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 [DEFI] Il est venu le temps... [PV Amaranth][Dimanche 19 septembre, vers 9h]

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Brenda Shepherd



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MessageSujet: [DEFI] Il est venu le temps... [PV Amaranth][Dimanche 19 septembre, vers 9h]   Dim 8 Avr - 16:45

Alea Jacta Est
[Cour Extérieure | La musique moldue de 1999 | Éléphant rose - Croquemort - Boule à facettes - Pendard ! - Trône - Dragées Surprise au Cyanure | 2500 mots

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Il faisait beau, ce matin-là; le plafond magique de la Grande Salle ne reflétait que quelques nuages blancs, qui ne parvenaient même pas à ternir l'éclat du soleil. Mais ce temps qui s'annonçait magnifique n'était pas ce qui avait amené un imperceptible sourire sur les lèvres de Brenda - jamais la météo n'avait eu la moindre influence sur son humeur, d'ailleurs; elle sortait rarement, comme l'attestait son teint pâlot qui lui donnait un petit air de croque-mort, et se moquait donc bien qu'il fasse chaud ou froid, qu'il pleuve ou qu'il neige. Rester enfermé dans la salle commune à faire des exercices de maths ou à réorganiser le contenu de son armoire ne requérait aucune condition climatique particulière.

La fillette s'appliquait à grignoter du bout des dents une part de tarte, plus parce qu'il était l'heure de manger que parce qu'elle avait réellement faim. La Grande Salle était presque déserte, pour son plus grand bonheur; il faut dire qu'on était dimanche, qu'il n'était que huit heures et que contrairement à elle, la plupart de ses camarades ne se sentaient pas obligés de se lever à six heures tous les jours parce que leur prénom comportait six lettres et que sortir de leur lit à n'importe quel autre moment ne pourrait apporter que de très mauvaises choses.

Devant elle, appuyée contre un pichet de jus d'un quelconque végétal, il y avait une enveloppe, avec, sur cette enveloppe, son nom, et avec, dans l'enveloppe, une lettre de sa mère; et c'est la présence de cette enveloppe, bien plus que la météo ou la qualité de la nourriture, qui avait mis du baume au cœur de la brunette. Malgré le fait qu'elle lui avait été apportée par un hibou, et que les hiboux étaient des oiseaux, et que laisser entrer des oiseaux dans une pièce où l'on mangeait était une grave atteinte à l'hygiène, et qu'elle avait dû se laver les mains cinq fois pour faire disparaître la désagréable impression de souillure que lui avait laissée l'intrusion de ce volatile dans son espace personnel, cette lettre était une bonne chose, puisque c'était la première qu'elle avait reçue depuis qu'elle était arrivée dans ce château maudit et qu'elle lui apportait à la fois des nouvelles de sa famille et des nouvelles de son monde.

Outre les habituelles banalités ("je vais bien, ton frère va bien, ta soeur va bien, il fait beau, comment vas-tu") qui semblaient, par un accord tacite entre les épistoliers du monde entier, devoir figurer dans toute correspondance écrite, sa mère lui racontait avec engouement les actualités du monde moldu. Ce n'était pas grand-chose, rien de très passionnant, juste quelques mots à propos des derniers films sortis au cinéma et des dernières nouveautés qui passaient à la radio; mais ce lien avec la réalité, si ténu soit-il, était agréable.

Une fois son petit-déjeuner terminé, la fillette sortit, évitant ce faisant l'affluence de neuf heures; mais au lieu de se diriger vers la bibliothèque, ou vers la salle commune, comme elle le faisait habituellement dès qu'elle avait du temps libre entre les... "cours", elle poussa la porte donnant sur la cour extérieure.

À la gare, le mois dernier, juste avant qu'elle ne monte dans le train, sa maman lui avait fait promettre trois choses: être prudente - pas de soucis -, bien travailler - elle travaillait bien, même si ce n'était pas sur les matières enseignées à Poudlard qu'elle concentrait ses efforts -, et... ne pas rester enfermée. Pour respecter sa promesse, la fillette s'appliquait donc, une fois par semaine, à faire le tour de la petite cour pavée et même, lorsqu'il faisait beau, à s'asseoir un peu sur l'un des bancs de pierre, entre cinq et dix minutes, juste ce qu'il fallait pour tenir parole sans trop souffrir.

La lumière vive et la chaleur la heurtèrent de plein fouet, agressives; la fillette ferma un instant les yeux, tâchant de ne pas céder à la panique que suscitait toujours chez elle le fait d'être à l'extérieur, qui était sale et plein de microbes. Tête baissée, elle se mit à marcher, un pied devant l'autre, très mal à l'aise et très empotée. Elle s'assit précautionneusement, du bout des fesses, sur l'un des bancs, repensant à la lettre de sa maman pour se donner du courage. Ha! La musique... Elle aurait préféré qu'elle lui parle des dernières avancées du monde scientifiques, mais ce n'était pas le genre de choses auxquelles sa mère s'intéressait... Mais même la pire des chansons moldues valait mieux à ses yeux que la meilleure des chansons sorcières.
Ah, bon sang, son monde lui manquait tant - elle aurait même tout donné pour pouvoir entendre une radio chanter, elle qui faisait si peu de cas de la musique, simplement pour avoir le sentiment d'être en terrain connu, et pas dans cet endroit bizarre où l'on s'éclairait à la chandelle et se chauffait au feu de bois.

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Amaranth S. Arcker
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MessageSujet: Re: [DEFI] Il est venu le temps... [PV Amaranth][Dimanche 19 septembre, vers 9h]   Sam 14 Avr - 15:24

    Pas de coup de clairon ce dimanche matin ?

    Non ! On laissa les Poufsouffle – et leur terrible colocataires verdâtres – ronfler tout leur saoul ce matin-là ! Croyez-le ou non, mais on entendait de puissants bruits de mâles endormis depuis le dortoir des sixième années, jusqu’à la porte entre leur couloir et la salle commune ! Mais Amaranth ne doutait cependant pas que si leur directeur de maison leur accordait une matinée de répit c’était pour revenir en force sous peu, avec un plan plus démoniaque encore. Il leur fallait rester sur leurs gardes ! Des conseils que Miss Arcker se gardait bien d’émettre à voix haute auprès de ses camarades. Ama se moquait pas mal de toute cette affaire. Comme elle se moquait de la plupart des choses qui survenaient autour d’elle. La jeune fille observait le monde tourbillonner autour en prenant bien garde de se tenir à l’écart. Le plus possible en tous les cas, c’était moins dangereux, moins fatigant. Ce matin-là, la fatigue et la lassitude se lisaient avec une clarté déconcertante sur les traits de la mini-blondasse, comme les vilains garçons de sa salle commune se plaisaient à l’appeler.

