoi, cela voulait-il dire que voilà, même sans essayer, elle pouvait être sûre que l'amitié, ça ne lui plairait pas plus que marcher dans le hall aux heures d'affluence?...

Bon, apparemment, contrairement aux gens qu'on côtoyait dans le hall, aux amis, on leur parlait. Brenda fronça les sourcils, très concentrée. On leur parlait. Ben oui, mais elle, elle n'aimait pas beaucoup parler aux gens. Elle ne savait jamais trop ce qu'elle devait ou pouvait leur dire. Quand elle faisait attention à bien faire, elle devait se concentrer beaucoup, c'était fatigant, et puis elle était obligée de réfléchir avant chaque phrase, est-ce que ça je peux le dire, est-ce qu'il faut que je sourie, alors forcément elle n'y prenait pas beaucoup de plaisir. Et quand elle ne se souciait pas de bien faire, elle parlait de choses qu'elle aimait, mais les trois tiers du temps les gens en face, ça ne leur plaisait pas, ce qu'elle aimait, alors ils finissaient par s'ennuyer et par partir, surtout qu'elle ne savait jamais quand arrêter de parler, ou quand laisser parler l'autre. Il y avait quelques rares exceptions, Amaranth par exemple, la dernière fois, sur le banc, elle lui avait parlé et elle lui avait répondu et elle lui avait répondu et elle lui avait répondu et elle lui avait répondu et elle lui avait répondu et elle lui avait répondu et ainsi de suite pendant pas mal de temps, et c'était plutôt facile et plutôt pas désagréable, mais ce genre de choses ça n'arrivait que très rarement, c'était un peu une exception, la dernière fois avec Amaranth, parce qu'elle était chouette et qu'elle connaissait Brittney Spears et tout.

Bethney Redwyn avait donc quelques amis. Et elle n'en parlait pas avec beaucoup d'enthousiasme, d'ailleurs elle n'en parla pas du tout, enfin, elle lui dit bien qu'elle en avait, des amis, mais elle ne lui dit pas qui c'était - de toute façon, la probabilité que Brenda ait réussi à mettre des visages sur leurs noms quand bien même elle les lui aurait donnés était quasi-nulle -, ni ce qu'elle faisait avec eux ni pourquoi elle trouvait ça bien de les avoir, mieux en tout cas que de ne pas les avoir. Était-elle rassurée quand ils étaient là? Parce qu'elle n'était alors pas seule? Pourtant, lorsque Brenda l'avait rejointe à Sa Table, il n'y avait personne autour, pas d'ami...

-Vous avez peur d'être toute seule?
demanda-t-elle donc d'un ton hésitant.

La Grande lui demanda pourquoi elle lui avait posé la question sur les amis, là, et Brenda se tut un bon moment, réfléchissant avec grand sérieux.

-Ben,
finit-elle par dire d'un ton mal assuré. Tout le monde a des amis.

Ah oui, mais ça, elle l'avait déjà dit.

-Et je sais pas si c'est bien d'avoir des amis, si tout le monde en a peut-être que c'est bien, et si les autres peuvent en avoir pourquoi moi je pourrais pas, je suis intelligente après tout autant qu'eux plus qu'eux même, j'ai sauté une classe, tout ça, mais y a des trucs que je comprend pas quand même, par exemple comment les gens ils savent ce que les autres gens ils pensent, quand ils disent "Tu es fatigué toi" et l'autre répond "Ouais" mais comment il a pu le savoir? Ou "Oulalah, tu as passé une mauvaise journée" et l'autre répond "Ouais, carrément!" mais comment il l'a su, ça, qu'il a passé carrément une mauvaise journée? Ou alors quand les gens ils se tapent dans la main ou ils se touchent les joues avec les joues pour se dire bonjour, ou alors pourquoi les gens ils ont des amis, ça non plus je sais pas, mais si les autres ils peuvent pourquoi pas moi? Même si en fait je sais pas si je veux, c'est mieux d'être tout seul je trouve, même que des fois j'aimerais bien que tout le monde soit mort sauf moi et que je sois toute seule sur Terre sans personne d'autre, nulle part, et je pourrais me taire pour toujours et aller partout sans avoir peur de toucher quelqu'un.

