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 [Clos] So much to live for, so much to die for | OS - 14/10/99

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Elrik H. Monroe
Unbowed, Unbent, Unbrokenh
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MessageSujet: [Clos] So much to live for, so much to die for | OS - 14/10/99    Jeu 14 Fév - 10:26

    La porte des cachots se refermait tout juste. Elrik leva la tête, tandis que la pression exercée sur les gongs émettaient un long grincement. L'éclat rouge de l'écharpe gryffondor portée par l'élève s'échappant de sa salle resta imprimé dans son champ de vision durant quelques secondes. Le temps que les mots, la discussion ne se posent, sages, dans son esprit. Il prit le temps de trier correctement les informations, de les assimiler dans leur totalité, de souffler. Toutefois l’étonnement d’Elrik suite à ce qui venait de se produire continua de le marquer. Etonnant, oui, qu'un gryffondor de l'acabit de Joren Sways vienne – de son plein gré – lui demander des conseils à lui, en vue de devenir "une personne meilleure". Monroe n'avait pas l'impression d'être le modèle idéal pour le garçon. Mais c'était pourtant lui que le gryffon était venu trouver. Et jamais, malgré son embarras, son impression d'imposture scandaleuse, Monroe n'aurait repoussé le gamin tandis que celui-ci voulait lui tendre la main. Elrik était beaucoup de chose. Rabat-joie, dépourvu de tact, brusque, bougon, coincé, introverti, trop rigide, frigide etc etc les adjectifs pas franchement glorieux ne manquaient pas à l'appel. En outre, il voyait d'un mauvais œil le fait que d'autres personnes dépendent de lui... depuis qu'il avait quitté l'armée, il ne cessait de transgresser cette limite hélas. Du moins l’impression de franchir la ligne interdite ne cessait de lui tenailler la conscience. Bien sûr, il ne fallait pas confondre accomplir son devoir ou aider son prochain et s'attacher à autrui. Voilà. C'était ce que Monroe se répétait pour éviter de s'épouvanter et de culpabiliser. Il ne flanchait pas... il ne s'attachait pas, personne ne dépendait de lui plus que d'un autre. Tout cela n'était qu'affaire de générosité, d'altruisme, d'aide. Des valeurs que l'homme se devait d'observer. Il le faisait volontiers, plutôt deux fois qu'une. Voilà tout. Aucun sentiment ne venait se mêler à ces équations. Non, surtout pas. Le soldat ne voulait rendre personne malheureux ni ne méritait qu'on lui accorde plus d'intérêt que nécessaire. Alors autant ne pas s'attacher.
    Surtout pas.

    Non, bien sûr.
    Trop tard ? Comment ça, trop tard ? En aucune façon !

    La porte des cachots grinça de nouveau. Les pensées agitées noyant le cerveau de Monroe le rendirent peu soigneux, alors l’intrusion soudaine le surprit. Il se coupa avec les couteaux ramassés sur les paillasses des élèves, laissées en désordre. Le maladroit retint le vilain juron brûlant ses lèvres et suçota la plaie bénigne mais fort désagréable à la jointure de son pouce et son index. Deux silhouettes venaient de débarquer dans ses cachots, au moment où l’ancien poufsouffle portait son regard dans la direction de l'entrée. Alors les yeux d'Elrik s'écarquillèrent. Dans le fond de ses prunelles noisette crépitait une fine étincelle d'inquiétude.
    Non Soldat, en effet, le mal n'est pas du tout déjà fait.

    Les pas précipités du Légionnaire l'amenèrent fissa devant le jeune garçon investissant la pièce, aux côtés d'une demoiselle blonde. La fille avait la main sur l’épaule du garçon, et la mine sombre de celui-ci créa dans le corps du professeur d’agaçantes palpitations d'impatience.

    « Loki?Qu'estchquichpache ? » Elrik retira sa main de sa bouche, avalant sa salive en secouant la tête, agacé par lui-même. « Qu'est-ce qui se passe ?! » répéta-t-il. Le ton brusque de sa voix trahissait son appréhension, pour qui le connaissait bien. « Arcker ? » Diable ! Pourquoi personne ne lui répondait ? Loki gardait la tête baissée, et la troisième année prit la parole au bout d’une poignée d’interminables secondes.