    Elle avait réussi à se traîner jusqu’à la table des Poufsouffle dans la grande salle, sous l’effet de quel miracle ? Alors ça, Ama l’ignorait ! Mais de toute évidence ni la faim ni l’appétit n’était le moteur de ses mouvements, puisqu’elle bouda son bol de gruau d’avoine, algues et ???? Pardon ? DEGOUTAAAAANNNNNT !
    C’était du poisson ? De l’élémentaire huileux pour être exacte… des bouts de ce poisson noir et très vilain flottait dans son bol. Le cœur de l’adolescente se souleva. Après cela, même son paquet de lutin choco magique ne lui disait plus rien du tout. Mais rien ne lui disait de toute façon… Comme une enclume avait élu domicile dans son crâne et l’épuisait, lui pesait d’une manière insurmontable, l’empêchant de goûter à cette jolie matinée avec l’insouciance et l’entrain que son âge lui conférait pourtant ! Le plafond enchanté au-dessus de sa tête reflétait un temps encore très agréable pour ce mois de Septembre qui s’étirait, il y avait de quoi se mettre du baume au cœur… en témoignait l’atmosphère paisible qui régnait dans la grande salle. Mais non, ce matin Amaranth Arcker avait envie de tirer la tronche. Son voisin de table lui demanda si par hasard elle était toujours comme ça, ou si la veille, elle avait avalé des dragées au cyanure avec Edgar Buttercup ! Ne pouvait-on pas la laisser déprimer en paix ?!

    « Bien sûr. Edgar c’est mon pote, c’est bien connu. Lui et moi, on se shoote aux dragées surprises empoisonnées, puis on s’envoie en l’air sur des sépultures après avoir crucifié des poulets en l’honneur de satan ! »
    Il y eu un bruit de verre cassé juste en face d’eux. Elrik Monroe passait devant la table de ses élèves juste au moment où Amaranth prononçait ces mots, d’un ton aussi blasé que si elle demandait à son voisin de lui passer le pichet de jus de citrouille.
    « C’est … C’est…
    - Je blaguais Monsieur. »

    Le pauvre avait le souffle coupé et l’observait les yeux révulsés, passant par toutes les teintes que le visage est capable de revêtir, voire deux ou trois couleurs supplémentaires, vu le choc considérable dont il venait d’être victime. Amaranth remporta donc le droit d’endurer un pénible sermon d’une demie heure – écourté parce qu’il était en retard pour aller à l’Eglise, il menaça de l’y traînée mais elle imposa alors son droit de veto : l’urgentissime devoir de botanique à terminer – c’est donc encore plus dépitée que la jeune poufsouffle réussit à s’extirper de la grande salle… elle crut bien ne pas s’en sortir vivante. Elle avait beau être blasé et ne faire grand cas de rien, pour le coup, elle se sentait bien attrapée, bien agacée… et en prime, elle avait un devoir de botanique imaginaire à pondre pour la mi-journée… Tout ça, c’était parce qu’on ne la laissait jamais broyer du noir tranquille ! La vie est trop cruelle !

    Elle erra donc, à la manière d’un fantôme, un peu plus loin au rez-de-chaussée, et finit par sortir du château pour rejoindre les allées découvertes de la cour. Une bonne course dehors, un peu d’exercice, aurait peut-être pu ôter cette expression de banshee de son visage… mais même ça, non, ça ne lui disait rien ! Dire que le temps était si clément ! Il y avait de quoi profiter ! Nop nop nop...

    Amaranth pensa à ses petits crapauds qui dormaient sur son oreiller. Elle se demandait ce que les autres, chez son père et sa belle-mère, faisaient de beau. Quelle tristesse de devoir se séparer d’une partie de ses amours de batraciens en allant à Poudlard. Jygglipuff, Bulbasaur, Bernadette et Muse lui manquaient. Là se trouvait le nœud de son vague à l’âme du moment… plus de deux semaines qu’elle n’avait ni eu de nouvelles de son père, ni touché à ses consoles de jeux video – puisqu’elle ne fonctionnait pas à Poudlard – ou écouté sa musique. Même sa chère caméra ne marchait pas ! Amy était heureuse d’être une sorcière, bien entendu même si elle se la jouait blasée à propos de la magie aussi comme à propos de tout ! Cela dit son univers moldu lui manquait. Elle sentait qu’il était beaucoup plus dur de se faire à cette rentrée qu’à la précédente. Bien sûr, ça ne serait jamais pire que l’année qui avait démarré sa scolarité à Poudlard, mais quand même. Cet été à la maison avait été si différent de ce qui d’ordinaire la ressourçait… Elle ressentait alors un tel besoin de retrouver toutes ces petites choses dépourvues de magie qui constituaient ses repères à la maison ! Mais c’était impossible. Il fallait s’y faire… demain serait sans doute un autre jour. En attendant, les pas d’Amaranth la guidèrent au cœur de la cour, vers les bancs, tandis qu’elle avait le nez en l’air, le regard plongé dans la vaste étendue claire du ciel.

    Finalement, l’air frais est salvateur. Amaranth n’aurait pas aimé l’avouer ! Esprit de contradiction quand tu nous tiens... Mais sa mine renfrognée s’était évanouie sur son visage tourné vers le soleil. Sa peau se délectait de l’atmosphère, caressée par ces températures douces et une brise tout ce qu’il y avait de plus agréable. Progressivement, des images colorées, chaleureuses de sa chambre, de sa maison, de son père, de Chocogrenouille leur chien avec qui elle faisait la course dans les rues avoisinantes lorsque le temps était de même nature, défilèrent dans son esprit. Toutes ces marques bien imprégnées en elle, auxquelles elle pouvait tout de même se raccrocher. Son esprit vagabondant, elle se mit à fredonner un petit air bien en vogue qui était souvent passé à la radio, durant l’été. Dire qu’elle râlait, chaque fois qu’il envahissait la maison… Montrer qu’elle aimait ces chansons pour fillettes dégénérées ! Pouah ! Et puis quoi encore ?

    « My lonelyness is killing me… » Elle arrêta ses pas à la hauteur d’un banc, sans aviser qu’une petite personne s’y trouvait déjà. Amaranth avait les yeux fermés. Elle ne fredonnait plus elle chantait carrément à ce stade de son petit délire. « And Give me a siiiiiiiiiiiiiiiiiiign ♫ I must confess I still beliiieeeeeeeeve ! » Ne manquait plus que les couettes, et faire un noeud à sa chemise d’écolière, raccourcir sa jupe et se dandiner… et on s’y croirait ! (Ah bien sûr, la master de l’esprit de contradiction avait encore frappé : nous étions dimanche, Amaranth s’était donc vêtue de son uniforme pour aller déjeuner, elle avait même mis sa jupe tant détestée – par-dessus le short de surfeur à grosses fleurs blanches et bleues d’Hélios). Hop petit déhanché avant de s'assoir sur le banc !
    « Hit me Baby one more tiiiiiiiiiiiiime ! »


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Brenda Shepherd



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MessageSujet: Re: [DEFI] Il est venu le temps... [PV Amaranth][Dimanche 19 septembre, vers 9h]   Mer 18 Avr - 21:19

Et hop! Juste au moment où Brenda pensait qu'il aurait été réconfortant d'entendre une petite chanson moldue, un refrain de Britney Spears s'éleva dans l'air frais de cette matinée de Septembre, résonnant haut et clair dans l'espace confiné de la cour intérieur. La fillette sursauta et se raidit instantanément, l'agréable familiarité de la chanson n'étant pas suffisante pour éclipser le malaise qu'elle ressentait toujours en présence d'inconnus. Ou de connus. De n'importe quelle personne réelle, en fait. Enfin, c'était quand même un drôle de hasard.