Elle avait dit tout ça d'une traite, presque sans reprendre son souffle, le regard et l'expression parfaitement fixes, mais mine de rien elle y avait mis du coeur dans sa tirade, et dans ses yeux bruns il y avait un vrai questionnement, parce que la Grande à la voix douce avait des amis mais elle n'en parlait pas avec enthousiasme et puis elle n'avait pas l'air très convaincue quand elle lui expliquait ces choses-là, comme si elle doutait de ce qu'elle disait, alors peut-être qu'en fait, elle, elle comprenait.

-Vous - tu crois...


Ça faisait bizarre de la tutoyer. Brenda s'interrompit et mâcha un peu dans le vide pour faire passer le goût bizarre qu'avait laissé ce "tu" sur sa langue. Normalement on vouvoyait les grands, et ce "tu" ressemblait à un impertinent écart de langage (mais pas désagréable).

-Tu crois que c'est ça être fou? Pas aimer les amis, c'est ça, être fou?


Elle ne savait pas très bien ce que ça voulait dire, fou. C'était abstrait, fou. Mais les gens disaient "fou" pour qualifier tous ceux qui ne leur ressemblaient pas, et ne pas vraiment vouloir se faire des amis, c'était peut être un peu être "fou".
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Bethney E. Redwyn
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MessageSujet: Re: [Clos] People Are Strange | Beth   Dim 7 Oct - 21:42

    Trop concentrée sur ces explications, Beth ne releva pas le fait que Brenda ne trouvait pas tous les nombres beaux. Elle n’était pas d’accord, mais un débat sur la beauté des nombres n’avait par une importance capitale pour elle. Elle était beaucoup plus absorbée par le fait de répondre à la question de la première année.

    Pour elle, il était évident que la volonté d’avoir des amis n’était qu’une peur de la solitude, mais elle n’avait aucune preuve tangible. Elle avait ce sentiment étrange, et extrêmement désagréable, que quelque chose lui échappait. Elle avait horreur de ça. Elle avait parfois cette impression lorsqu’elle se lançait dans un calcul hors de sa portée et qu’elle obtenait des résultats faux. Dans ces cas-là, elle recommençait – des dizaines de fois s’il le fallait – jusqu’à obtenir la réponse. Là, elle avait l’impression qu’elle aurait beau recommencer son analyse à l’infini, elle n’aurait pas la réponse, ou serait dans l’incapacité de la comprendre. Cela était très dérangeant. Assez pour la plonger dans une certaine perplexité, même si elle n’en laissait rien paraître.

    Brenda lui posa une question qui, même si elle était pertinente, était assez dérangeante. Avait-elle peur de la solitude ? Question compliquée, qui demandait réflexion. Elle resta silencieuse quelques instants, avant de répondre d’une voix hésitante.

    — Moi ? Je… Je pense que cela dépend. Enfin, je veux dire, la solitude, si elle est voulue, peut-être quelque chose d’assez agréable, personnellement, cela ne me dérange pas vraiment de rester seule. Mais si cette solitude n’est pas désirée, par exemple si elle est causée par le décès d’un proche… Elle ferma un instant les yeux, le visage crispé sous le coup de souvenirs douloureux avant de se reprendre. Hum, si elle n’est pas voulue, on peut en avoir peur, car la plupart des gens on peur de ce qu’il ne connaisse pas. Moi aussi. Donc… Oui, je peur de la solitude. Mais cela dépend laquelle.

    Elle ne pouvait pas donner de réponse simple, elle s’embarquait toujours dans des explications, des justifications que certaine personnes jugeait parfois ennuyeuse. Elle espérait avoir été claire. Mais bon, Brenda elle-même n’était pas vraiment claire, donc elle n’allait pas se prendre la tête. D’ailleurs, lorsqu’elle se mis à parler très vite pour expliquer à Bethney pourquoi elle voulait des renseignement, la Serpentard dû faire un effort de concentration pour suivre et enregistrer la masse d’information qui lui arrivait d’un seul coup.

