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 Une affaire de points de vue

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Calderon R. Pryde
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MessageSujet: Une affaire de points de vue   Sam 30 Mar - 22:14

- Voici votre verre, Monsieur.
- Merci..."


Calderon saisit son whisky et le goûta. Il était frais. Il y avait trois glaçons qui s'entrechoquaient dans un tintement froid, impersonnel et sourd. En le posant, Calderon remarqua sur les rebords du verre des traces. Visiblement, la vaisselle laissait à désirer. Qu'importe, il n'était pas là pour juger de la qualité du mobilier, et certainement pas de la propreté des verres. Si on veut boire dans des choses propres, on ne vient pas au Chaudron Baveur. Il déplia son journal. La Gazette du Sorcier annonçait les dernières nouvelles du monde secret. Plusieurs pages étaient consacrées à la sauterie ministérielle prévue le lendemain. Une occasion pour le gotha sorcier londonien de venir se montrer, réclamer des faveurs et tisser des intrigues. L'enjeu était important pour quelques personnes. Le prix à gagner, ou à perdre en cas d'échec, était significatif. Calderon était invité en tant que membre du Ministère, mais c'était plutôt sa femme qui trépignait. Elle avait ses missions caritatives à défendre, mais aussi ses adversaires à écraser. Calderon priait secrètement que, cette fois, elle ne l'implique pas dans ses manoeuvres politiciennes.

La veille d'évènement de ce genre, Calderon fuyait littéralement le Ministère et sa maison. Depuis le départ des enfants, voilà plus d'un mois, la maison des Pryde était devenue calme. Pour la première fois depuis... longtemps... Calderon et Caitlin se retrouvaient seuls le soir, sans être déranger par Dunstan ou Malone. Et la maison grande, spacieuse et horriblement vide était un spectacle glaçant. Calderon était naturellement mal à l'aise dans des espaces trop vastes, et il lui arrivait d'éprouver du vertige lorsque la nuit tombée, il arpentait les couloirs silencieux de sa maison de Knightsbridge. Caitlin au contraire ne supportait pas que la maison puisse avoir de l'activité alors que les enfants étaient absents. Elle avait donc exigé et obtenu que les domestiques ne logent plus sur place. Et depuis septembre, donc, la maison se vidait vers 18h chaque soir. Une fois ses mondanités quotidiennes terminées, Madame Pryde ne supportait plus de voir quiconque chez elle. Elle restait seule, ou sortait. Combien de fois Calderon était rentré après une journée de travail et avait découvert la maison entièrement vide, avec une assiette posée sur le coin du plan de travail de la cuisine, accompagné d'un mot griffonné ? Et ce n'était pas un mot doux, non, cela aurait été supportable si cela avait le cas. C'était plus direct et franc, tellement plus Skellig. "Voici le reste de mon repas de ce midi que je n'ai pas fini. Sers toi. Signé Cait' ". Les restes de son repas du midi ? Il devait manger ses restes ? Est-ce que lui, il lui ramenait dans une bouteille thermos le reste de la soupe infâme que les elfes du ministère appelaient un repas du midi ? Au fil de cette pensée, Calderon se souvint qu'il faudrait recruter un cuisinier remplaçant, l'ancien étant à Sainte Mangouste suite à une vilaine coupure allant de l'épaule droite au coude gauche (les Aurors n'ont pas encore conclu sur la cause de cette blessure...).

Il avait laissé partir plus tôt les gens du service. Il avait eu une sorte de baisse de motivation en fin de journée, comme si soudainement était tombé sur lui une tonne d'eau glacée. Il avait préféré donc couper court à toute rencontre et s'était enfui, presque comme un voleur, du Ministère. Avant d'échouer au Chaudron, il avait marché dans Londres. Les Moldus préparaient Halloween. Et bientôt arriveraient les décorations des fêtes de fin d'année. Cela faisait bien longtemps que Calderon n'appréciait plus ces fêtes. Il ne savait pas encore où il allait être pour le soir du 31, mais sa femme avait sûrement déjà élaboré plusieurs projets pour eux. Vraisemblablement, espérer une soirée tranquille et paisible à la maison avec les enfants était une utopie. Calderon laissa un sourire arriver à ses lèvres. Il avait du mal à imaginer une soirée de réveillon à 4 à la maison. Caitlin, avec une superbe robe de soirée, mais ne pouvant la montrer à personne. Dunstan coincé chez lui avec ses parents au lieu de passer une bonne soirée avec ses amis. Malone, elle... Peut être qu'elle, elle aimerait de passer une soirée en famille, peut être qu'elle supporterait même les commentaires de son frère. Incorrigibles qu'ils étaient l'un et l'autre. Mais un vrai amour fraternel les unissait. Penser à cela remplissait Calderon d'une fierté paternelle.

Le Chaudron Baveur n'était pas trop plein. Curieux pour un samedi. Il y avait là quelques visages connus. Seuls ou par deux, tout le monde respectait un sorte de silence sacré, dans ce lieu qui n'avait rien de saint. La fatigue, le poids des soucis ou tout simplement l'usure se lisaient sur les visages fermés. Personne n'avait vraiment eu de répit assez long et réparateur depuis plus d'un an. Tant de choses à faire, reconstruire ou réinventer ! Calderon sortit alors une lettre qu'il avait dans la poche. Elle venait de Poudlard. Ellia O'Brian. Il redoutait de découvrir ce qu'elle lui disait, il avait hésité toute la journée à l'ouvrir. Il avait préféré attendre, jusqu’à finalement avoué qu'il n'avait pas envie de l'ouvrir. Il la fourra dans sa poche, il trouverait bien le temps plus tard. Il n'avait aucune envie non plus de penser à son travail. La prise de bec qu'il avait eu quelques jours avant à propos de la gestion de l'école lui avait fait des aigreurs d'estomac. Pire, il avait eu l'impression de découvrir que depuis plus d'un mois il avait été le dindon d'une farce qui s'était jouée sans lui, rendant la victime, lui, encore plus vulnérable. On ne parlait plus de réformes, mais de coupes sèches maintenant. Et en tant que coordinateur au Ministère de la restructuration des outils sorcello-pédagogiques, Calderon sentait bien qu'il allait devoir faire savoir à Minerva McGonagall la diminution des subsides du Ministère, et donc encaisser la réaction ferme de la directrice de Poudlard.

Il était venu ici pour se détendre, et il semble que ce n'était pas, malheureusement, ce que le Destin voulait lui accorder ce soir. Car à l'instant où Calderon terminait de penser à ce qu'il allait devoir faire pour l'école des sorciers, un homme entra dans l'établissement.