Brenda aimait prévoir, organiser et planifier; on aurait donc pu croire que hasard n'était pas une notion de nature à l'emballer. Pourtant, le hasard n'était pas toujours opposé à l'ordre. Pile ou face, c'était hasardeux: en tirant à pile ou face, on avait une chance sur deux d'obtenir pile, une chance sur deux d'obtenir face. Mais lorsqu'on la tirait un très grand nombre de fois, mille, dix mille, une infinité, alors la fréquence d'obtention de chacune des faces devenait constante: il devenait alors possible de savoir exactement combien de fois la pièce tomberait sur pile, combien de fois elle tomberait sur face. On pouvait donc prévoir la survenue d'un événement lié au hasard. Et ça, ça revenait à créer de l'ordre à partir du désordre; donc il était logique que Brenda aime le hasard. CQFD.

My loneliness is killing me, chantait la fille en avançant d'un pas dansant sur le sol pavé. Se rapprochant dangereusement du banc où Brenda s'était assise. Oh, non, non, non! Elle n'allait quand même pas s'asseoir à côté d'elle, si?... Il y avait huit bancs disséminés dans la cour, et sept étaient vides - quel système de raisonnement pouvait-il bien considérer comme une solution logique celle qui consistait à choisir de s'asseoir, parmi huit bancs, sur le seul qui était déjà occupé?... Celui de la fille qui chantait, apparemment. Parce que chacun de ses pas la rapprochait du trône de la gamine brune, dont l'état de crispation évoluait de façon inversement proportionnelle à la distance qui les séparait. Elle attendit anxieusement l'impact, tendue comme un arc.

La fille, qui était visiblement plus âgée qu'elle, arborait une longue chevelure blonde et était vêtue de son uniforme, bien que le port de l'uniforme ne soit pas obligatoire le dimanche. Cela aurait pu passer pour du zèle si l'on n'avait pas pu apercevoir le bas d'un bermuda dépassant sous les plis de la jupe noire réglementaire. Elle chantait maintenant à pleine voix. Arrivée à quelques centimètres de la petite, elle s'arrêta, se tortilla un petit peu dans une esquisse de pas de danse, et s'assit. Brenda relâcha le souffle qu'elle ne s'était même pas rendue compte qu'elle avait retenu, soulagée de ne pas avoir été touchée dans la manoeuvre. Par mesure de précaution, elle se trémoussa un peu, se décalant sur la droite jusqu'à être à l'extrême bord du banc.

Elle aurait peut-être pu aller s'asseoir ailleurs, sur l'un des sept bancs vides restants, et s'épargner ainsi l'inconfort de cette proximité avec une inconnue, fût-ce une inconnue familière avec sa culture. Mais elle ne le pouvait pas; ce banc, c'était son banc. Son banc. Elle l'avait élu comme tel lorsqu'elle avait commencé à faire ses promenades quotidiennes; c'était sur ce banc qu'elle s'était assise chaque jour pendant dix minutes pendant ces deux dernières semaines, et la simple idée de changer cette habitude la rendait un peu nauséeuse.

Hit me baby, one more time, gueulait la fille blonde à la voix mélodieuse et au bermuda fleuri. Elle ne l'avait apparemment toujours pas vue, ce qui était assez impressionnant, et Brenda continuait à la fixer sans ciller, se détendant légèrement en voyant qu'elle ne semblait pas menacer son intégrité physique dans l'immédiat.

Hit me... Tout de même. Qui pouvait bien demander à être frappé? Être frappé n'était en rien quelque chose d'agréable, et ce n'était certainement pas non plus quelque chose qu'il était sensé de réclamer. Être frappé était dangereux; on pouvait même mourir d'être frappé. Donc, c'était contre tout instinct de conservation que de demander à être frappé, même si cette requête s'adressait à un bébé. Donc, ces paroles étaient absurdes, et donc, elles l'énervaient - mais elles lui rappelaient aussi la petite radio qui trônait sur la table du salon dans la maison de sa mère, au bord de la mer, et le bruit des voitures qui passaient dans la rue, toutes ces petites choses normales et ordinaires et qui lui manquaient terriblement, alors elle était indécise, parce qu'elle ne savait pas si elle devait être contente que la fille chante cette chanson ou si elle devait au contraire s'en offusquer.

-Pourquoi elle veut que son bébé la frappe? s'enquit Brenda, décidant d'opter pour la deuxième option, parce qu'elle ne pouvait pas décemment tolérer de ne pas comprendre quelque chose. Ça n'a pas de sens.

Elle observait toujours la grande fille aux cheveux blonds de son regard fixe et inquisiteur, assise toute raide sur son bout de banc, pull noir austère à col roulé sur une paire de jeans bleus sans fioritures, cheveux parfaitement peignés tombant sur ses épaules étroites. Quelle idée d'être sortie de la salle commune.


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Amaranth S. Arcker
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MessageSujet: Re: [DEFI] Il est venu le temps... [PV Amaranth][Dimanche 19 septembre, vers 9h]   Mar 8 Mai - 14:56

    « Shooow Me How You Want it tooo Beeeee ! Tell Meee Baaaaby ‘Cause… Hun ?! »
    Amaranth referma soudainement son clapet. Elle tourna la tête avec lenteur et précaution. Son regard écarquillé, teinté d’une légère méfiance se posa sur l’autre être humain partageant l’air de son banc, et dont la voix lui était brutalement parvenue. La magie de sa chanson s’était brisée, sa bulle de folie passagère, comme faite de savon, avait éclaté dès la première confrontation avec un élément extérieur. Et avec un petit temps de retard, comme si l’on venait à l’instant de la rebrancher, Amaranth sursauta. Désormais, les deux demoiselles occupaient les extrémités de ce malheureux banc, victime innocente de cette histoire. La poufsouffle avait placé sa main sur sa poitrine, pour calmer sa surprise ! Comment avait-elle fait pour ne pas remarquer la présence de l’autre élève ? Sans quoi jamais elle ne se serait assise là, si près d’une inconnue ! Sa chanson, son délire nostalgique combiné au redoutable air frais et vivifiant de ce dimanche l’avaient-ils aveuglée à ce point ? S’était-elle abandonnée dans ce moment d’égarement et de passion solitaire, oubliant qu’elle se couvrait de ridicule ? Oh ! Quel tour de pendard !

    Bon, bon ! On se calme. On inspire, on expire ! C’était une jeune personne droite et toute curieuse qui lui faisait face, pas un horrible monstre. Elle n’avait apparemment rien d’hostile. Elle posait juste des questions… et quoi déjà ? Amaranth frotta son cœur quelques instants, se défit de sa position raide et craintive, pour étirer le plus discrètement possible ses épaules et relâcher ses muscles. Elle s’éclaircit la gorge, et se gratta l’arrière de la nuque, sous ses mèches blondes.