    Bien. Apparemment, Brenda avait exactement les mêmes difficultés qu’elle, à la différence que Beth avait appris à les surmonter seule, alors que la première année avait besoin de conseils. Elle souffrait aussi de cette incapacité à déchiffrer l’attitude des autres. Pauvre petite. Ce n’était pas sarcastique, elle compatissait réellement à la détresse de Brenda. Le fait qu’elle se dise intelligente la fit sourire. Elle présentait ça comme une évidence, et elle avait peut-être – sans doute même, d’après ses déductions – raison.

    — Tout le monde n’a pas d’amis. Enfin, la plupart de gens en ont, mais certains préfèrent rester seules. Mais bon, c’est vrai que la majorité des personnes que nous côtoyons ont des amis, alors on peut considérer cela comme une généralité… Enfin, passons. Tu sais, les gens – normalement – arrivent à… sentir en quelque sorte l’humeur de leurs amis, sans avoir besoin de parler. Comme une sorte de sixième sens. Mais tout le monde ne sais pas le faire. Elle eut une petite hésitation, avant de reprendre. Moi, par exemple, je n’y arrive pas. Elle décida ne pas insister sur ce dernier point. Les gens qui ne possèdent pas ce "sixième sens" peuvent compenser, en quelque sorte, en observant et en faisant des déductions. Tu vois, quand quelqu’un à le regard dans le vague, une attitude détachée, qu’il répond à des questions par des monosyllabes ou s’énerve pour rien, tu peux en conclure qu’il perturbé par quelque chose. Il y aurait beaucoup d’exemples à donner. Il faut se baser avant tout sur la logique et l’observation, et avec un peu d’expérience, les conclusions sont quasi-toujours justes.

    Elle n’était absolument pas sûre d’avoir été claire, mais il ne fallait pas la lancer dans des explications, sinon ça pouvait durer des heures @____@.

    — Tu sais… Je comprends que tu aimes rester seule, je respecte ça, et je suis même assez d’accord avec toi. La solitude est une valeur constante, contrairement à l’amitié. Mais des fois, tu as besoin des autres, même si c’est plus agréable de rester toute seule. La solitude totale implique une autosuffisance assez difficile à atteindre.

    Si Bethney aimait s’isoler des autres, elle ne pouvait nier qu’elle ne pouvait se suffire à elle-même. Elle avait l’esprit trop fragile pour se couper totalement du monde, elle avait besoin de contact humain pour garder un certain équilibre. Si elle avait été moins faible, elle se serait volontiers entièrement détaché du reste de l’humanité et de ses horribles changements perpétuels.

    Elle se raidit soudain devant les paroles de Brenda. Non, ne pas avoir d’amis n’était pas synonyme de folie. C’était faux. On ne plaisantait pas avec la folie, c’était un sujet beaucoup trop sérieux. Lors de ses séjours à l’hôpital, elle avait tellement eu peur d’avoir perdu l’esprit qu’elle ne supportait plus qu’on fasse allusion au sujet avec autant de légèreté.

    — Non, ce n’est pas ça être fou. Il ne faut pas plaisanter là-dessus, ce n’est pas drôle tu sais. Tu ne sais pas ce qu’est la folie, et ne pas avoir d’amis n’est pas un signe d’un esprit dérangé. Évite de parler de ça de cette façon, d’accord ?

    Elle avait conscience qu’elle était un peu sèche, mais c’était devenu un réflexe. Ne jamais faire référence à la folie devant Bethney, c’était une des règles primordiales pour s’entendre avec elle. Oh, elle n’en tenait pas rigueur à Brenda, elle était trop jeune pour savoir de quoi elle parlait, mais les malheureuses paroles qu’elle avait prononcée avait perturbée la Serpentard. Elle s’efforça de reprendre le contrôle d’elle-même, de ne pas afficher ses émotions. Rester détachée, c’était ça l’important. Et changer de sujet aussi.