Il portait une sorte de redingote. Un manteau de pluie plutôt, un manteau épais fait pour affronter le froid de l'automne londonien. Une sorte d'écharpe entourait le col relevé du manteau. La couleur passée de la laine, d'un vieux rouge qui semblait en outre taché, faisait contraste à la fois avec le gris-noir du manteau et le teint cireux du personnage. D'une taille pas très importante, il semblait maigre, bien qu'une épaisseur trahissait un embonpoint au ventre. Le visage était pâlot et bien que les joues fussent recouvertes d'une barbe naissante, qui aurait pu laisser croire à une savante tentative de manque d'entretient, plusieurs détails montraient qu'en réalité, l'homme ne se rasait pas du tout régulièrement. Les cheveux mi longs flottaient dans un chaos illogique, comme s'il avait mis sa tête dans un énorme aspirateur, ou qu'il avait fait des centaines de vrilles sur un balai. Ses yeux fatigués trahissaient cependant une force, une étincelle discrète montrait que son regard était aiguisé, attentif et ne manquait aucun détail. Surtout pas la présence de Calderon. En quelques enjambés, il arriva à la table de l'huissier. Il fit un postiche de révérence, en s'inclinant et en écartant largement les bras, tel le bouffon devant un roi qu'il moque.

- "Monsieur Pryde, quel honneur !
- Monsieur Cook... Je ne m'attendais pas à vous voir ici... En fait, j'aurais dû m'attendre à vous voir dans cette taverne, d'après votre réputation.
- Peut être... Mais tu aurais été intelligent, tu aurais pu deviner bien avant que j'allais donc arriver, et partir afin de te cacher. Car si ma vue te déplaît tant, je vais donc réagir tel qu'il se doit, en m'installant à ta table.
- La salle est grande, les tables ne sont pas toutes occupées,
dit Calderon en balayant d'un revers de main l'espace, et vous choisissez la mienne.
- J'ai en horreur de boire seul, et tu semblais triste comme un verre vide.
- Je n'ai aucune envie de boire avec vous.
- Qu'importe que tu boives ou non, je ne veux que ta compagnie et ta si délicieuse conversation.
- Qui vous dit que je veux parler avec vous, Hannibal ?
- Peut être parce qu'un homme marié ne passerait pas un samedi soir seul dans un bar. Allons, Cooler, ton jeu est visible. tu es un clown triste, coincé dans un costume trois-pièces trop étroit. Vois ta face, qui est congestionnée par ta cravate. Allons, Calzone, dégage moi donc ce cou !
"

Et tandis qu'il approchait ses mains de la cravate de Calderon et que ce dernier les repoussait fermement, il commanda à haute voix une grosse bouteille et un verre. Car d'après lui, ce soir, deux hommes majeurs allaient boire. Tirant la chaise en face de Calderon, Hannibal s'assit et croisa sur la table ses bras, regardant l'homme en face de lui. Il avait un sourire aux lèvres, un sourire qu'il arborait en toute occasion, et qui le rendait tellement horripilant. Hannibal avait 15 ans de plus que Calderon, mais si on pouvait avoir l'idée vague de son âge, il y avait dans son regard un feu étrange et puissant. Un employé apporta la bouteille commandée et deux verres. Calderon ramassa immédiatement celui qu'on posa devant lui et le tendit au serveur.

- "Merci, je n'en ai pas besoin, je ne boirai pas."

Aussitôt, Cook l'arracha des mains de l'employé et le posa derechef sur la table.

- "Nous verrons, Prydie ! J'ai horreur de boire seul, je te l'ai dit."

Il versa alors dans les deux verres une dose conséquente de la boisson. La teinte était sinistre, et l'odeur forte suggérait que ce tord-boyaux devait titrer à un taux indécent. Visiblement, le vieux avait ses entrée et surtout ses habitudes. Il n'était pas effrayé par la couleur et l'odeur, laissant donc penser qu'il avait l'habitude de boire de tel poison. Hannibal poussa le verre devant Calderon, puis levant le sien, déclama d'une voix forte.

- "Au Ministre ! Puisse-t-il avoir une idée de temps en temps !"

Dans la salle quelques personnes rient à la saillie. Calderon avait la figure fermée. Il pris son verre presque vide de whisky et le porta à sa bouche. Etrangement, le goût âcre lui râpa la langue. Et il avait l'impression que la soirée allait être longue.

- "Fais moi plaisir, Pryde... Bois un coup avec moi..."
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Hannibal C. Cook
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MessageSujet: Re: Une affaire de points de vue   Mar 2 Avr - 19:55

    ▬ Alors Han', qu'est-ce tu vas faire de beau ce soir ? T'es sûr de pas vouloir rester dîner ?
    Nan, c'est bon, merci Dev' ! Tu sais, je crois que ta bonne femme ne m'aime pas beaucoup !
    ▬ Ah, ça … Disons qu'elle garde de mauvais souvenirs !
    Quoi ? L'anniversaire de tes vingt-ans de mariage ? C'était que des strip-teaseuses, pas des escort !
    ▬ Ouais mais devant la belle famille, c'est assez moyen ! Puis y a eu aussi la soirée d'inauguration du Nimbus 2000 !
    Alors là, je t'arrête de suite ! Si ton beau-frère m'avait pas chauffé, il aurait jamais terminé en bocal !
    ▬ Mouais.... En tout cas, elle pense que t'as une mauvaise influence sur moi et les gosses !
    Ils m'adorent tes marmots !
    ▬ Justement !
    … Dis, si tu veux, on va ce faire un tour du monde hein ! Maintenant de suite ! Partir à l'aventure et tout, ça te dis pas ?
    ▬ Non, je suis bien ici, mais merci ! Alors, sinon, t'as des projets d'avenir ?

    Et blablabla... Les conversations entre deux vieux amis, ça dure longtemps en général ! D'ailleurs, Hannibal c'était pointait chez les Whitehorn vers les 15h ! Et après y avoir passé l'après-midi à discuter, parler Quidditch, apprendre le poker aux enfants de Devlin, faire une partie d'échec sorcier, puis finalement, finir avec un verre de Whisky de vingt-ans d'âge dans le bureau de Devlin, prés de la cheminée ! Oui, son meilleur ami n'était pas le poivrot de comptoir comme on pourrait s'y attendre ! Non, c'était Devlin Whitehorn, concepteur et directeur de l'entreprise Nimbus, pas n'importe qui donc ! Une amitié qui remontait à 44 ans et un mois et demi de plus ! Le 31 août, dans le train le menant à Poudlard, Hannibal rencontra Devlin et 44 ans plus tard, ils étaient encore là, ensemble à se faire la conversation, même si leur situation à l'un et à l'autre était bien différente !
    Devlin avait une belle maison dans le Yorkshire, une femme, des enfants, dont un petit-enfant en cours ! Bref, il avait parfaitement réussit ! Si Hannibal avait réussit pendant un moment, cela faisait pas mal d'année qu'il avait dérivé de la petite vie tranquille. Vagabond, solitaire, il était une énigme pour ses proches. Que faisait-il en dehors d'arpenter les îles britanniques et de squatter les comptoirs ? Pas grand chose !

    ▬ T'as vu qu'il cherche un garde-chasse à Poudlard ?
    Ouais, et ?
    ▬ Bah ça pourrait être une idée, non ?
    Moi ? Avec des marmots comme compagnie ? T'as craqué ? Tu me connais mieux que ça, Dev' !
    ▬ Ce que j'en dis, c'est que c'est pas comme être prof, pas de cours à faire, veiller à ce que les gosses ne pénètrent pas dans la forêt, s'assurer que les centaures restent à leur place, faire attention à ce que le parc et tout ça soit entretenu... Bref, toi, en deux coups de baguette, ce sera pas vraiment un problème !
    Ouais, ouais, ouais... Why not ? J'y penserais !