    « Mais… on s’en fiche, que ça n’ait pas de sens. Ce n’est qu’une chanson. » répliqua-t-elle d’un ton blasé. Amaranth plissa le regard vers la jeune fille à l’air inquisiteur et on ne peut plus sérieux. Elle ne la connaissait pas… bien qu’elle se rappelait très bien avoir déjà partager quelques cours avec elle ! Rien qui puisse l’aider à se forger une opinion, rapidement. Puis son esprit était encore en train de cogiter sur les interrogations très terre à terre de son interlocutrice. Terre à terre oui, et cependant… Amaranth était interloquée au point de vouloir éclaircir cette affaire. « C’est son petit ami qu’elle appelle son bébé. Son amoureux, quoi. Ou peut être son chien à la rigueur, mais je ne le crois pas. En tout cas ce n’est pas un vrai bébé, ça c’est certain. Evidemment, un bébé ne peut pas frapper. Enfin, si il peut. Et mordre aussi. Mais non, non. Définitivement ce n’est pas de cela que parle la chanson. » Voilà un débat très spirituel et métaphysique qui s’engageait entre deux jeunes inconnues. Amaranth en tous les cas était lancée. « Et certaines personnes tirent une jouissance à être frappées, paraît-il. Regarde Hortensia, ou Kenneth. Si tu les connais… une grande serdaigle avec des lunettes à qui l’on a remplacé le cerveau par des glandes d’envies reproductrices, l’autre c’est un gryffondor… abruti, de troisième année. Une tête d’idiot. Et bien, eux : ils aiment qu’on les maltraitent. On ne peut pas se conduire comme des têtes à claques de cette façon, si l’on aime pas souffrir. Alors voilà, quelque part, ça a du sens… si tu es un nymphomane un peu idiote sur les bords et masochiste ! » Aaah les subtilités des sentiments amoureux échappaient encore à la jeune adolescente, nous lui pardonnerons.
    « Enfin bref ! De toute façon tu ne dois pas connaître cette chanson. Ce n’est qu’une chanson moldue ! Elle est bête mais elle est … entraînante. » conclut Amaranth en rougissant. Dire qu’elle avait agacé tout le monde durant l’été en clamant qu’elle détestait cette chanson. Heureusement que Lou ne passait pas par là ! La préfète bleue & bronze ne manquerait sans doute pas une occasion d’en profiter pour se moquer de sa demi-sœur !

    Un coup de vent traversa le parc, rafraichissant les deux jeunes filles. Amaranth croisa ses bras sur sa poitrine inexistante en réprimant un frisson. Ses cheveux blonds vinrent se coller devant ses yeux. Elle souffla dessus avec peu d’élégance pour les dégager de là ! Pffffeeeuuuu mais ! Elle ne voyait plus la jeune fille brune juste en face. « Joli pull ! » lança au final Ama, en posant les yeux sur les mailles épaisses de son pull tout à fait banal. Être banal dans ce monde de fou c’était faire preuve d’originalité. Amaranth aimait cela.

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Brenda Shepherd



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MessageSujet: Re: [DEFI] Il est venu le temps... [PV Amaranth][Dimanche 19 septembre, vers 9h]   Jeu 10 Mai - 22:26

Le front de Brenda était tout plissé par la concentration tandis qu'elle faisait son possible pour comprendre les explications de son aînée. C'était son petit-ami qu'elle appelait bébé, pas un vrai bébé... Son petit-ami, Brenda savait ce que cela voulait dire: c'était une expression qui, contrairement à ce que l'on aurait pu croire, ne désignait pas un ami de petite taille mais un amoureux. Un petit-ami, c'était quelqu'un que l'on embrassait et que l'on tenait par la main. Mais pourquoi "bébé"? Un bébé, c'était une toute petite personne chauve, fripée et pleine de bave; personne ne pouvait avoir envie d'embrasser un bébé, c'était même une idée plutôt répugnante, alors pourquoi associer ce mot écœurant à quelqu'un que l'on était censé aimer?...

De la jouissance à être frappé? La petite écarquilla de grands yeux stupéfaits. C'était absurde! Personne ne pouvait trouver agréable de se faire taper dessus; Brenda ne s'était jamais fait taper dessus, mais elle savait très bien que ça faisait mal. Or, avoir mal, c'était censé être quelque chose de désagréable, parce que comme ça, quand quelque chose nous faisait souffrir, on le fuyait, et donc on évitait d'être trop endommagé. Quand on mettait la main sur la plaque brûlante de l'appareil à raclette, on éprouvait de la douleur, donc on retirait la main et on s'en tirait avec juste une cloque, rien de bien méchant, tandis que si on la laissait trop longtemps, on se brûlait au troisième degré, on devait aller à l'hôpital et on pouvait attraper des infections et mourir. La souffrance ne pouvait, ne devait pas être quelque chose que l'on recherchait, et Miss Spears n'était rien d'autre qu'une... qu'une dangereuse anarchiste si elle prétendait le contraire.

Elle ne savait pas ce qu'était un "nymphomane", par contre. Mane, ça ressemblait à "manie". Est-ce que c'était la même chose? L'année dernière, au collège, ses camarades l'avaient traitée de "maniaque" lorsqu'ils s'étaient rendu compte qu'elle était obligée de laver ses affaires cinq fois si quelqu'un d'autre qu'elle les touchait avec ses mains. Est-ce que c'était ça, être nymphomane? Parce que dans ce cas, elle avait beau être nymphomane, la chanson n'avait toujours à ses yeux aucun sens. Elle s'apprêta à s'enquérir du sens de ce mot, mais la fille blonde lui dit alors qu'enfin bref, elle ne devait de toute façon pas connaître cette chanson.

-Je ne dois pas? répéta Brenda, un peu surprise.

Quelle assertion étrange! En quel honneur, s'il vous plaît, son aînée se croyait-elle en mesure de lui interdire de connaître cette chanson?... À moins que... Etait-ce une règle? Son coeur rata quelques battements à cette pensée - oh, bon sang, est-ce qu'elle avait contrevenu à une règle quelconque en connaissant cette chanson?... À moins... qu'il ne se soit agi d'une expression. Oui! Ça lui revenait, maintenant, elle s'était déjà fait avoir plusieurs fois par cette formulation trompeuse: tu ne dois pas, dans ce genre de contexte, ne marquait pas une interdiction mais une supposition. La fille blonde supposait que Brenda ne connaissait pas cette chanson.

-Je la connais, affirma-t-elle donc avec dans les yeux une petite lueur de fierté, plus due à sa satisfaction d'avoir compris ce qu'avait dit sa condisciple qu'au fait que Britney Spears ne lui était pas complètement étrangère. Je l'ai entendue à la radio, cet été. Mais tu as supposé que je ne la connaissais pas, ajouta-t-elle en articulant exagérément le mot "supposé" pour bien signifier qu'elle ne s'était pas faite avoir, parce que...

Elle s'arrêta, perplexe. Ah, non, là, ça dépassait son domaine de compétence. Elle n'était pas capable de deviner ce que pensaient les gens - et ne tenait pas à acquérir cette capacité, pas besoin de gaspiller de la place dans sa tête pour ce genre de connaissances inutiles. Elle s'en moquait bien, de ce qui se passait dans d'autres esprits que le sien.

Elle resta donc un instant silencieuse, le regard fixement planté sur les plis boudeurs qui se dessinaient légèrement au coin des lèvres de sa camarade de banc.

Décidément, son étrange élan de nostalgie avait des effets très étonnants; ce n'était normalement pas dans ses habitudes de discuter de cette façon avec quelqu'un. Il faudrait qu'elle parle de cet événement à sa mère dans sa prochaine lettre, ça lui ferait sans doute plaisir, et peut-être qu'elle arrêterait de lui demander encore et encore si elle se faisait des amis ici à Poudlard et si elle ne se sentait pas trop seule.

La fille blonde à la lippe boudeuse interrompit ses pensées pour dire de son pull qu'il était joli, et Brenda lui adressa un regard perplexe. Joli, son pull? Elle baissa les yeux sur le vêtement en question, d'une simplicité absolue, d'un noir tout ce qu'il y avait de plus noir et de plus uni.