    — N’y a-t-il pas des gens que tu apprécies ? Avec qui tu t’entends bien, où tu as des points communs ? Je suis d’accord que la plupart des élèves de ce château ne sont pas très sympathiques, voire effrayants. Certains sont même dangereux, en plus d’être désobéissants. Mais il doit bien y avoir quelqu’un que tu aimes bien, non ?
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Brenda Shepherd



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MessageSujet: Re: [Clos] People Are Strange | Beth   Mar 9 Oct - 23:05

La Grande lui dit que ce n'était pas ça, être fou, avec dans la voix vachement moins de douceur, tout à coup, ça Brenda s'en rendit bien compte parce que ça faisait plus de bruit, c'était plus difficile de bien écouter, et puis elle parlait plus vite, aussi, mais elle fut bien incapable de deviner ce qui avait bien pu la pousser à changer ainsi d'attitude - elle n'essaya même pas, à vrai dire. Elle se contenta d'emmagasiner cette information plutôt rassurante: ce n'était pas ça, être fou. Mais alors, pourquoi est-ce qu'on lui avait dit qu'elle était folle, quand elle était à l'école et qu'elle ne jouait pas avec les autres pendant les récrés et qu'elle préférait tourner sur elle-même ou jouer à actionner la poignée de la porte des toilettes, si c'était pas ça, être fou?... Beaucoup de questions qui appelaient des réponses, mais chaque chose en son temps, décida Brenda, qui aimait bien que chaque chose ait son propre temps et sa propre place.

En attendant, elle devait se concentrer pour emmagasiner toutes les informations que lui donnait la Grande, pour les trier et les ranger dans des classeurs dans sa tête. (Il y avait tout un tas d'étagères dans sa tête, chacune correspondant à un sujet très vaste, par exemple les maths, les gens ou les sentiments. Et sur chacune étaient rangés des classeurs, chacun concernant une sous-catégorie rattachée au grand thème de l'étagère; sur l'étagère des maths, il y avait par exemple le gros classeur des nombres, le classeur plus petit de l'algèbre et un tas d'autres; sur l'étagère des gens il y avait un petit classeur de noms et un petit classeur de visages, et ainsi de suite. Et dans chaque classeur il y avait des fiches cartonnées, bleues, avec écrites dessus des questions (au recto) et leurs réponses (aux verso). Alors ficher ce que lui disait Bethney et en même temps l'écouter parler, ça lui demandait une sacrée concentration. En plus, il commençait à y avoir pas mal de gens dans la bibliothèque, vu que le soleil s'était levé derrière les grandes fenêtres, et même s'ils ne faisaient pas beaucoup de bruit, ils en faisaient quand même un peu.

D'après Bethney, il y avait bien un sixième sens pour comprendre les gens, quelque chose d'inné, donc, comme voir ou entendre, et qui ne pouvait pas s'apprendre, comme lire ou parler; parce qu'un aveugle, eh ben vous pouviez lui expliquer tout ce que vous vouliez sur le fait de voir, il ne pourrait jamais y arriver parce que c'était dans son cerveau que ça ne marchait pas, ou dans ses yeux, et on n'y pouvait rien. Alors il pouvait essayer, l'aveugle, de compenser le fait de ne pas y voir en faisant plus attention à ce qu'il entendait, ou à ce qu'il sentait, mais il n'arriverait jamais à voir pour de vrai, et il y avait des trucs qu'il ne serait jamais capable de faire aussi bien que les gens qui voyaient vraiment, aussi poussées et ingénieuses que soient ses stratégies pour faire avec, ou plutôt pour faire sans, par exemple trouver Charlie. Donc Bethney et Brenda et tous les gens qui n'avaient pas le sixième sens de comprendre les gens ne pourraient jamais y parvenir aussi bien que ceux qui le possédaient.