    Vers les vingt-heures, il se décida enfin à partir ! A l'apéro toute la journée, il devait avouer être un peu pété ! Heureusement que le transplanage en état d'ébriété, il avait l'habitude !
    Et hop, direction le Chaudron Baveur, histoire de s'achever !
    Il pénétra donc dans le pub, salua Tom d'un signe de main et c'est à ce moment là qu'il repéra Calderon Pryde, huissier du ministère. Han' le connaissait bien, ils avaient pas mal bossé ensemble. Ils étaient comme l'eau et l'huile !

    Monsieur Pryde, quel honneur !

    Le tout en faisant une sorte de révérence grossière ! Oui, il se foutait de sa gueule ! Une vieille habitude ! Mais que faisait-il là celui-là ?
    Ils échangèrent quelques piques, histoire de dire, qu'entre-eux rien n'avait changé ! Oui, Hannibal ne bossait plus au Ministère depuis trois ans, mais, il ne l'aimait toujours pas et c'était réciproque !
    Il s'installa donc malgré le refus de son interlocuteur. Prendre des nouvelles du Ministère ne pouvait pas lui faire de mal !
    Il commanda ensuite à boire, Whisky, histoire de continuer sur sa lancée ! Même si Calderon semblait refuser ! Il faisait sa pucelle, mais ça lui passerait !

    Nous verrons, Prydie ! J'ai horreur de boire seul, je te l'ai dis !

    Et hop, il servit deux grand verre de 'sky ! Et leva son verre !

    AU MINISTRE ! Puisse-t-il avoir une idée de temps en temps !

    Et il rigola avec l'assemblée dont il connaissait la plupart ! Le ministre ! Kingsley, sacré King ! Collègue de boulot, bon ministre ! Il but une autre gorgée et posa son regard sur Cold !

    Fais moi plaisir Pryde ! Bois un verre avec moi !

    Il lui fit un clin d'oeil et se cala au fond de son siège et porta une nouvelle fois son verre à ses lèvres !

    Alors, que fais-tu dans le coin ? T'as pas un manoir et une petite femme qui t'attends ? Rien de mieux à faire un samedi soir ?

    Comme quoi, l'argent ne fais pas le bonheur !

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Calderon R. Pryde
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MessageSujet: Re: Une affaire de points de vue   Mer 3 Avr - 16:32

Il comprit qu'il ne pourrait pas s'en défaire et qu'il allait devoir le supporter le temps qu'il resterait au Chaudron. Le pire, c'est qu'Hannibal avait poser la question adéquate. Pourquoi rester ici loin de sa maison un samedi soir ? N'avait-il pas une femme ? Et quelle femme ! Celle-là même que nombre de ses collègues lui enviaient. Cette femme belle, intelligente, Sang-Pure. Certaines mauvaises langues ajoutées même qu'elle était trop bien pour lui. Mais Calderon s'en foutait. Il l'aimait, elle l'aimait, chacun avait ses défauts. Il n'était pas question d'en discuter, encore moins avec Hannibal.

- "Je n'ai pas à mes justifier ou expliquer mes choix devant vous, Monsieur Cook. J'ai le choix de passer mes soirées où bon me semble, je m'excuse d'avoir choisi cet établissement. Mais il me parait difficile de trouver un pub où vous n'ayez pas vos habitudes et où votre réputation de consommateur illimité ne soit pas connue."

Il avait voulu être courtois, mais ferme. Sa dernière réplique, il la regretta rapidement, car elle était directe et attaquer bassement Hannibal, trop bassement. En bref, c'était du pain béni pour l'ancien Auror qui savait parfaitement bien négocier ce genre de discussion. Afin de ne pas se laisser prendre à défaut, Calderon réagit assez vite en ajoutant quelques mots, avec un ton un peu plus cordial, mais qui pouvait laisser poindre un peu d'ironie.

- "Mais il serait incorrect de refuser trop directement un cadeau ou simplement une invitation à partager un verre. Nous sommes d'anciens collègues, et Calderon insista sur le terme anciens, et nous avons partager de récentes difficultés que nos caractères divergents ne sauraient totalement effacer."

Pour asseoir ce qu'il disait, Calderon prit une gorgée de son verre. Une horreur. Il le regretta aussitôt. Il aurait dû se douter qu'un homme comme Hannibal ne pouvait boire qu'une telle daube. De l'huile de vidange usagée. Le goût était poisseux, la texture rapeuse et la couleur glauque. Un vert, à regarder de près, avec des nuances de brun. La gorge enflammée, Calderon dût se maitriser pour pouvoir poser son verre sans le reverser. Il regarda Cook, avec une perle de larme à l'oeil. Merde, jura-t-il, même avalée cette horreur semble rester dans la bouche.

Il lui fallut quelques instants, sous le regard visiblement amusé d'Hannibal, pour avoir la certitude qu'il pourrait parler sans avoir pour autant la voix déraillée. Il poussa légèrement son verre. Un peu de boisson était tombé sur la table, laissant une trainée huileuse et un reflet irisant. Secouant légèrement la tête, Calderon saisit la bouteille et regarda. De "Sang de Manticore". Cet alcool de fruit, nommément, était préparé dans des caves au nord de l'Ecosse. On disait que les bouilleurs de cru y ajoutaient un ingrédient secret. D'aucun parlait qu'il s'agissait réellement de sang de Manticore. Une boisson d'homme, indubitablement. Cela faisait des années que Calderon n'avait pas bu un truc pareil...

- "Je suis étonné, Monsieur Cook, de vous savoir..., Calderon toussa un coup, la gorge lui brulait toujours un peu, Pardon... De vous savoir à Londres. J'ai entendu dire qu'après votre démission, certains parlent de renvoi, je ne sais pas, du Ministère, vous aviez quitter l'Angleterre pour découvrir le vaste Monde. Le bureau des Aurors vous manquait il ?"

Pryde se rappela qu'effectivement, la démission d'Hannibal avait pour le moins surpris les gens au Ministère. La période à laquelle elle était advenue était la moins adéquate du moment. Calderon, spécifiquement, y avait vu une tentative de fuite. Cependant, Hannibal avait maintes fois montrer par la suite quelle fidélité aux sorciers l'animait, ce qui n'était pas le cas de la majorité des gens du Ministère alors qui avaient plier l'échine sous le joug des Mangemorts.

- "Vraiment, je suis intrigué par ce retour..."