    « Il voulait venir vous voir, alors je l'ai accompagné, c'est tout. » déclara-t-elle en haussant les épaules. Amaranth n'avait pas exactement compris pourquoi Loki avait refusé de se rendre dans leur salle commune, au calme, ou encore à l'infirmerie. Il n'avait désiré voir personne d'autre que leur directeur de maison. Peut-être était-il masochiste. Les bizarreries chez ses camarades n'étonnaient plus la poufsouffle. Du reste, elle agissait toujours comme si rien ne l'étonnait plus, ni ne la touchait. Néanmoins, devant la mine déconfite de son camarade à la sortie du cours de Sortilège, l’adolescente avait tout de même tenu à s'assurer qu'il irait bien. Loki le cachait de son mieux, en inspirant profondément, mais il avait les yeux luisant d'émotion, et désespérait de pouvoir déverser toute la tension et la déception occasionnées par l'exercice de sorts.
    Impatient et incapable d’observer le visage du même, Elrik usa de son tact habituel pour avancer sa main vers lui. Il comptait bien l’attraper par le menton et le lever vers lui. Mais à son approche, le Première année tourna la tête, évitant sa main de manière claire. Sur le champ, Monroe freina son geste sans insister, comme retenu par un filet d’anxiété lui collant de désagréables frissons. La seconde suivante, le militaire braquait son regard interrogateur sur Amaranth, et remarqua qu'elle portait d'étranges marques rouges sur les joues. Son sang ne fit qu'un tour.

    « Vous allez me dire ce qui s'est passé bon Dieu ! » s'impatienta-t-il en exécutant une gestuelle agacée avec ses deux mains. Masquer son inquiétude par une brusque sévérité était toujours plus simple. Il se mordit cependant l'intérieur de la joue. Bravo pour le blasphème. Contrôle-toi Soldat ! Mais son regard allant de Loki à Amaranth de plus en plus vite, ne l'aidait que moyennement à conserver son sang-froid. « Elles viennent d'où ces marques ? Ce sont des coups ? Tu t'es battue Arcker ?
    - Bah... » commença la Troisième Année en constatant que son jeune camarade refusait toujours de parler. Elle se sentait rougir mais il valait mieux parler avant que le Général Casse-Pied ne s'imagine n'importe quoi. Amaranth, se battre ? Oh mais non alors ! Hum.
    « Non, c'est juste le cours de sortilèges, c'était un peu la folie furieuse... » Très incertaine, le regard de la demoiselle chuta dès sa phrase débutée. La posture d'Elrik, les épaules redressées, les bras croisés sur son torse, comme impossible à dénouer ainsi que ses sourcils froncés dans sa direction ne la mettait pas très à l'aise, avouons-le. A côté d'elle, le petit Loki dérobait toujours son regard vers le sol de la pièce et lui aussi, croisait les bras d'un air sauvage. Il avait du reste dégagé son épaule de la main de la jeune fille et fait un pas de côté. De temps à autre, il lançait un regard en coin, furtif vers Elrik, en veillant soigneusement à ne pas l'affronter.

    « Le cours de Sortilèges ? » reprit Elrik.
    C'était un peu mince comme explication.

    « Il y avait des balles qui volaient dans tous les sens, et il fallait les immobiliser... ou se les prendre dans la face. » soupira Amaranth, résignée à dire la vérité toute la vérité m’sieur le Juge (ou presque) ! Puisqu'Elrik avait toujours l'air d'être dans l'expectative, elle ajouta d'un ton pressé. « Alors on n'a pas réussi à les immobiliser. Enfin pas toutes... »

    Bien, les explications faisaient sens. « Ce sont les balles qui t'ont marqué comme ça ? » Un nouveau frisson lui agaça les muscles. Cette fois-ci il s'approcha de Loki et ce dernier ne réussit pas à l'esquiver. Elrik bénéficia d'une à deux secondes pour l'attraper sous le menton et relever enfin son visage vers lui. Il y avait une grosse marque rouge sur sa joue, une sur son front. D'un mouvement vif, Loki se dégagea. Une moue boudeuse lui allourdissait les traits.