Brenda ne mit pas un instant en doute les explications que Bethney lui donna avec sa voix toute douce et toute tranquille, tout simplement parce que:


  1. Cela confirmait ce qu'elle avait toujours pensé, et si elle n'était pas la seule à y avoir pensé c'était qu'il y avait de fortes chances que ce ne soit pas complètement faux;
  2. Bethney, elle était grande, et elle disait qu'elle était pareille qu'elle, qu'elle ne comprenait pas toujours les gens, donc elle avait forcément dû faire comme elle à un moment donné, se renseigner.


Mais d'après la grande, on pouvait compenser, comme les aveugles, en analysant ce que les gens faisaient; et Brenda, qui sentit que c'était là quelque chose d'important, se pencha sous la table, sortit de son cartable une feuille à petits carreaux, un critérium et un double-décimètre et elle y écrivit avec application le conseil de la Grande: "Il faut se baser sur la logique et l'observation", phrase qu'elle souligna de cinq traits bien droits.

-Donc ce qu'ils ressentent on peu le voir? s'enquit-elle.

Elle leva un regard sceptique vers Bethney.

-Mais j'ai déjà essayé, d'apprendre, c'est la psychologue qui m'a dit de faire ça, de noter dans un cahier ce que ça voulait dire, le visage des gens, par exemple quand les coins de leur bouche tombe ils sont soit fâchés soit tristes, quand leurs sourcils se rejoignent au milieu ils sont en colère.

Elle tâcha de mimer la colère pour illustrer ses propos, autant pour elle que pour la vert et argent.

-Mais ça marche pas très bien, parce que des fois ils font comme s'ils étaient en colère mais en fait non. Et puis ça va vite, ils froncent les sourcils et tout de suite derrière ils les défroncent et leur visage bouge tout le temps, et il y a souvent plein de signes en même temps, alors on se perd, ke pense pas que ça fonctionne... Par exemple, là, vous savez ce que je pense, moi? Ou - elle désigna le grand de Serdaigle, celui avec les lunettes et qui était Préfet et qui était assis à la table de derrière - lui?


Mais son aînée lui avait posé une question, aussi Brenda mit-elle de côté sa feuille pour y réfléchir sérieusement. Quelqu'un qu'elle aimait bien?...


-J'aime bien, commença-t-elle...

C'était quoi, au juste, quelqu'un qu'on aimait bien? Quelqu'un avec qui on aimait bien passer du temps? Mais elle ne prenait que rarement du plaisir à passer du temps avec des gens, généralement, ça la mettait mal à l'aise et lui demandait trop d'efforts pour qu'elle puisse trouver l'exercice appréciable. Quelqu'un, alors, avec qui on aimerait bien bien aimer passer du temps.

Dans ce cas, elle pouvait répondre. Elle aimait bien regarder le Grand faire des pliages, écouter Amaranth parler (c'était facile), elle aimait le bruit des bottes de Mr Monroe, alors ça devait vouloir dire qu'elle les aimait bien. Et elle aurait bien aimé que les autres Première Année soient ses amis, Alicia et Jason, et Narcisse, et Lancelot et Loki, même si elle n'était toujours pas convaincue que c'était vraiment bien, l'amitié, mais elle était curieuse et si elle avait pu avoir des amis, à titre expérimental, c'est eux qu'elle aurait choisis, alors sans doute qu'eux aussi elle les aimait bien.


-Oui, j'aime bien des gens, répondit-elle donc. Mais comment on fait pour qu'ils soient nos amis, les gens qu'on aime bien? Vous, toi, comment tu as fait pour qu'ils deviennent tes amis, tes amis? Comment on fait?
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Bethney E. Redwyn
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MessageSujet: Re: [Clos] People Are Strange | Beth   Mar 30 Oct - 18:12

    Désolé du temps de réponse Embarassed

    Brenda prenait des notes, ce qui la fit sourire. Pas un sourire moqueur, au contraire, elle appréciait ce comportement. Demander, analyser la réponse, noter, retenir. Toute une procédure qui permettait d’accumuler des connaissances. Elle n’aimait pas les gens qui, en cours, ne se sentaient pas obliger d’écrire. Elle avait une très bonne mémoire, mais pour elle, mettre quelque chose à l’écrit permettait d’être sûr de ne pas l’oublier, mais aussi de donner une importance à ce qu’on lui enseignait. Cela était forcément important puisqu’elle l’avait écrit.

