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 Keep calm and meet the guy [PV] [21/10/1999]

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Leopold G. Applewhite
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MessageSujet: Keep calm and meet the guy [PV] [21/10/1999]   Mer 10 Juil - 12:29

Anastasia Rees, Flora Banks & Leopold Applewhite
Le jeudi 21 octobre



Au diable le déjeuner, c’était l’heure à laquelle on ne voyait jamais le bibliothécaire, manquant de s’enfuir en courant à la vue d’une foule d’étudiants affamés s’engouffrant dans la grande salle. D’ailleurs, ses absences ne lui portaient aucun préjudice : c’était comme si personne ne faisait attention à lui. La veille encore, il s’était assis sur l’escalier de la tour d’astronomie et les rares élèves qui passaient par là ne lui accordèrent qu’un bref coup d’œil, celui que l’on jette aux personnes seules en se demandant ce qui a bien pu les plonger dans cette solitude. Un regard, en somme, que Leopold avait connu toute sa vie. Il aurait pu chercher de la reconnaissance en faisant mine de quitter Poudlard pour que l’on s’intéresse à lui, ou en participant aux activités des étudiants. Mais cette transparence lui convenait tant que jamais il ne viendrait la perturber. Il était le bibliothécaire, homme glacial et désagréable à qui on ne s’adressait que pour un renseignement. C’était parfait ainsi.

Parfois, il pensait à son avenir alors qu’il avait déjà passé les trente ans. Tout semblait déjà tracé. D’ailleurs, cela avait toujours été le cas. Petit, on le destinait aux plus grandes écoles. Diplômes en poche, on le voyait historien et écrivain. Succès assuré, on l’imaginait vieillir ainsi, à écrire dans son manoir sans jamais chercher à augmenter sa popularité. Maintenant qu’il était à Poudlard, la donne n’avait guère changé. Il deviendrait le vieux bibliothécaire, celui qui gît là depuis des années mais qui, au vu de sa transparence, semble n’être qu’un nouveau venu. Sa recherche de solitude semblait avoir porté ses fruits : il n’avait jamais été aussi seul qu’en ce jour. Caine était parti, il ne savait pas s’il le reverrait et Medrawt se faisait rare. Quant au reste, ce n’était que des rencontres. Sa vie s’était toujours déroulée dans le même schéma : cercle éphémère, croisement de visages qui ne feraient que passer, amer ressenti et totale perdition.

Sur un banc en pierre, dans la cour extérieure, au pied du bâtiment majestueux qui tâchait de percer le ciel gris et maussade, le bibliothécaire s’était assis et écrivait dans un petit carnet, se parlant parfois à lui-même, sans prêter attention aux élèves qui allaient et venaient. Certains partaient déjeuner, d’autres finissaient un travail, d’autres encore s’isolaient pour leur premier baiser. Eux aussi reproduisaient toujours le même cercle. Cette agitation, toujours cette agitation. Occupation si faussée : pensant profiter de leur temps, voilà qu’ils le précipitaient, désireux d’arriver à l’âge où plus rien ne semble possible.

Mais Leopold n’en était pas à ces considérations philosophiques. Il écrivait à Caine, lui souhaitant un bon voyage, se remémorant les heures (et les nuits) passées avec lui. Le départ semblait plutôt froid : après tout, ils ne s’étaient jamais engagés et avaient fait de leur libertinage la clé d’une liberté convoitée. Intérieurement, Leopold doutait qu’il retrouverait un amant digne du jeune Skellig. C’était sa double vie, celle qu’ignoraient les élèves, pensant avoir affaire à un vieux garçon sans aucun désir pour personne. Il prenait soin de lui, pourtant. Toujours tiré à quatre épingles, aucune mèche et aucun bracelet n’étaient là par hasard. C’était sa manière à lui de se sentir bien, de se fondre dans la masse et c’était aussi les restes d’une éducation soignée. Assis sur son banc, son foulard virevoltant autour de lui, il avait tout de l’écrivain solitaire, ses épaisses lunettes posées sur le nez, les jambes en tailleur, l’esprit embrumé, murmurant des paroles inaudibles. Devant lui, les retardataires pour le déjeuner.