    « En plus la prof était même pas là, elle nous a laissés comme ça, comme des idiots, dans sa salle avec son exercice tout pourri et... et c'est pas juste, et… » Il ne parvint pas à terminer son intervention, car sa voix s'étrangla dans sa gorge. De dépit, le jeune sorcier ferma la bouche et se renfrogna d'avantage encore. Elrik fut gagné par une intense vague de chaleur, un soulagement mêlé de tristesse, le tout gouverné par une douceur dont il n'avait pas vraiment l'habitude. Mais la manifestation physique tourbillonnant en lui était impossible à ignorer. Il essaya de garder sa figure stoïque, mais poussa un profond soupire, tout en posant sa main sur la chevelure brune de Loki. Ce n'était pas grave. C'était juste une petite chute à l'entraînement. Les vraies blessures n’étaient pas spécialement physiques. Il s'en remettrait. Oui il s'en remettrait... bien que soulagé et convaincu de cela, Elrik ne pouvait s'empêcher de fixer le jeune garçon, en sentant son cœur se comprimer dans sa cage thoracique. Le voir dans cet état donnait un relief effrayant à son impuissance quant à rassurer les gens. Ceux qui comptaient. Autre constatation effrayante : il existait réellement des gens qui comptaient.

    Amaranth parut surprise par le geste et, comme si elle ne savait plus très bien où se mettre, la jeune sorcière choisit de pivoter vers la sortie.

    « Voilà. Bon bah voilà. Y a rien d'autres à dire, je vous laisse.
    - Une minute Arcker. » Elle stoppa son demi-tour et haussa ses yeux clairs vers son professeur. Elrik avait le souffle court. Il fouilla néanmoins dans sa poche, une de ses nombreuses poches. Ses gestes étaient très rigides, mais il faudrait faire avec. De sa main brusque, il attrapa celle de la jeune fille pour lui confier une petite fiole de remède. « Une noisette seulement, sur tes bleus, et il n'y aura plus rien.
    - Oh. Merci...
    - Ça va aller ?
    - Oh, bah oui. Bien sûr. Ce n'était pas le cours le plus éprouvant de ma vie, vous savez. Il y a de la marge encore. » Elle lui adressa un sourire qu'il ne sut déchiffrer, puis ne demandant pas son reste, elle quitta la salle sans faire de bruit. Même lorsqu'elle referma la porte, elle y mit tant de précaution qu'on n'entendit pas ce fichu panneau de bois grincer. Pour une fois.
    Alors, Elrik tourna la tête à l'endroit où se tenait Loki, pour se rendre compte que celui-ci avait bougé. Le jeune garçon s'était approché d'un plan de travail, avait attrapé une graine d'algues à strangulot, puis jouait, d'un geste machinal, à la faire rouler dans un sens et dans l'autre sur la surface plane. Monroe prit le temps de terminer de rassembler les ustensiles tout comme il le faisait avant que l'enfant ne débarque. Ce n'était pas la peine de lui sauter dessus tout de suite. A l'orphelinat où ils s'étaient rencontrés l'an passé, au fil du temps, Elrik avait appris à gérer ce garçon, un minimum. Mieux valait lui laisser faire les premiers pas. Même s'il bouillonnait d'une envie d'agir, de l'aider, assez viscérale. Il ne savait pas comment faire pour ne pas paraître brusque, et... cela ne lui arrivait bien qu'en face de Thorn d’ailleurs. Elrik avait conscience de son manque de tact, et essayait d'y remédier, à sa façon, laborieuse et maladroite.