    La première année avait l’air assez sceptique sur ce que Bethney lui disait. Elle prétendait avoir déjà essayé, mais ses techniques paraissaient assez inefficaces. Pas étonnant, les personnes n’étaient pas que des visages. Le plus compliqué, dans ce genre d’analyse, c’est qu’il fallait tenir compte d’un très grand nombre de paramètres, pour arriver à une conclusion comique. Elle passa outre l’intriguant mot "psychologue", qui devait être un genre de psychomage moldu, les deux mots étant semblables. D’ailleurs, Jodie n’avait-elle pas déjà prononcé ce mot ? Sûrement. Elle se reconcentra sur ce que lui disait Brenda. Elle avait raison, un autre point compliqué était de savoir différencier les émotions réelles des autres. C’était ce qui lui avait posé de gros problèmes, aujourd’hui encore, elle avait du mal avec ça. Le second degré et le sarcasme lui posaient particulièrement problème, son sens de l’humour étant assez réduit.

    — Je te jure que cela fonctionne. Le problème, c’est qu’il ne faut pas se contenter d’observer les visages. C’est un point important, bien sûr, mais ce genre d’analyse se base sur plusieurs choses. Comme tu l’as fait remarquer, l’expression des visages, mais il faut aussi prendre en compte la voix – en particulier les changements par rapport à la voix normale de la personne – ou le contexte dans lequel tu lui parles. Il faut aussi, si tu connais la personne, garder à l’esprit le caractère de ton interlocuteur, pour que ton analyse puisse être cohérente et ton résultat exact. C’est compliqué, mais il faut vraiment faire attention à toutes les informations que tu peux obtenir, ou presque.

    Oui, elle en parlait comme d’une science, mais c’était presque ça pour elle. D’ailleurs, les moldus comme les sorciers n’étudiaient-ils pas le comportement humain pour faire des recherches ? Elle faisait la même chose, mais au lieu d’avoir pour base des résultats d’autres personnes, elle utilisait sa logique et ses expériences antérieures. Elle ne pouvait compter que sur elle-même.

    Brenda lui demanda si justement, elle arrivait à appliquer son raisonnement pour savoir ce qu’elle pensait en ce moment, ou l’humeur du préfet des Serdaigle. Elle demandait une sorte de preuve, c’était logique. Beth avait déjà commencé à essayer de cerner la petite, comme elle le faisait avec tout le monde. Elle avait déjà réussi à rassemble quelques pièces du puzzle de la première année. Elle ne savait pas analyser les réactions humaines. Elle avait déjà dû voir des spécialistes pour ça. Sa demande qu’on lui fournisse quelque chose ressemblant à une preuve prouvait qu’elle avait besoin de se baser sur quelque chose pour la croire. Ses références aux nombres laissaient penser qu’elle aimait les mathématiques. Bethney accumulait ces informations, pour dresser un portrait clair dans son esprit. Elle trouvait Brenda vraiment très intéressante, avec ces questions intelligentes et son comportement atypique.

    — Je pourrais effectivement appliquer ce que je t’ai expliqué pour tenter de deviner des choses sur toi. Ou sur ce garçon aussi, pour information, il s’appelle Stewart Arckeley. Tu vois, il l’air concentré, les traits tirés. Il tourne rapidement les pages de ses livres, et écris assez nerveusement. Il travaille. Je pense qu’il a un devoir important à rendre, et qu’il veut s’en occuper au plus vite.Ça, c’est ce que je peux te dire en observant son visage. Il a l’air fatigué aussi, et énervé. Je sais que les Gryffondor et les Serdaigle partagent la même salle commune, et que les Gryffondor sont des personnes assez agitées. Je sais aussi que Stewart est quelqu’un qui aime le calme est l’ordre. Donc, je peux dire qu’il en a assez que l’on occuper sa salle commune, en me basant sur le contexte actuel et ce que je sais de Stewart. Si je lui parlais, je prendrais en compte les informations qu’il me donne et la tonalité de sa voix. Bien sûr, je ne peux pas confirmer ce que je te dis, pour ça, il faudrait que je lui demande. Mais je pense avoir raison.