-Peut-être. Ça ne m'intéresse pas, répondit la fillette avec un haussement d'épaules.

C'était vrai. Elle trouvait que 5 était un nombre joli, et que la courbe représentative de la fonction cosinus était esthétique, mais elle n'avait jamais été sensible à la beauté des objets, ou des gens, ou de la musique, justement. Un pull, à ses yeux, ne devait pas être joli mais:


  1. La protéger, c'est à dire recouvrir la plus grande surface de peau possible;
  2. Être parfaitement symétrique, sans fioritures, sans broderies, sans fantaisie.

Ses pensées revinrent malgré elle à la chanson; c'était étrange, ce contentement qu'elle avait ressenti en entendant sa camarade la fredonner - enfin, la beugler à pleine voix - alors que d'ordinaire elle n'aimait pas tant que ça la musique. La musique, c'était sans intérêt, et chanter ne lui procurait aucun plaisir. Ce n'était pas Brenda qui s'amuserait à prendre la cour extérieure pour une piste de danse et le soleil pour une gigantesque boule à facettes. Enfin, si, quand même... Elle aimait la batterie. La batterie était un pilier solide, un point de repère dans la tempête assourdissante qu'était la musique; la batterie se choisissait un rythme et le scandait avec une rigueur et une régularité parfaites, nette et précise, dominant, ordonnant, mettant au pas les autres instruments et le chaos tumultueux de leurs chants.

-Au fait, tu es une Moldue, toi aussi? Parce que personne ne chante ce genre de chansons, ici, ajouta-t-elle pour justifier sa supputation. Les sorciers, ils ne connaissent rien au vrai monde. Ils s'éclairent à la bougie alors que les ampoules électriques, c'est moins dangereux et plus lumineux, et ils envoient des lettres au lieu d'utiliser le téléphone, ce qui est stupide parce que ça prend un temps fou. Et ils ne font pas de maths. J'ai rencontré une fille qui ne savait même pas ce que c'était qu'une équation. Je ne sais pas ce qu'il peut y avoir de différent entre la musique des moldus et la musique des sorciers, pourtant - ça n'a pas de sens de parler de musique moldue et de musique sorcière, parce que dans tous les cas c'est juste des sons, des ondes qui se propagent.


Elle mima de sa main toute rougie et écorchée par des années de lavage excessif les ondulations d'une onde sinusoïdale. Sa condisciple partageait peut-être son indignation face à l'esprit obtus et au manque de curiosité des sorciers.
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Amaranth S. Arcker
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MessageSujet: Re: [DEFI] Il est venu le temps... [PV Amaranth][Dimanche 19 septembre, vers 9h]   Jeu 31 Mai - 7:02

    Amaranth se mettait à hocher la tête d’un air entendu, au fur et à mesure que les paroles de sa camarade atteignaient son cerveau de mini-blondasse.
    Exploit ! Cela faisait un petit moment qu’Ama Arcker n’avait pas entretenu une conversation aussi longue avec une personne qui n’était : ni Amaryllis, ni Samuel, ni Hélios, ni Léandre, ni Nessi sa Nintendo 64, ni Zangar, ni Zora, ni Bernadette, ni Muse, Ni Jigglypuff… (j’ai oublié comme s’appelle le dernier crapaud !!) Oh mais Ama avait des tas d’amis à qui parler, en fait ! Quatre humains (dont deux génétiquement obligés de lui adresser la parole), une machine, cinq crapauds. Ce n’était pas un si mauvais score relationnel que cela.
    Ainsi, sous les traits quasi indéchiffrables de son visage (sans doute parce que les émotions s’y échouaient pêle-mêle), Amaranth était-elle heureuse ? profondément ennuyée ? ou avait-elle mal au ventre ? la jeune poufsouffle appréciait ce singulier instant papotage. En outre, son esprit était lancé comme un char tiré par des chevaux au galop ! Les questions et les réponses de la petite demoiselle au pull si banalement joli la forçaient à cogiter. Le plus plaisant dans tout cela était d’exprimer le résultat de ses réflexions à sa jeune collègue sans que celle-ci ne lui fasse la moral, ne la juge trop aigrie ou pas assez enthousiaste. Elle l’écoutait, réagissait, avec autant de sérieux que si leur sujet de débat avait concerné le dernier article le plus sombre et le plus alarmant de la Gazette du Sorcier. Mais non, il ne s’agissait que de musique.

    Musique moldue, musique sorcière ? La différence valait-elle le coup ? Amaranth continua d’hocher la tête. Assurément, elle partageait la consternation de sa camarade devant les gouffres que les sorciers creusaient entre leur monde et celui des personnes dépourvues de pouvoirs magiques. Lorsque la petite esquissa un mouvement de la main pour illustrer physiquement le phénomène musical, Amaranth suivit le geste du regard, pensive. Elle aimait cette danse, ces ondulations des doigts à la peau rougie. C’était reposant. Un soupire la traversa pour mourir à la barrière de ses lèvres. L’esprit d’Amaranth était alors parcourue des visions nostalgiques de vagues, et de rivages, d’une planche de surf qui l’emportait vers l’inconnu, le danger latent. Ce n’était pas le moment de dévier… Ama passa sa langue sur ses lèvres, puis rehaussa son regard vert sur la première année.

    « J’ai rencontré de nombreuses personnes ici tout à fait étrangères aux connaissances les plus basiques et les plus primitives, que dis-je : les plus essentielles du monde moldu ! Par exemple, ma demi-sœur Lou ne savait pas ce qu’était une game boy color transparente à la coque violette. Elle a… » Amaranth déglutit lentement, prit une profonde inspiration avant de poursuivre. « Effacer-ma-partie-de-pokemon-version-bleue-celle-avec-le-persian-niveau-cent. » Hop, reprise du souffle. Certains sujets ne supportaient pas le masque imperturbable dont se parait Miss Arcker à l’accoutumée. Certains sentiments se devaient d’être exprimés tels quel, fort de toute leur brutalité, toute leur gravité.
    Nous n’en doutons pas une seule seconde !

    « Depuis bien sûr, elle a appris de son erreur et n’approche plus ma Game Boy. Comme quoi, les personnes d’origines sorcières ne sont pas désespérées. Pour qui a du temps à perdre bien entendu. » Au tour d’Amaranth de hausser les épaules. Elle se pencha en arrière, sur son banc. Dans un déhanché plus ou moins gracieux, la jeune fille s’installa en tailleur. Ses doigts jouèrent avec les plis de son bermuda fleuri. Il y avait encore une tâche d’encre dessus, laissé par Hélios. Il était négligent. Amaranth se laissa à aller à sourire, puis se reprit aussitôt ! Stop, les familiarités ! Non mais !

    Elle glissa alors un regard très neutre vers son interlocutrice. « Oui je suis d’origine moldue. Toi aussi, tu supposes bien. » Le hochement de tête entendu, le retour. « Oui, oui. Moldue. Tout à fait. » C’était un mensonge au niveau biologique. Mais cela n’intéressait personne de connaître la vérité. Et surtout pas Amaranth, de se la remémorer. Elle avait vécu comme une parfaite née moldue des années durant. C’était tout ce qui comptait.