    De son côté Loki continuait de faire les cent pas, tripotant des objets sur les tables en les contournant, levant régulièrement son regard vers Elrik quand ce dernier baissait le sien. Ainsi continuèrent-ils leur manège en laissant les minutes s'étirer, paresseuses. Une fois les plans de travail nickel, les ustensiles rangés à leur place, bien à leur place, le professeur de potions partit s'assoir à son bureau, dénichant une pile de parchemins sous des ouvrages volumineux entassés au coin du meuble. L’homme entreprit de les parcourir, en se frottant le bout du menton. Il se maudissait intérieurement de jouer cette mascarade, parce que ses yeux avaient beau visualiser les caractères inscrits sur les feuilles jaunies, aucun des mots ne s'imprimaient dans son esprit. Il n'y avait que le petit dans sa tête. Et sa patience avait des limites malgré tout. Comme Loki commençait à connaître Elrik, aussi bien que l'inverse, il s'aventura enfin près de son bureau, s’appuyant contre le meuble, juste à côté de l'adulte. Il reniflait bruyamment. Ses doigts effleurèrent les marques rougissant ses joues puis il marmonna d'une voix incertaine.
    « Est-ce que c'est vraiment très moche à voir ? »
    Elrik se sentit désarçonné par cette entrée en matière, elle avait manqué de lui faire perdre son sang-froid, en l'envahissant d'une envie de rire. Non pas moqueuse, mais juste attendrie. Il parvint néanmoins à garder son sérieux, en se reculant dans son siège pour mieux englober l'enfant de son regard.
    « C'est ce qui t'inquiète ? Rassure-toi, les blessures de guerre sont toujours du plus bel effet. »
    Loki lui adressa un sourire timide, peu convaincu, puis haussa les épaules.
    « Bah comme blessure de guerre y a sûrement plus impressionnant. Tu en as toi ? »
    Rik haussa les sourcils puis secoua la tête.
    « Bien sûr que si ! C'est obligé. Montre ! Allez, s'te plait »
    Monroe hésita un instant, en soumettant ses doigts à une tension désagréable tandis qu'il les tordait les uns entre les autres, entre ses mains jointes. Finalement, le militaire hocha la tête et s’extirpa de son fauteuil. Il releva sa chemise sur son torse et indiqua un peu au-dessus de l'estomac, une cicatrice brune. Une virgule franche et nette qui s'étendait sur une bonne douzaine de centimètres. Ce n'était pas grand-chose en réalité.
    « Ma première rencontre en tête à tête avec un géant, enfin avec son poignard surtout. » dit-il en amorçant le mouvement pour remettre son vêtement correctement.
    « Oh. » commenta Loki, en arrêtant le geste de son professeur, le temps de pointer sa hanche de son index, la seconde suivante. « Et celle-là ? »
    Elrik baissa les yeux.
    Oh, celle-là. Monroe déglutit en fixant pendant plusieurs secondes la plus ancienne des marques signant son corps.

    « Un Mangemort. » laissa-t-il échapper, d’avantage sur un coup de tête qu’après une réelle réflexion.

    C'était une longue estafilade, qui courrait le long de sa hanche, filait même après le bord de son pantalon. Epaisse bande de peau plus claire au centre, imberbe, d'un bon centimètre d'épaisseur. Ce n'était pas très beau à voir. Elle était zébrée par endroits de traces de griffures inégales. Ce coin de son corps le démangeait souvent, l'avait démangé fort, très fort, par le passé. D'où ces marques supplémentaires, prenant leur temps pour s'estomper.

    « Un mangemort... ? » répéta Loki en un souffle à peine audible. Cette fois-ci Elrik remit sa chemise en place, puis se rassit avec calme. Posant une main sur chaque un genou, il considéra en face de lui, le jeune sorcier un peu déboussolé par l'évocation de ce mot. Attentif à la moindre micro expression de son visage, Elrik parvenait à ignorer par un heureux effort les visions de son frère, voulant se superposer à celle du gamin.

    « C'est toi qui as gagné contre ce mangemort hein ? J'espère que tu l'as pas épargné ! » finit par conclure Thorn, d'un ton plutôt rude, en fronçant les sourcils.