Il ajouta cela avec un sourire, un peu narquois. Il saisit alors le verre devant lui et but une rasade. Il regretta aussitôt son acte. Il eut l'impression que le Grand Incendie de Londres se déroulait dans la bouche...
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Hannibal C. Cook
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MessageSujet: Re: Une affaire de points de vue   Jeu 4 Avr - 15:40

    Voilà que Pryde sortait les griffes ! Hannibal s'en amusait, comme un petit fou ! Le discours et reproche qu'il lui servit, Hannibal les connaissaient par cœur. Combien de fois lui avait-on dis ? Alcoolique, pilier de comptoir, bois-sang-soif... Et d'autre ! En tout cas, cet réaction, disons, véhémente, faisait dire à Han' qu'il avait touché un point sensible. Ainsi donc Mr. Perfection Pryde avait un problème de ménage ? Intéressant ! La charmante Caitlin Pryde, qu'Hannibal avait vu en quelques occasions, serait-elle infidèle ou trop pénible à vivre ? En tout cas, un couple en déroute, ça fait des amants heureux !

    Son interlocuteur, habile, se rendait compte qu'il s'entraînait sur un sujet sensible en attaquant Hannibal. L'ex-auror n'avait pas de tabou et ne mâchait pas ces mots, voilà la différence entre eux. Et il comptait bien faire en sorte que le huissier n'oublie pas qui il était !

    Ouais, ça serait incorrecte. Et être incorrecte, ce n'est pas dans tes manières n'est-ce pas, Calderon ? Donc, tu vas supporter ma présence d'alcoolique notoire ! C'est hypocrite mais vu que ça fait plus de tort à toi qu'à moi, je m'en soucis pas. Si je peux te chier sur les bottes, je ne m'en prive jamais, tu le sais bien ? Santé !

    Et il avala une gorgée à son tour. Cet alcool, il le connaissait et avait l'habitude, ça piquait, certes, mais c'est ça qui était bon, n'est-ce pas ? Il avouait que c'était pas terrible en goût, mais on attend pas d'un tord-boyau qu'il ai du goût, non ? Il comptait s'enfiler quelques verres, faire la fermeture du Chaudron et aller se coucher ! Pas la peine de sortir les grands-crus, il les appréciaient mieux en d'autre occasions !
    L'alcool semblait délier la langue de son interlocuteur, mais n'altérait en rien son esprit. Car il changea vite de sujet et interrogea Hannibal sur sa présence ici.
    Hein ? Renvoie ? Démission ? Calderon n'était donc pas au courant ? Hannibal haussa un sourcil. Lui, à l'étranger ? Oui, il était allé vite fait en France mais sinon, il n'avait jamais quitté le territoire Britannique.

    J'ai quitté le Bureau à cause de Fudge qui refusait d'accepter le retour du Seigneur des Ténèbres. J'ai démissionné lors de l'évasion des Lestrange, de Dolohov et du reste de la clique. J'avais fais un rapport à Scrimgeour à propos de la véracité des dires de Potter et Dumbledore, mais rien à faire, le Ministère était aveugle. Je suis partis.

    Nouvelle gorgée, histoire de lubrifier le gosier et de continuer à parler.

    Et non, je n'ai pas quitter l'Angleterre. Quand Tu-Sais-Qui a prit le pouvoir, j'ai fais de la résistance, combattu ses rafleurs, j'ai aider à la reconquête du Ministère... Ne me prend pas pour un planqué Pryde, je ne suis pas comme toi ! Je suppose que t'es allé te terrer en Irlande toi !

    Il alla s'enfoncer au fond de son siège et termina son verre d'une traite. Il prit la bouteille, se resservit et resservit aussi Calderon.

    Un alcool d'homme n'est-ce pas ? Maintenant que tu sais ce que j'ai fais depuis toutes ces années, ou en partie, qu'est-ce que t'as à me raconter ? Parce que moi aussi je suis surpris de te voir là ! Le Chaudron, c'est pas ta tasse de thé Pryde ! T'es plus à ta place loin de la plèbe !

    Il lui fit un grand sourire moqueur ! Et avala encore une gorgée, encore une autre !
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Calderon R. Pryde
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MessageSujet: Re: Une affaire de points de vue   Jeu 4 Avr - 17:21

La justification de Cook, Calderon l'avait déjà entendue. Pour dire vrai, il l'avait déjà lue. Lors de la reprise de fonction en tant qu’huissier, sa première mission, qui courait toujours après un an, avait été de vérifier les actions de chaque sorcier ayant côtoyé le Ministère à l’époque pour mettre en évidence ceux qui auraient pu être des complices de Voldemort. La démission d’Hannibal en réaction de l’inaction de Fudge, son retour ensuite comme héros de la résistance jusqu’à la victoire finale, tout cela contribuait à donner de l’ancien cuisinier une image particulièrement positive. Mais Pryde avait eu, lui, le devoir de rester et de protéger un système afin qu’il ne s’écroule pas complètement. Il était demeuré vent debout contre une marée qui venait, ravageant tout sur son passage. Il avait tenté de résister, mais il avait rompu. Entendre de la bouche de cet irrévérencieux qu’il avait été lâche, Calderon ne pouvait le supporter. La bêtise intrinsèque d’Hannibal permettait d’obtenir pour lui plus de tolérance, mais n’autorisait pas tout.

- « C’est ce que vous croyez, sincèrement, Monsieur Cook ? Que je suis parti me « terrer » en Irlande ? »

Calderon sourit, même lorsqu’il avala une rasade de cet alcool de bas-étage. Qu’importe la douleur de sa gorge, car son esprit était déjà chauffé au rouge. Dans ses yeux, une lueur de colère passa. Tremblant légèrement des mains sous le coup d’une fureur ayant du mal à être maitrisée, Calderon reposa son verre et darda Hannibal, qui souriait toujours.

- « J’ai vu s'échouer notre monde sur le rivage, nos principes et nos valeurs sombrer comme des pierres dans l'océan de ténèbres. J’ai vu s’écrouler sous le poids du mensonge et de la négation ce que j’avais essayé de bâtir. J’ai vu mes collègues se faire tuer, d’autres se faire lobotomiser. Et j’ai attendu, espérer… J’ai cru qu’à un moment, les renforts arriveraient. J’ai cru qu’à un moment, les Aurors ou la Légion viendraient. J’ai cru que ceux en qui j’avais mis ma confiance pour défendre nos vies viendraient réclamer le paiement à nos ennemis. Mais non… »

Il fit une petite pause, regardant rapidement la salle de Chaudron, avant de reboire à nouveau. Une douleur était visible sur son visage, mais il devenait impossible de savoir si cela était dû à l’alcool, à la fatigue ou à la douleur d’évoquer ces souvenirs.