- La fillette court après midi. Futile hâte : elle dormira avant minuit.
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Anastasia Rees



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MessageSujet: Re: Keep calm and meet the guy [PV] [21/10/1999]   Ven 12 Juil - 1:59




La gourmandise. Le péché mignon d’Ana, sa faiblesse, son défaut le plus flagrant. La petite fille, bien que menue, mangeait pour un régiment à elle seule. Qu’elle manque un repas était rare, voire impensable. Ce jour-là ne faisait pas exception, à ses yeux… Jusqu’à ce qu’elle rate toutes ses tentatives en cours de sortilèges, et qu’elle n’ait peur que les autres élèves ne se moquent d’elle.

L’estomac noué, elle était remontée dans son dortoir s’emparer de sa peluche strangulot, pour l’attacher à l’intérieur de sa robe de sorcière, et l’avoir contre son cœur pour y puiser un peu de réconfort. Elle en descendait à l’instant, allant à contre-courant du flot de jeunes sorciers qui tentaient de pénétrer dans la grande salle, pour sortir dans le parc. Elle n’était guère solitaire, mais elle était mortifiée, elle se sentait bien trop honteuse pour affronter les autres premières années. Comment pouvoir affronter des gens qui, eux, savaient manier leur baguette avec agilité ?

Elle prévoyait d’aller s’endormir contre un arbre, pour être sûre que personne ne la trouverait et ne la dérangerait – le temps gris rebutant plus d’un élève pour sortir -, mais un orage éclata, la pluie se mettant spontanément à tomber en torrents. La petite poussa un cri de terreur, haïssant le tonnerre plus que tout au monde, et courut vers le seul endroit abrité qu’elle voyait : la cour intérieure. Pourvu que tous soient à l’intérieur et que nul ne pense à s’y rendre.

Chétive comme elle l’était, quoi que de grande taille, elle se glissa sous un banc en pierre, réprimant à grand’ peine les larmes qui perlaient à ses yeux, symbole de la peur qui progressait en elle. Un éclair suivi de son bruit si caractéristique eut raison d’elle, lui déroba un hoquet d’effroi et un sursaut incontrôlé, qui lui valut une belle confrontation entre sa tête et le banc, et prédisait une belle bosse à venir.

Prostrée, le regard dirigé vers le sol et incapable de le lever, elle ne remarqua pas qu’une entité étrangère se trouvait là, ses bruits de pas ayant probablement été noyés par le bruit assourdissant de la tempête – si tant est que cette personne n’ait pas été là avant l’arrivée d’Ana, mais qu’elle ne l’ait guère remarquée.

Elle entendit de vagues mots, entre deux éclats de tonnerre, n’appréhendant nullement leur sens, et elle dirigea conséquemment son regard vers l’intrus. Qu’avait-il dit ? Qui était-ce ? S’approchant discrètement et doucement, sur ses gardes au cas où l’orage déciderait d’éclater à l’intérieur de la cour protégée sans raison et de l’électrocuter, elle put mettre une identité sur la silhouette qui lui apparaissait. Monsieur Applewhite. Alan lui en avait parlé, il y a quelques jours de cela, à la bibliothèque. Il lui avait fait particulièrement peur, en lui disant qu’il la punirait si elle abimait les livres.

La stupeur prit possession d’elle, teintée d’un peu d’inquiétude. Aurait-il deviné qu’elle était là, et était-il là pour elle ? Suspectait-il, à tort, qu’elle avait abimé un des livres de sortilèges qu’elle avait emprunté quelques jours auparavant, et venait-il la gronder ? La prudence se lisait sur son visage, alors qu’elle sortait de son abri improvisé, tant à cause de la frayeur due à sa phobie première qu’à celle supposément à venir du bibliothécaire. Elle s’approcha lentement.

« Bonjour monsieur. Vous allez bien ? Vos livres ils sont très biens vous savez ! Et ils sont tout beaux, même pas abimés. »

Elle ne réalisait pas que de prononcer de telles affirmations pouvaient éventuellement paraître suspicieux, mais bien qu’il lui arrive de mentir, elle était généralement totalement honnête, et il lui était inconcevable de dire des mensonges à un adulte, a fortiori à un adulte qui lui faisait peur.


© Méphi.


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Keep calm and meet the guy [PV] [21/10/1999]

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