    Un mangemort avait tué ses parents, après tout. Cela leur faisait un point de plus en commun. Elrik soupira... en songeant avec honte qu'il aurait voulu, terriblement voulu, que Loki ait raison. Même vingt ans après, le fiel de sa vengeance était encore présent, toujours quelque part à guetter le moment propice où il pourrait à nouveau, à loisir, parcourir les veines de son corps. C'était vain, douloureux et effroyablement mauvais. Dieu l'en préservait. Elrik se contenta de hocher la tête, après avoir songé à une prière express et fermé les yeux le temps de l'énoncer en silence dans les recoins de son esprit.

    « Il a eu ce qu'il méritait. » Hélas, c'était tellement faux. Il avait dû mourir à Azkaban, tout simplement. Elrik n'en savait rien. La dernière chose à faire était d'aller s'en enquérir.
    « Moi j'aurai jamais gagné. »
    * Oh mais je n'ai pas gagné... *
    « Qu'est-ce que tu racontes ?
    - Je suis nul comme sorcier. J'ai même pas réussi un seul immobulus. C'est naze... J'ai pris toutes les balles dans la tête, tout le monde l'a vu, et tout le monde va le voir encore, ils vont tous se moquer. Ils sauront tous que je sais même pas faire ce sort. C'est la honte... »
    Heureusement que le jeune garçon baissait la tête, car Elrik se surprit à sourire. C’était nerveux. Il se sentait dangereusement gagné par la détresse du petit. Tout cela lui imposait encore des impressions de déjà-vu si limpides, que ses lèvres s'étaient contractées sous un rictus d'émotion qu'il contrôlait mal. Pour autant, Rik fit en sorte au bout de quelques courtes secondes, de reprendre le dessus. Il s'éclaircit la voix le temps de se redonner contenance.

    « Il y a plusieurs façons d'être un bon sorcier Loki. Tu veux t'avouer vaincu avant d'avoir tout essayer ? » L'intéressé haussa les épaules en ronchonnant. « Dans ce cas, je peux te raccompagner à l'orphelinat tout de suite. Plus simple !
    - Ah NON ! » s'indigna-t-il avec force en le perçant d'un regard accusateur.
    « Ah, tu me rassures. » Elrik eut droit à un autre haussement d'épaules, mais ça lui suffisait. Le buste du jeune garçon se soulevait lentement, et retombait dans un même mouvement prolongé. Il cherchait à se raccrocher à de profondes respirations pour ne pas craquer. Elrik avança sa main jusqu'à son épaule, le saisissant avec vigueur. Le petit ne chercha plus à se défiler. Il calma sa respiration et sembla se concentrer sur ce contact.
    « Tu m'laches pas. » glapit-il en faisant peser sur lui un regard lourd de reproches mêlé d’espoir et de défi.
    La réponse lui vint du tac-o-tac.
    « A la vie, à la mort et même au-delà. Tu te débarrasseras pas de moi comme ça. »
    Bordel.
    - Me lâche pas Corwin. Me lâche pas.
    - A la vie, à la mort et même au-delà, Elrik. Tu peux pas te débarrasser de moi. Tu peux pas.
    - Tant mieux.


    « Tant mieux. » soupira Loki, tandis qu'Elrik retenait avec le plus de difficulté possible les tremblements sa main, posée sur l'épaule du gamin. Le temps que le jeune sorcier efface d'un geste, les menaces de larmes lui piquant les yeux, Elrik fit en sorte de se ressaisir un peu mieux que ça. Et comme si de rien était, il enchaîna, très sérieux. « Laisse-toi le temps d'apprendre à la manier, ta baguette. Personne n'a dit que c'était facile. Tu veux que je te dise ? Je ne sais pas faire un immobulus. Pas grave, on a d'autres trucs en ressources. Je t'apprendrai. Tu sauras tout maîtriser en fin de compte, comme ça. Est-ce que ça te parait correct ? »
    Il reçut une approbation certes timide, mais sans ambigüité non plus. Parfait !
    Alors, le sorcier s'avança davantage sur son siège et bougea sa main jusqu'au visage de Loki, en tentant de faire preuve de plus de douceur. Il indiqua les marques rouges laissées par les coups de balles, imprimés sur sa peau.
    « Je t'efface ça ? »