    Signe d’une réflexion en état de fonctionnement efficace, Amaranth fronça les sourcils en reportant son attention sur la fontaine de la cour, qui crachait gentiment son jus en face de ces demoiselles.
    « Il n’y a pas de différence, me semble-t-il, entre la musique moldue la musique sorcière. Enfin, bien sûr j’ai déjà vu des musiciens sorciers enchanter leurs instruments pour que ceux-ci jouent tout seuls. On ne verrait pas un moldu faire cela ! (pardonnez-là la programmation sur ordi, elle connait pas encore !) Si tu veux mon avis, et même si tu ne le veux pas, je trouve les sorciers assez feignants. Pour des gens qui s’éclairent encore à la bougie. Mais cela n’a rien à voir, sans doute. Sinon, peut être que la musique sorcière peut véhiculer des sortilèges, mais la musique moldue suscite aussi des réactions mystiques parfois ! Il y a des musiques qui me transportent... un peu ! » Ouf, joliment rattrapé, très chère Blasée ! Elle reprit, comme si de rien était. « Donc la seule vraie différence réside dans le fait que nous ne mélangeons pas nos cultures et que par conséquent, les uns ne connaissent pas les répertoires des autres. Comme ils sont bien séparés, alors… Toi, tu connais des chansons sorcières ? Car tu es moldue aussi, me trompe-jeee ? » C’est bien Ama, vante donc ton esprit de déduction.

    Elle soupira encore. « Je suis quand même rassurée que personne ne chante ces chansons moldues ! Il ne manquerait plus que cela. Puisqu’elles sont ridicules. Oublie d’ailleurs que je l’ai chantée… » Ou sinon tu seras maudiiiiite Scandait dans l’esprit vagabond d’Amaranth un Eléphant Rose en habit de prêtre, effrayant de persuasion dans son rôle de prophète diabolique. A part ça, Ama… on arrête de ramener des échantillons de champignons foufoufongus de la forêt interdite. Merci. Ne lui en voulons pas, cette petite blasée vivait dans un monde parallèle, fait de couleurs fluo, de maison en réglisse et boule de gommes, de chevaliers montés sur des destriers de l’apocalypse et de méchants qui veulent tuer les gentils !
    « Imagine si des bons petits sorciers, comme des Sang purs qui ont l’air de vivre encore au Moyen-Âge s’amusaient à danser la Macarena… » Sans s’en rendre compte, Amaranth se remit à se dandiner… elle dansait, assise, la Macarena en sifflotant l’air de ce tube vieux de trois ans mais qui promettait de rester dans les annales. Le tout pour illustrer son propos. « Tu imagines les Westchester ? Heeeey Macarena ! Ou les Skellig ?! » Amaranth pouffa de rire toute seule en élaborant cette grotesque scène mentale. Elle évita d’imaginer Galaad, car c’eut été trop effrayant. Mais Vivianne, toujours si distinguée… Iseult ou cette Greengrass d’Astéria ! Eux n’avaient pas été élevés aux mêmes siècles que les autres.
    Cachant ses lèvres vibrantes de rire avec des doigts graciles, Amaranth braqua son regard pétillant sur la petite sorcière. Elle tenta de recouvrer son calme, tant bien que mal et précisa comme un cheveux sur la soupe. : « Au fait. Je m’appelle Amaranth. Evite de me dire que je ne suis pas marante. » Elle observa sa camarade de pied en cape, et précisa en plissant les paupières. « Enfin, mon père m’a appelée comme cela, puis les autres ont suivi son exemple. Je – personnellement – ne m’appelle pas. » Sa nouvelle connaissance avait l’air très soucieuse de ce genre de détails. « Et toi, comment la masse t’appelle-t-elle ? »


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Brenda Shepherd



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MessageSujet: Re: [DEFI] Il est venu le temps... [PV Amaranth][Dimanche 19 septembre, vers 9h]   Lun 4 Juin - 12:18

-Non, répondit Brenda lorsque la fille blonde lui demanda si elle connaissait des chansons sorcières. Et je suis moldue, oui, confirma-t-elle.

Elle fixa un instant le visage pâle de la fille blonde avec au fond des yeux une petite lueur boudeuse, comme si elle la mettait au défi de la corriger. Parce que bien sûr qu'elle n'était pas moldue, elle était élève à Poudlard, elle faisait exploser les chaises et elle avait une baguette magique qui faisait des étincelles lorsqu'elle l'agitait - elle n'avait pour l'heure rien produit de plus utile que de stupides étincelles, d'ailleurs, sa stupide baguette. Mais Brenda refusait de se considérer comme une sorcière, ah ça non - elle était une moldue, un point c'est tout...

-La preuve, je connais pas de chansons sorcières, d'abord. Et moi aussi, j'ai une Game Boy Color. Et moi aussi, j'ai Pokemon, mais la version jaune, pas la bleue.


Bon, certes, elle n'y avait jamais joué. Parce que les Pokemons ça n'existait pas, c'était absurde, comment un animal pouvait-il faire de l'électricité avec ses joues, ou être fait de pierre, ou tout simplement tenir tout entier dans une toute toute petite balle?... Non, c'était ridicule, et Brenda n'aimait pas les choses ridicules. Mais n'empêche, avoir en sa possession un game boy color, même inusitée, ça prouvait qu'elle n'avait rien d'une sorcière.

-Mon prénom, c'est Brenda,
se présenta-t-elle à sa demande.

Donc la fille blonde était Amaranth. Brenda aimait mettre des mots sur les choses, ça aidait à les définir, à les maîtriser. Amaranth.

La fillette regarda un instant l'eau qui coulait paresseusement dans le bac de la fontaine juste en face, et les dalles de pierre aux jointures desquelles poussaient anarchiquement des touffes d'herbe folle que commençaient tout juste à caresser les rayons d'un soleil désormais suffisamment haut dans le ciel pour les atteindre malgré les murs de pierre qui les encerclaient. C'était chouette, causer avec cette fille lui faisait presque oublier l'angoisse qu'elle ressentait à l'idée d'être Dehors - elle reporta donc son attention sur elle et lui adressa l'un de ses rares sourires.

Brenda aurait-elle trouvé Amaranth sympathique, lui aurait-elle parlé avec tant de facilité si elle l'avait rencontrée dans un contexte différent, dans la cour de son collège moldu, par exemple; ou appréciait-elle sa compagnie uniquement parce qu'elle était une exilée, et que la côtoyer lui rappelait agréablement son monde?... La fillette ne se posait pas la question - elle ne voyait pas l'intérêt de faire des hypothèses, de se demander ce qui aurait pu être, puisque ce qui aurait pu être ne serait par définition jamais et que ce genre d'interrogations ne pouvait de toute façon naître qu'a posteriori et était donc parfaitement stérile. On ne se demandait pas ce qui se serait passé si l'on n'avait pas mangé trop de gâteau si l'on ne mangeait pas au préalable trop de gâteau; or, une fois trop de gâteau mangé, toute autre situation impliquant le gâteau, y compris celle qui consistait en ne pas en manger trop, n'avait plus aucune chance de se produire, le moment où elles auraient pu se produire appartenant désormais au passé. Les envisager, c'était donc gaspiller un temps et une énergie qui auraient pu être mises à profit pour aller de l'avant. Mais mon imagination dépasse celle de mon personnage, et je suis donc en mesure d'apporter une réponse à cette question qui ne l'effleurera jamais: oui, sans doute l'aurait-elle appréciée aussi dans la cour du collège Winston Churchill, parce que la fille blonde, 1, disait des choses intelligentes; 2, choisissait si judicieusement ses mots qu'elle la comprenait facilement et n'avait pas besoin de se torturer les méninges pour saisir le sens caché de son discours, qui n'en avait pas; 3, ne lui parlait pas comme à un bébé.