- « Non, personne n’est venu. Ils étaient partis, disparus, démissionnaires. J’étais seul. J’étais juste un huissier, un administrateur. Et j’étais seul pour lutter. Et aucun de nos protecteurs n’étaient là. Peut-être pensaient-ils que leurs rapports écrits et consignés seraient suffisant pour protéger les civils ? Les autres, les compétents, ceux qui furent les héros de notre libération, où étaient-ils lorsque les Mangemorts sont venus dans le Ministère ? Lorsqu’on est entré dans mon bureau ? Lorsqu’ils m’ont trainé dans le hall et que je n’ai dû mon salut qu’à l’activation de mes sorts de protection ? La surprise sur le visage de mes adversaires fut lue comme un signe, je me suis précipité vers une cheminée et j’ai disparu. Oui, j’ai fui. J’ai fui car j’ai su qu’en plus de moi, ma femme et mes enfants devaient être supprimés, comme la plupart des Sang-Purs qui n’avaient pas rejoints Voldemort. Oui, je me suis caché, affaibli, car incapable de lutter alors. Mais je suis revenu. Tout comme vous en votre temps. Mais je n’ai pas couru après la reconnaissance, Cook. Au lieu de cela, une soif. Celle de la vengeance, celle de retrouver ceux qui ont permis à nos ennemis d’entrer sans problème dans les endroits les mieux protégés du monde des sorciers. Ceux qui ont permis à un groupe de monstres de parvenir à détruire Poudlard. Et alors, je me suis souvenu. De cette solitude lorsque j’étais dans mon bureau, menacé. Je sais que nos ennemis ne sont pas tous identifiés, certains sont parvenus à se glisser entre les mailles du filet. Je les trouverai ! »

Calderon regarda Hannibal, et leva légèrement la tête, plissant alors les yeux.

- « Pourquoi nous avoir alors abandonnés, Cook ? J’avais mis toute ma confiance, et bien plus, en vous et ce que vous représentiez…»

Un sourire mauvais naquit sur les lèvres de Calderon.

- « Je viens ici pour les mêmes raisons que vous, je suppose. Pour oublier la douleur en m’en provoquant d’autres. »

Il vida alors son verre, s’affaissant un peu du même coup sur sa chaise.
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Hannibal C. Cook
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MessageSujet: Re: Une affaire de points de vue   Ven 5 Avr - 0:07

    C'est qu'il en avait des choses à dire Calderon Pryde quand il s'y mettait ! Visiblement, il était offensé ! C'était en effet quelque chose que Hannibal provoquait souvent chez les gens. Mais bien souvent il ne cherchait pas à se justifier ou à débattre, il fuyait. Prydie, non. Face à lui, il expliqua. Etonnement, le visage de Hannibal se durçit. Qu'était-il en train de dire ? Que les aurors c'étaient fait la malle, sans chercher à défendre leur paire ? Que les forts, c'étaient cachés derrière les plus faibles ? Il pensait que LUI, Hannibal, les avait lâchement abandonné ? Qu'il avait courrut après la gloire ? Mais, il le faisait exprès ou il était con ? Il n'avait retirer aucune gloire de ce qu'il avait fait, un peu de reconnaissance de la part de certains et encore. Il avait essuyé d'avantage de reproche, les même reproche que lui faisait Calderon en ce moment.
    Il pensait en avoir finit avec ça et non, il venait se faire emmerder part un bureaucrate qui ne connaissait rien à la guerre... Même à moitié bourré, il ne pouvait accepter ces reproches.

    Abandonner ? Ahaha ! Et qu'est-ce qu'il y connaît l'huissier ? Tu crois que j'aurais tenu combien de temps en restant sous la juridiction de Scrimgeour ? Un né-moldu ? J'aurais été un des premiers à mourir ! Surtout que chez les mangemorts, je n'étais pas aimé ! J'ai tué Rosier, capturé les Lestrange, Dolohov... Mort j'aurais servis à quoi crétin ? Peut-être que je n'étais pas là pour sauver les fesses de monsieur, mais il y avait d'autre gens qui avaient d'avantage à craindre ! Les nés-moldus qui ont fuient, traqués, torturés... Eux, je les ai aidés !
    Tu crois que tu es le premier à me faire ce genre de reproche ? La critique est facile ! Sache que j'ai pris mes responsabilités il y a une paire d'année, comme il y a vingt-ans !


    Il remonta la manche de son bras gauche, découvrant ainsi un bras couvert de brûlure. Un bras qui ne serait plus jamais aussi fonctionnel.

    J'ai passé 33 ans de ma vie à servir et protéger les gens de ce pays ! Je n'ai rien fait d'autre ! T'as vu des gens mourir, des collègues ? J'ai passé des années entière à ne me lier avec personne car j'avais peur de les perdre ! Les mangemorts m'ont enlevé plus que tu le penses et je leur en ai pris bien d'avantage ! Sauf que ça n'étanche aucune soif de vengeance ! Le nom des morts m'est plus familier que celui des vivants... Alors, Calderon, ne parle pas de ce que tu ne connais pas ! Tu crois avoir vécu un traumatisme, désolé, mais il m'en faut bien plus pour me perturber.
    Tu te plains, mais au final, qu'a tu perdu ? A ma connaissance, tu possède toujours ton manoir, tes enfants ont pût suivre leur scolarité ? Combien d'enfant n'ont pas eu cet chance ? Alors, par Merlin, ferme là !


    Il avala son verre d'un trait, se resservit et avala une nouvelle fois cul sec ! Une main ce posa sur son épaule, une poigne forte. Hannibal tourna la tête vers Tom, le barman qui regardait Calderon d'un air sévère.

    ▬ Ca va Han' ?
    T'inquiète Tom, j'ai une discussion animé avec un vieil ami, c'est tout !
    ▬ Ok, si besoin …
    C'est bon !

    En effet, il était rare qu'Hannibal ce mette dans des états pareils. En tout cas, son regard de rapace ne lâchait pas Calderon. Le petit huissier voulait parler, qu'il parle. Mais pour l'ex-auror, ce petit bureaucrate n'aurait pas le dernier mot, jamais ! Il ne se doutait pas des sacrifices qu'il avait fait, des proches qu'il avait perdu, de son amour perdu. Qu'est-ce que ça lui avait apporté ? Ni famille, ni maison, ni même la gloire ou la fortune ! S'il ne regrettait pas ce qu'il avait sacrifié pour le bien commun, il refusait qu'on crache sur lui. Cracher sur lui, c'était craché sur les Londubat, rendu fou par le Doloris, piétiné l'honneur de Carline. Carline … Il jeta un regard sévère sur Calderon.

    Tu réveil de vieux démons Prydie... Je te préviens, ma patience à des limites que n'a pas ma baguette.

    Des menaces ? Tout à fait !
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Calderon R. Pryde
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MessageSujet: Re: Une affaire de points de vue   Ven 5 Avr - 9:57

Calderon aménagea un temps de pause. Derrière les volutes d’alcool qui rendaient son environnement flou et rotatif, il sentait bien qu’il approchait du but. Mais il sentait aussi qu’il frôlait le danger. Le feu de la réaction d’Hannibal montrait bien qu’effectivement, il croyait ce qu’il disait. Calderon aurait espérer pouvoir frapper plus profondément, plus chirurgicalement. Mais ce n’était pas prudent de remuer plus encore le tison des souvenirs. La dernière réplique lourde de sous-entendus ne cachait pas l’intention belliqueuse de Cook.