    Si Bethney savait qui était Sherlock Holmes, elle aurait eu une profonde admiration pour le détective. La logique de ces raisonnements, son sens de l’observation, ses capacités de déduction… Tout cela l’aurait incité au plus grand respect. Mais elle ne connaissait pas Sherlock Holmes, et devait se contenter d’expliquer à Brenda en essayant d’être claire. Elle observa attentivement la première année.

    — Quand à toi… Je pense que ce que je te raconte t’intrigue, mais t’intéresse. Je pense que tu as un peu peur aussi, peur d’être anormale. En tout cas, tu en donne l’impression.

    Elle n’ajouta rien d’autre, se contentant de jeter un coup d’œil au calcul qu’elle avait laissé inachevé. Elle n’aimait pas laisser ses travaux de côté, surtout lorsqu’ils n’étaient pas terminés. Elle attrapa sa plume, et ajouta son dernier résultat. Voilà, c’était fini, elle pouvait passer à autre chose et reprendre sa conversation. Oui, pour Bethney, la terre ne pouvait continuer à tourner que si elle finissait ce qu’elle avait à faire, en l’occurrence son arithmancie adorée.

    — C’est bien d’aimer certaines personnes, approuva-t-elle tout en acquiesçant. Elle réfléchit un instant à la question de Brenda. Elle ne posait décidément que des questions compliquées. Hum… Pour que les gens soient tes amis, il faut d’abord que tu les respecte, je pense. Que tu sois gentil avec eux aussi. Que tu leur parles, et que tu les écoute. Si tu aimes bien quelqu’un, ça peut être très facile. Si tu as des points communs avec tes amis, c’est mieux je pense. Mais je crois que ce n’est pas forcement obligatoire. C’est mieux d’avoir confiance en ses amis aussi. Je pense que là encore, beaucoup de paramètres comptent. Elle s’arrêta un instant. Mais tu dois aussi faire attention à ne pas changer tout ton comportement. Tu dois être toi, avant tout. Tu peux essayer d’être différente de ce que tu es, mais tu verras que c’est très dur. Tu dois faire attention à ce qu’aiment les autres, mais les autres doivent aussi faire attention à ce que tu aimes aussi. Sinon, tu te sentiras mal.

    Après avoir longuement regardé la première année, Beth jeta finalement un coup d'oeil à l'horloge sorcière sur le mur d'en face. Neuf heures moins le quart. Les premières années avaient cours de Défense Contre les Forces du Mal à neuf heures, si ça mémoire ne lui faisait pas défaut (Oui, elle avait mémorisé l'emploi du temps des années inférieures, mais c'était important quand on devait savoir où était une personne à suivre à chaque moment de la journée @__@) (A part ça, non, elle n'était pas folle).

    — Hum, il me semble que ton prochain cours début bientôt. Tu devrais y aller, ce n'est pas une bonne chose d'arriver en retard. Mais si tu veux reprendre cette conversation à un autre moment, j'en serais ravie. Si tu as besoin d'aide, n'hésite surtout pas.

    Elle adressa un sourire gentil à cette petite qu'elle trouvait adorable. Elle aurait bien aimé pouvoir l'aider un peu plus. Elle se fit la promesse de la surveiller un peu, par la suite, pour qu'il ne lui arrive pas d'ennui. C'était si facile de se laisser marcher dessus, à Poudlard, et elle n'avait pas l'air d'être totalement en phase avec ce château. Tout comme elle-même au début. Elle regarda pensivement Brenda s'éloigner, avant de se reprendre et de replonger dans ses calculs. Il ne fallait quand même pas oublier les priorités.


~ CLOS ~
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