C'est vrai, quoi. La plupart du temps, les gens avaient une fâcheuse tendance à ne pas la prendre au sérieux, tout ça parce qu'elle était toute petite et qu'avec sa bouille ronde, on lui aurait plus volontiers donné neuf ans que onze. Alors il était facile de balayer ses questions d'un rire condescendant et de contourner ses remarques en lui tapotant gentiment sur la tête avec un petit "comme elle est mignonne", en refusant de voir que non, ce qu'elle racontait n'était pas forcément si bête que ça! Mais la fille blonde ne riait pas de ses considérations sur la musique et y réfléchissait sérieusement et y répondait. Alors Brenda avait décidé qu'elle l'aimait bien. Voilà.

Elle repensa à ce qu'Amaranth avait dit pour expliquer la distinction faite entre chansons moldues et chansons sorcières. Une question de répertoire? Oui, elle avait sans doute raison; les chansons sorcières devaient parler de thèmes sorciers, comme par exemple, euh, les sortilèges, ou les potions magiques, ou voler sur des balais; et les chansons moldues, de thèmes moldus, comme les petits-amis.

Non, non, pas comme les petits-amis - les petits-amis, c'était quelque chose que les sorciers avaient aussi, enfin... Oui, normalement... Parce que sinon, comment ils se reproduiraient, les sorciers? D'autant qu'il y avait des familles avec des parents tous deux sorciers, les Sang-Pur, que ça s'appelait, elle l'avait bien compris en discutant avec le Vieux, le chef des Serdaigles, puis avec le grand type raciste de la bibliothèque. Et pour qu'une femme sorcière ait un bébé sorcier, il fallait qu'elle... Enfin... Qu'elle fasse... La fillette se sentit rougir. Des trucs dégoûtants... Et pas du tout hygiéniques...

Brenda s'était longtemps efforcée de croire au coup de la cigogne, même si toute cette histoire était bourrée d'incohérences, parce que le coup de la cigogne, c'était simple et élégant et ça n'impliquait pas de contacts rapprochés et anti-hygiéniques avec un autre être humain. Elle avait tâché de rester sourde et aveugles à tous les Indices qui avaient vite commencé à se multiplier lorsqu'elle avait commencé à grandir, que ce soit dans les films qu'elle était maintenant autorisée à regarder ou dans les conversations de ses camarades de classe; mais elle avait bien été obligée d'accepter la vérité lorsqu'ils avaient eu des cours... d'éducation... sexuelle, l'année passée, au collège. La gamine rougit de plus belle, vaguement nauséeuse au souvenir de ces histoires de... de zizi et de... Beurk. Beurk, beurk, beurk. Gamète, fécondation, spermatogenèse, FSH, pensa-t-elle rapidement pour dissiper sa gêne - ces termes techniques étaient bien plus rassurants et bien moins dérangeants.

-Comment les gens ils peuvent avoir envie de faire des chansons pour parler de leurs amoureux et tout ça?
grimaça-t-elle.

Hit me baby... Ah ben voilà, elle l'avait dans la tête, maintenant. Et puis ce n'était pas la seule chanson, hein, à parler d'amour - I'm still loving youuuuu, avait chanté ce groupe qui venait de sortir un nouvel album -, à croire que c'était une véritable obsession chez les gens, l'amour, ce qui était parfaitement ridicule.

-C'est stupide d'être amoureux.

Placer une autre personne sur un piédestal et la considérer comme le centre du monde? Stupide! On vivait pour soi, on ne vivait pas pour les autres. On pouvait apprécier des gens, mais c'était dangereux de trop les aimer, parce qu'on ne savait jamais ce qu'il se passait dans leurs têtes, ce qui fait qu'on ne les connaissait jamais vraiment, on ne connaissait que ce qu'ils montraient d'eux, et encore, à travers le prisme de nos sens, qui n'étaient pas toujours très fiables; et on ne pouvait pas faire confiance à un inconnu. La seule personne qu'on était en mesure de vraiment connaître, c'était soi-même. Tous les autres, il fallait toujours s'en méfier un peu.

Mais les gens amoureux, ben non, ils n'avaient plus aucune prudence. Ils trouvaient agréables de se faire frapper, ils contrevenaient à toutes les règles d'hygiène, tout ça pour quoi?... Ce n'était même pas nécessaire. C'était stupide.

-Pourquoi les gens amoureux ils font des trucs dégoûtants, comme... euh... s'embrasser? s'exclama la fillette avec une grimace écœurée. Il paraît - elle baissa la voix, parce que ce n'était pas le genre de secrets qu'on criait sous tous les toits - que quand ils s'embrassent, les gens, ils se... lèchent... la langue.

Hop! Ses joues se teintèrent d'un beau rouge écarlate et sa bouche se tordit dans une expression de profond effroi. La langue! Comment pouvait-on mettre sa langue dans la bouche de quelqu'un d'autre?! Déjà, sa propre bouche, c'était parfois un peu dégoûtant, avec toute la bave... Mais alors celle d'un autre... En plus, c'était un vrai nid à microbes, la bouche... Eeeeew...

-Et puis, pour faire les bébés, y a pas besoin d'avoir un... un amoureux, et de faire des trucs... euh... dégoûtants, reprit-elle, rougissant de plus belle. Parce que les bébés c'est deux cellules qui fusionnent, hop
- elle mima le processus en entremêlant ses mains
- pour faire une autre cellule qui se divise, hop, hop, hop; et on peut faire ça dans un laboratoire, expliqua-t-elle, il suffit de prendre les deux cellules avec une pipette et de les mettre ensemble dans une boîte pour qu'elles s'assemblent, et après de mettre le résultat dans le ventre de la dame. Ça se passe dans un hôpital, et tout est propre et blanc et bien désinfecté, donc ça va, et au final c'est pareil, ça donne un bébé.

Ses yeux brillaient à l'évocation de l'univers aseptisé des laboratoires médicaux. Pourquoi tout le monde ne recourait pas à la fécondation in-vitro pour assouvir son désir de progéniture?... Vraiment, comment expliquer le besoin qu'avaient les gens de passer par la case "enfourner des morceaux de soi dans le corps de quelqu'un d'autre" quand il y avait d'autres solutions tellement plus élégantes, sinon par de la stupidité?

-C'est stupide, marmonna-t-elle. J'auraijamaisd'amoureuxmoi.