Il se souvint de ce que disait Slughorn à propos de la sublimation des ingrédients des potions : « Le feu joue le rôle de déclencheur. Comme une soupe, c’est la chaleur qui en fera sortir les arômes et la subtilité. Il faut que le feu serve l’effet de la potion en étant son promoteur. Mais gare à la flamme qui, vorace, ne tardera pas à faire des ravages si nous la laissons trop longtemps. » Dans les faits, l’âme humaine ou sorcière se comportait de la même manière. Des composantes multiples, un système dynamique. Et le feu permettait de lier le tout. Trop faire cuire, c’était prendre le risque de perdre sa préparation. En l’espèce, fermer totalement une personne, la faire exploser dans une colère destructrice ou encore la rendre apathique. Calderon voulait sciemment pousser à bout Hannibal, car c’est dans cet état qu’on voit la véracité de l’âme. Or, il était notoire que Cook cherchait à fuir des démons. L’alcool était son nouveau patronus.

Il savait, oui, parfaitement quels avaient été les pertes et les sacrifices de l’ancien Auror. Il connaissait très bien le dossier Cook. Il avait du respect pour cet homme, moins peut être pour ce qu’il était devenu ces derniers temps. Mais rien dans la société des sorciers ne pouvait remplacer ce qu’il avait perdu. Encore moins dans la gnôle qu’il buvait, mais ce n’était pas là la question. Calderon avait eu, fugacement, l’occasion de bien sentir ce qui troublait Hannibal, la blessure jamais refermée des années noires. Le rôle de l’huissier était de reconstruire. Ministère, Poudlard et manifestement aussi les gens. Rebâtir Cook serait un projet long, couteux et acharné. D’autant plus que tant qu’Hannibal ne se libérerait pas de poids de sa culpabilité, rien ne pourrait s’arranger.

Culpabilité, oui… Car tel est le sentiment qui nait après ces expériences. Les survivants culpabilisent d’avoir survécu, ne comprenant pas pourquoi ils avaient échappé à la mort. Il était impossible de tourner la page, impossible de passer à autre chose. De fait, chacun des gestes quotidiens, chacune des sensations, bruits et odeur renvoyait à un souvenir qui, par association d’idée, menait à une triste expérience. Rebâtir une vie ensuite nécessitait des efforts surhumains. Sur la question, autant qu’il sache, les sorciers étaient particulièrement mauvais dans cette discipline mentale. Ils étaient éduqués la plupart du temps dans le sentiment, même implicite, de leur supériorité par rapport aux autres (moldus, autres sorciers, etc.). Se retrouver face à ses propres faiblesses mettait un coup dur, vivre alors les horreurs de la destruction détruisait la santé mentale.

195, c’était le nombre de sorciers, de tout niveau ou expérience, qui avaient passé un séjour de plus de 3 jours à Sainte Mangouste pour troubles du comportement, manière polie pour certains d’appeler pour cause de folie. Paranoïa, schizophrénie, phobie, les troubles étaient nombreux. Si on pouvait en soulager beaucoup, aucun n’était complètement guéri. En réalité, bien sûr, la quasi-totalité des sorciers de plus de 16 ans faisait encore des cauchemars. La nuit, se réveillant brutalement, revivant un traumatisme.

Calderon reprit le cours des évènements en reprenant de la contenance après un probable flottement dans sa posture et son regard. Hannibal n’avait pas franchement décoléré. Sa mine était encore furieusement déformée par ses sentiments prompts. Calderon se redressa un peu. Il fallait agir vite, car il n’aurait peut-être plus l’occasion d’approcher aussi prêt de la blessure d’Hannibal et de vider l’abcès qui encombrait l’ancien Auror, l’empêchant de vivre. Le jeu était risqué, Calderon n’était pas un spécialiste. Il serra fugacement le poing, pour sentir un peu de réalité, puis remonta au front. Advienne que pourra…

- « A vous entendre, l’héroïsme est lié à nos pertes. Vous avez tant perdu que vous êtes un héros. Je n’ai rien perdu, je suis un collabo. Car moi aussi, j’ai maintes fois entendu cette chanson. Comment se fait-il qu’il se plaigne, Pryde, puisqu’il a encore femme, enfants et maisons ? Pourquoi intervient-il, celui-là, il a bien réussi à protéger son poste ? D’ailleurs, comment a-t-il fait pour rester Huissier ? »

Il fit un geste de la main, montrant que tant d’autres choses pouvaient être dites.

- « Nous ne mesurons pas notre douleur, Cook, à l’aune de nos pertes. Nous la mesurons à la lumière de la destruction de nos valeurs. Nous sommes tous coupables d’avoir baissé les armes. C’est d’autant plus vrai qu’après 30 ans de bons services, c’est la peur de mourir qui vous a poussé à partir. Certes, vous n’avez pas pour autant pris une cachette, comme moi diriez-vous…, mais la machine affreuse s’est mise en place. Notre rôle, Hannibal, ce n’est pas de se prémunir de la douleur, notamment en prenant en tête notre rôle d’une manière déviante, refusant de vivre de peur de perdre. Non… Notre rôle c’est de faire en sorte que rien de ce qui s’est passé ne se passe. En clair, l’échec est cuisant. Votre vie monacale ne vous a pas protégé avant, et elle vous a même conduit à l’inverse : le sentiment d’un déshonneur à jamais collé à votre esprit. »

Il se tut. Là se jouait un gros morceau.
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Hannibal C. Cook
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MessageSujet: Re: Une affaire de points de vue   Mar 9 Avr - 21:08

    Il était rare de voir Hannibal dans cet état. Agacé, contrarié!Pas énervé. Un Hannibal alcoolisé et énervé, c'était bien plus virulent que ça. Non, Prydie était comme une mouche, une mouche qu'il n'arrivait pas à faire taire, une mouche qui lui volait prés de l'oreille dans un bruit redondant.
    Oui, le discours de Prydie était redondant, lourd, agaçant. Et Hannibal, n'avait aucune patience. En général, quand une mouche l'ennuyait, un impedimenta et un claquement des mains, c'était fini. Sauf que dans la société moderne, un être humain avait plus de valeur qu'une mouche. Dommage, Hannibal lui aurait bien claqué la bouche ! S'il s'en prenait à un huissier du ministère en public, il serait bon pour avoir des ennuis. Puis, il n'oubliait pas que dans son genre, Calderon était une vraie saloperie.

    Du coup, il devait prendre sur lui, inspiré, expiré, ne pas se laisser aller à l'énervement. Car, là, il n'y aurait plus de bon sens, juste l'envie de ne plus entendre cet insecte déblatérer un superbe assortiment de connerie !
    Des conneries dont il ne connaissait même pas le sens. Mais faite le taire bordel ! « L'aune de no pertes » « nous la mesurons à la lumière de la destructbalablabla ... » « Notre rôle n'est pas de se prémunir …. » MAIS TA GUEULE ! TA GUEULE ! Putain de discours de politicar et vocabulaire d'huissier de merde !

    Hannibal se leva d'un bond et de son bras invalide aller chercher le col de Prydie pour le tirer à lui, renversant bouteille et verre !