    En reniflant, Loki acquiesça à nouveau, par un bref hochement de tête. C'était comme si l'on venait de lui ôter un pénible poids des épaules. C'était dérisoire pourtant, une sensation pareille juste parce que le môme acceptait son aide. Oui, Elrik se trouvait sur le coup un peu stupide. Il chassa ce sentiment du mieux qu'il le put, et se concentra sur l'essentiel : soigner le gamin, s'assurer qu'il allait bien au lieu de s'attarder sur la chaleureuse affection que tout cela distillait dans sa morne existence. Ça n'avait pas de raison d'être, c'était futile. Egoïste, surtout. Très. Très égoïste. Ça ne faisait pas partie du plan. Avant que son cœur ne s'emballe, emportée par une crainte sans nom, Elrik alla chercher une autre fiole d'onguent de soin mineur, et revint à sa place pour s'acquitter de sa tâche.
    Ses gestes étaient toujours un peu bourrus, mais ça ne sembla pas déranger le Première Année. Bien au contraire, il avait gardé le silence en se laissant gagner par un sourire paisible.

    « Voilà. Comme neuf ! » conclut le militaire, en donnant à sa jeune recrue une bonne tape sur l'épaule.

    Loki hocha la tête. Elrik avait détourné les yeux pour s'affairer à présent à ranger les onguents, les papiers sur son bureau. Il se sentait enfin plus tranquille, plus maître de lui-même et de ses émotions. Hors question de se laisser encore envahir par des flashback ridicules ou des impressions trompeuses. Il avait un rôle à tenir bon sang ! Aussi Rik s'apprêta-t-il à se lever, et ses yeux suivant le mouvement vers le haut eurent juste le temps de rencontrer le première Année qui fondait vers lui. Le môme lui coupa le souffle tant il fit peser tout son poids sur son torse. Ce n'était qu'un poids-plume, ce gamin, mais le cœur qu'il avait mis dans son élan lui avait conféré une force qu'Elrik avait sous-estimé. Loki jeta aussitôt ses bras autour de ses épaules, et colla sa tête contre la sienne.
    Ce n'était pas la première fois que Loki lui sautait dessus comme cela. Or, ces gestes bouleversaient le légionnaire comme si c'était le cas. A ceci près que la première fois, Elrik avait repoussé Loki. Même chose la seconde fois. Ensuite, un peu moins. La réticence et la frousse s'évanouissaient davantage à chaque contact. Là, Monroe passa son bras dans le dos du jeune Thorn et le pressa contre lui, fermant les yeux en coupant court à toutes réflexions. Les mains du garçon comprimèrent le tissu de la chemise du sorcier, si fort que la pression qu'Elrik ressentit à cet endroit lui intima l'ordre de le serrer d'autant plus contre lui. Il y obéit sans sourciller, répondant à l'urgence et au besoin vital de combler le trop grand vide sévissant chez l'un comme chez l'autre.
    Et très simplement, sans un mot, ils s’éloignèrent l’un de l’autre, revenant de loin dans la situation réelle, Poudlard, les cachots, avec mine de rien un peu plus de baume au cœur. Davantage même que s’ils avaient usé de tous les onguents et les remèdes conservés dans les armoires à potion d’Elrik !
    Ce dernier prit alors la parole, ancrant ainsi définitivement leur retour aux impératifs de la réalité.
    « Il reste un peu de temps avant la reprise des cours, tu m'aides ?
    - A quoi ?
    - A faire une potion, bien sûr ! » Après tout, ça avait bien fonctionné sur Ellia, de noyer son chagrin dans le fond d'un chaudron, la dernière fois.

    Loki lui offrit un drôle de rictus, à la fois amusé, pas vraiment convaincu, mais tout de même approbateur. A vrai dire, du moment qu'il restait là, encore un peu, tout lui allait. Cela tombait bien car il en était de même pour Monroe.

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Spoiler:
 


Nous vaincrons lentement, mais sûrement !
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[Clos] So much to live for, so much to die for | OS - 14/10/99

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