    Ta gueule ! Ferme là, toi et tes grands discours ! Tu veux savoir ce que je ressens, ce que je vis ? Laisse moi te prendre ce qui fait de toi ce que tu es : ta femme, ta maison, tes enfants ! Je te laisserai sans rien d'autre que ton superbe travail d'huissier et là, tu viendras me parler ! Je ne dois rien à personne, j'ai assez donné, en échange de quoi ? D'un salaire ! J'ai peut-être connu la gloire sauf qu'elle est, comme dirais-tu ? Versatile ? Ouais c'est un beau mot ça, versatile ! Donc, va te faire foutre !

    Et il repoussa Calderon au fond de son siège. Voilà, il commençait à s’énerver ! Sa baguette lui démangeait, comme son bras. Il mourrait d'envie de se gratter, comme à chaque fois qu'il forçait dessus. Foutu vieillesse. Il n' était plus que l'ombre de lui même. Il devait bien avouer que quand il déambulait dans les couloirs du Ministère, qu'on l'appelait Monsieur Cook, ou l'agent Cook, il se sentait puissant, être quelqu'un, on l'écoutait. Maintenant, il n'était qu'un pilier de comptoir qui dilapidait sa retraite, en bière, whisky et alcool de manticore !
    Et merde, voilà qu'il allait devenir mélancolique. Un huissier, bureaucrate à la con, c'est pas ça qui allait le mettre mal à l'aise !

    Il se détourna de Calderon et alla au comptoir. Il alla se poser sur un des tabourets de bar et d'un regard et ce commanda un triple whisky. Tom s'exécuta sans rien dire. Il connaissait suffisamment Hannibal pour savoir que s'il y a un moment ou il devait surtout pas poser de question c'était maintenant. D'ailleurs ce qui venait de ce passer était loin d'être passé inaperçu et l'ambiance semblait s'être alourdit.
    Le regard rivé sur le comptoir, il sentait ceux d'une dizaine de curieux qui n'attendait qu'une chose, qu'il continue à se donner en spectacle. S'il avait envie de partir ? Nullement, il était ici chez lui ! Il saurait garder le contrôle, tant que Prydie aurait la décence de pas revenir à la charge, auquel cas, oui, il ferait dans le divertissement. Un divertissement haut en couleur …
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Calderon R. Pryde
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MessageSujet: Re: Une affaire de points de vue   Jeu 11 Avr - 12:42

Calderon sentit un vent furieux passait à côté de lui, tout proche. Hannibal avait été un deux, peut-être même un, doigts de lui exploser le visage dans une colère furieuse. Pousser plus l’ancien Auror serait dangereux, et bien que Pryde était au service de sa fonction et de sa mission, il n’avait aucune envie de terminer en sale état à Saint Mangouste. Peu à peu, lors de cette conversation, Calderon avait senti monté chez son interlocuteur la virulence que l’Huissier voulait voir. La méthode n’était pas la meilleure, et la mission n’était pas la plus glorieuse, mais il avait fallu composer avec la situation.

De nombreux sorciers craignaient que le temps fasse une vilaine œuvre. La peur, la pression, le secret avaient été des éléments qui avaient provoqué tant de troubles que tout apparaissait, depuis, comme fané ou bien pâle. Tous les sorciers, quelques soient leurs âges, étaient en train de fuir quelque chose. Tous avaient des sentiments sombres en leurs cœurs. Remords, douleurs ou bien colère, chaque sorcier, même les plus jeunes, qui avaient vécu ces mois noirs et de ténèbres avaient ces sentiments qui obscurcissaient leurs visions de l’avenir. Certaines batailles étaient perdues d’avance. Pour dire plus vrai, certaines batailles ne méritaient pas qu’on tente de les gagner, mieux valait alors faire preuve de patience et de sagesse, et de ne pas transférer ses souffrances à la génération suivante.

Or, la souffrance, c’était donc ce qui accompagnait chaque pas d’Hannibal. La souffrance et l’alcool. Ces deux compagnons de route rendaient Cook instable, imprévisible et dangereux, avant tout pour lui-même. Calderon devait donc crever d’abord l’abcès pour espérer avoir une conversation fructueuse avec Hannibal. Risquée et aléatoire, cette conversation était donc indispensable.

Calderon laissa Hannibal partir vers le bar. Une fois éloigné, Pryde se permit de pousser un soupir de soulagement. Oui, il avait vu arriver le moment où la situation allait dégénérer définitivement. Que faire ? Il aurait bien voulu d’un certain côté qu’Hannibal explose totalement, afin de vider le pus qui était dans sa blessure. Mais d’un autre côté, Calderon n’avait donc pas envie de devoir panser des blessures, d’autant plus que le lendemain, une soirée était tenue au Ministère et qu’il devait encore régler quelques petits détails. Il n’avait en outre pas prévu de tenir une épreuve de force ce soir, mais l’arrivée opportune d’Hannibal dans le bar avait été l’occasion à ne pas manquer. Ayant un peu improvisé, Calderon avait finalement atteint un résultat honorable.

Il resserra le nœud de sa cravate et finit son verre d’un trait, ce qui lui arracha encore une grimace de douleur devant le goût corrosif de cette boisson. Il compta mentalement jusqu’à 3 avant de se lever. Hannibal était avachi sur le comptoir. Mais il n’était pas écroulé comme un saoulard, mais plutôt comme un enragé, se retenant de force au bois du meuble, pour éviter de partir en furie. Il tenait d’une poigne sévère son verre, qu’il regardait avec un sentiment mêlé. Calderon fut certain d’y voir une part de dégoût.

En se levant, Pryde eut la tête qui tourna. Dégueulasse et manifestement très alcoolisé. Pour le coup, il était tombé dans le piège d’Hannibal, qui l’avait fait boire largement contre la volonté première de Calderon. A nouveau, il compta mentalement afin de retrouver ses esprits. A défaut de lui redonner le sens complet et le contrôle de son corps, Calderon put marcher à peu près droit et aller se mettre contre le comptoir qui fut reçu comme une amarre dans le monde en rotation aux travers des vapeurs éthyliques. Il était à 3 mètres d’Hannibal. Suffisamment proche pour être vu, suffisamment loin pour tenter d’éviter un coup de poing. Le regard sévère du barman, Tom, était éloquent. Visiblement, il tenait Calderon responsable d’un grand crime. Pryde avait sous-estimé l’aura d’Hannibal et que le fait de l’attaquer sur son territoire allait lui attirer de la méfiance. Cook était soutenu, ouvertement, par les gens qui étaient aujourd’hui ses amis.

- « Un café, s’il vous plait… Serré… »

Tom le regarda froidement, mais prépara sa boisson, tandis qu’Hannibal le regardait en biais. Calderon ne sut pas qui du barman ou de Cook poussa un murmure rauque, vraisemblablement désobligeant à son encontre. Tom lui servit sa tasse. Le liquide noir et huileux serait bénéfique pour reprendre un peu ses esprits. Constatant que le verre d’Hannibal était vide, et après avoir bu une gorgée de sa boisson brûlante mais vivifiante, Calderon interpella Tom.

- « Oui ? Qu’est-ce qu’il lui faut ?
- Servez à Monsieur Cook la même boisson qu’il avait… Hum... Attendez… En fait, servez nous à tous deux la même chose. »

Attendant que Tom les serve, Calderon observa Hannibal, qui était demeuré immobile et imperturbable. Pour dire vrai, Hannibal apparaissait impénétrable et hermétique. Plus rien ne se lisait sur son visage, plus aucune émotion. Un instant, Pryde eut un doute concernant la chronologie de la soirée. Etait-ce le bon moment ? La réponse fut rapide à venir. Il fallait battre le fer alors qu’il était chaud, et jamais une occasion pareille ne se reproduirait, ou sinon si cela devait advenir, aucun doute possible sur le fait qu’Hannibal ne se contrôlerait pas aussi bien.

Les verres arrivèrent. Hannibal ne le saisit pas, mais manifestement, il attendait.

Calderon prit le sien, et le souleva en s’adressant à Cook.

- « Hannibal, je suis désolé. La méthode était scabreuse et le procédé indécent, mais l’intention était de pouvoir vous parler directement, sans avoir à me confronter à l’armure de votre cynisme ou de votre ironie. Je devais donc faire preuve de cette… incorrection… pour vous pousser à bout et savoir que vous seriez attentif à ce que je devais vous dire. »

Il but et reprit rapidement la parole.

- « Je vous suis reconnaissant. Je le suis car je sais que vous avez bataillé pour nous, que vous avez perdu tant pour rien gagner et qu’aujourd’hui encore, vous le feriez certainement. Je n’ai aucunement le droit de douter de votre intégrité, mais je devais vérifier, car telle est ma mission désormais. Je dois savoir qui est qui, qui veut quoi, dans le but de préparer l’avenir. La page noire est définitivement écrite, mais nous devons savoir si elle peut être tournée. »

N’attendant pas de réponse, il continua.

- « Vous avez été un héros, et vous l’êtes encore. Et c’est pour cela que le Cabinet du Ministre souhaite savoir ce que vous pensez faire. Comprenez bien cela, je ne suis pas véritablement le fonctionnaire qui apparait odieux aux autres. J’aime que le travail soit bien fait, voilà tout. Dans votre cas, je n’ai aucune leçon à faire, mais au contraire à apprendre. Je ne dirai que ce que vous voulez que je dise au Ministre. Que vous êtes prêt et disponible ? Qu’il aille se faire foutre ? Qu’importe…

Je n’ai pas envie de voir se perdre plus longtemps une personne telle que vous. Vous avez connu ces choses qui permettront à notre société d’évoluer positivement. J’admire votre travail, votre pugnacité et envie votre désinvolture qui vous a permis de rester libre. Je serai honnête, je condamne aussi votre insubordination et vos sorties fantasques.

Au final, Monsieur Cook, je ne veux pas autre chose que savoir que je suis vu par vous comme une personne digne de suffisamment de confiance pour être, en partie, un interlocuteur pour des conversations honnêtes sur des sujets actuels. Je veux donc vous aider, si vous acceptez l’aide d’un huissier et d’un bureaucrate. Alors, je vous en prie, partageons ce toast et ce verre que vous me réclamiez tout à l’heure.
»
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Hannibal C. Cook
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MessageSujet: Re: Une affaire de points de vue   Jeu 2 Mai - 12:21

    Le bois du comptoir. Hannibal le connaissait bien ! Cela remontait à plus de quarante ans, la première fois qu'il la touchait ! A l'époque, il était déjà usé, patiné par l'usage ! Ce qui avait changé ? Pas grand chose en fait. C'était ça qui était rassurant. Dans un monde ou le changement est permanent, il y a des choses qui ne changent pas. Des choses auxquelles ont peut s'amarrer et laisser le reste poursuivre sa course évolutive vers l'avenir. Hannibal avait arrêté de courir avec les autres depuis un moment déjà. Depuis la fin de la première guerre. Il avait tiré une croix sur toute notion d'avenir, ce contentant de sucer la vie jusqu'à la moelle, pour partir sans regret quand ça serait le moment.
    Il avait aider ses prochains comme son boulot lui demandait, parce qu'il devait le faire. Arrêté les commerces illégaux, capturer les sorciers aux actions anti-moldus, combattre Voldemort lorsqu'il était revenu. Tout ça, il l'avait fait, car il pouvait le faire. Aider. Mais il savait que ça ne changerait rien. Il y avait toujours eu des mages noires. Et il y en aurait toujours. Et quand c'était pas les mages noires, c'était les pays entre-eux ! Les gouvernements sorciers, étaient comme les gouvernements moldus, chacun tire la couverture à soit, chacun refusant d'être lésé vis à vis de son voisin.
    La paix, c'est bien, mais au bout d'un moment, c'est emmerdant. On dit que l'Homme est un loup pour l'Homme, c'était vrai.
    Hannibal l'avait comprit. Il avait donc abandonné toute idéologie, toute confiance, pour ce tourner vers les choses simples, les choses qui ne changeront jamais.
    Ainsi donc, il n'en avait strictement rien à foutre des conneries de Calderon. Calderon, une saloperie du Ministère aux grand mots et aux grands airs. Usant de moyen détourner pour parler avec Hannibal, de ses propres aveux. Il ne toucha pas au verre que lui offrit l'huissier. Il l'écouta sans rien dire en revanche.

    Tourner la page noire ? S'il était prêt et disponible ? L'aider ?
    Parce que c'est lui qui avait un problème maintenant ? S'il comprenait bien Calderon, le ministère voulait son aide, mais pourquoi faire ? Pour reconstruire ce que les sorciers sont incapables de garder en état ?
    Oui il connaissait des choses, avait vu des choses, comprenait mieux que la plupart des gens ce qu'impliquait les manœuvres et décision politique pour la « reconstruction du monde magique ». L'erreur était là, il n'y avait rien à reconstruire, aucune page à tourner. Il fallait faire avec, c'est tout.

    Il tourna enfin son regard vers Calderon qui avait son verre à la main, le regardant intensément, attendant une réaction du vieillard.

    Tu viens vers moi, me parler de renaissance, de changement, d'espoir. J'ai avalé une fois ces couleuvres, car j'étais trop stupide pour y voir clair, déstabilisé par la mort de mes amis et collègues, de la personne que j'aime, déstabilise par le sort infligé aux Londubat, torturé à mort et aujourd'hui, vivant encore malgré ça ! Il n'y a pas de page à tourner, pas de renaissance à faire et pas d'espoir à avoir. Tu veux du changement, mais dans chaque changement, il y a du bon et du mauvais. Et c'est à chaque fois imprévisible. Rentre chez toi, retourne dans ton manoir, rejoins-y ta femme, aime la, fait lui l'amour comme si c'était la dernière fois. Demain, ces changements souhaités et imprévisible te l’enlèveront peut-être.
    Quant à moi, je ne suis pas disponible. Je n'apporterait rien de bon et de neuf au ministère. Tu veux savoir ce que je compte faire ? Rester là, sur ce tabouret, parler avec Tom, que je connais depuis 40 ans. Car il n'y a que ça de concret, être proche des siens.


    Il fixa Calderon quelques instants puis se remit droit dans son tabouret, écartant le verre de son chemin. Ses mains caressant le bois du comptoir dans un geste familier.
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