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Amaranth S. Arcker
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MessageSujet: Re: [DEFI] Il est venu le temps... [PV Amaranth][Dimanche 19 septembre, vers 9h]   Dim 10 Juin - 19:54

Pardon c'est pas tip top

    Brenda. Okay, enregistré !
    La petite Brenda se posait beaucoup de questions. Amaranth s’était penchée sur chacune des questions abordées jusqu’ici, faisant montre d’un intérêt tout à fait singulier par rapport à ce qu’elle proposait à ses congénères d’ordinaire. Cette fois-ci, aucun haussement d’épaules silencieux, aucun soupire las, aucune ascension de ses yeux clairs vers le ciel… elle se trouvait toujours assise près de la mistinguette de première année, écoutant avec une attention surprenante chacune de ses paroles. Et à chaque fois, fait étrange et transcendant – oui, rien que ça – les lèvres d’Ama bougeaient, émettaient des sons interprétables comme des éléments de réponses, réfléchies à toutes ces questions existentielles. Son petit doigt avait chuchoté à Amaranth Arcker que son interlocutrice valait peut être la peine de sortir de sa bulle… cela n’arrivait point tous les jours ! Mais son petit doigt avait eu raison ! En témoignait l’esquisse de sourire qui se dessina sur le visage juvénile de Miss Arcker. Brenda était quelqu’un de bien. Brenda possédait une Game Boy Color…

    Chacun ses critères de qualités ! En tous les cas, les yeux d’Amaranth s’étaient animés d’un éclat pétillant, dont elle couvrit la première année tandis que celle-ci continuait à lui faire part de son avis sur certains sujets de chansons.

    Puisque les deux jeunes sorcières partageaient des racines communes, un berceau de culture similaire et qu’elles semblaient surfer sur la même longueur d’onde, Amaranth estima que la suite de la conversation valait la peine d’être écoutée et qu’il était important d’y réagir. Oh, l’on ne la vit point sautiller sous l’enthousiasme sur son banc non plus. Tout cela était très intérieur, excepté pour le sourire. Celui-ci s’effaça au profit d’une nouvelle grimace de réflexion… Ama considéra Brenda un instant, elle appuya son coude sur son genou, ensuite elle déposa son menton au creux de sa paume. Elle plissa les yeux. Hum… Elle était loin, loin d’être une experte dans ce domaine… les questions sentimentales la gênaient, parce qu’elle n’osait pas s’imaginer dépendante de quelqu’un, autre que… Son père, Hélios et Léandre, Nessi sa nintendo 64, Zangar, Zora, Bernadette, Muse, Jigglypuff ou Bulbasaur (j’ai retrouvé le nom du dernier crapaud !!) imaginez, déjà cela faisait pas mal de monde ! N’allons pas rajouter un amoureux là-dessus. Enfin, il n’était pas question de sentiment là, de toute façon ! Faire un bébé, hein ?

    « Oui bien sûr, si les gens veulent pondre un marmot, ils peuvent toujours faire ce que tu dis. Mais voilà, je crois que ce qui les intéresse ce n’est pas du tout de pondre un marmot. Ce qui intéresse les gens lambda c’est de se baver dessus, de se baver dedans, de suer les uns contre les autres. Enfin bref, d’échanger joyeusement leurs fluides corporels en poussant des grognements de cochons. Parce que c’est ce que nous sommes, des animaux. En encore, les animaux – ou les pokemons – font ça parce que leur instinct le leur dicte, pour préserver l’espèce, ou parce qu’on les laisse à la pension des deux petits vieux juste avant Doublonville ! Mais nos semblables font cela juste… pour leur plaisir, parce que ça leur fait du bien, mais j’ignore pourquoi, je ne veux pas le savoir ! En tout cas, dis-toi bien que la plupart, si dans leur jouissance ils ont le malheur de faire un bébé, et de mettre en péril leur petite vie d’égoïste par la même occasion parce qu’ils seraient forcés de s’occuper de quelqu’un d’autre qu’eux… et bien… ils s’enfuient ! Comme un foutu pokemon sauvage ! »

    Non, Amaranth n’est pas amère… pas cynique non plus, ni pessimiste. Quelle drôle d’idée… Elle acheva sa tirade en hochant la tête, sérieuse mais tout à fait calme. C’était comme ça, et puis c’était tout. Les princes charmants n’existaient pas… ou juste dans les chansons. Ou les rêves des fillettes. Heureusement, Amaranth n’y croyait pas, elle n’était pas dupe. Elle était heureuse de voir que de toute évidence, Brenda non plus.

    « Moi non plus je n’aurai jamais d’amoureux. Les chansons nous mentent Brenda, Sorcières ou Moldues, c’est du pareil au même. Heureusement que nous ne tombons pas dans le panneau. Enfin, que nous ne nous laissons pas abuser. Enfin… que nous ne nous trompons pas sur le sujet ! » C’était dur d’être précise, dis donc !

    Quelques visages passèrent, l’air de rien, dans l’esprit obtus de la demoiselle de poufsouffle. Elle continua de chiffonner les plis de sa jupe d’uniforme entre ses doigts. Le vent soulevait ses mèches blondes pour les envoyer jouer devant ses yeux. Ama ne prit pas la peine de les enlever de là. Quelques visages… des garçons. Elle secoua la tête, pour les empêcher d’aller plus loin jusqu’à son cerveau. Elle fronça les sourcils, contrariée contre ces sensations incontrôlables, ces espoirs et ces rêves qui l'envahissaient malgré elle. C’était tellement bête ! Son père avait souffert à être amoureux. Il l’était à nouveau et, c’était elle et ses frères qui souffraient de l'intrusion intempestive d’une autre famille dans leur vie. Son frère aîné sortait avec tout ce qui bougeait et gloussait, il prenait du plaisir à échanger des fluides corporels lui aussi… BERK ! Mais il n’était pas amoureux pour autant. Tout cela était… stupide, et illogique !

    « Oui, c’est stupide. Heureusement nous ne sommes pas stupides, hein ! Mais il existe d’autres chansons un peu moins débilos que les chansons d’amour. Des chansons sans paroles par exemple ! Mon baladeur cd de fonctionne pas ici, car je ne sais pas l’enchanter… pas plus que ma camera, hélas. Et mes frères ne sont pas doués non plus en sortilèges. Enfin, Hélios pourrait peut-être m’aider. Si un jour j’arrive à le faire fonctionner, nous pourrons écouter ensemble des chansons moldues, sans parole. Enfin, si tu n’as rien de mieux à faire. En attendant, je propose de trouver des couples dans Poudlard, et de leur balancer des noix de coco sur leur face de limaces ! Puisqu’ils aiment avoir mal à cela devrait leur plaire. » C’est ça Amaranth. « Ou… j’ai un devoir de botanique à faire… aussi. » La vie de cette enfant est fascinante.


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Brenda Shepherd



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MessageSujet: Re: [DEFI] Il est venu le temps... [PV Amaranth][Dimanche 19 septembre, vers 9h]   Mer 13 Juin - 17:45

Du plaisir? Beurk, beurk, beurk! Comment pouvait-on faire ce genre de choses par plaisir?... Enfin, au moins, Amaranth semblait partager son avis sur le sujet - c'était vraiment dégoûtant.

La fillette hocha la tête avec ferveur tout au long de la tirade de sa camarade - elle avait du bon sens, elle, au moins. Parce qu'il y en avait plein, des filles qui ne pensaient qu'à avoir des amoureux et tout ça, et ce genre de préoccupations les rendait vraiment stupides. Au collège, presque toutes ses condisciples ne savaient parler que de garçons, garçons par-ci, garçons par-là; et vas-y que je te fais une liste des plus beaux garçons de la classe, et que je glousse dès que machin me passe sa gomme, et que je te change d'amoureux comme de chaussettes, et que je me maquille et que je me lamente de ne pas avoir de nénés! C'était affligeant - elles avaient même essayé de corrompre Brenda, en lui demandant ce qu'elle pensait de truc ou d'untel, mais la fillette leur avait vite fait comprendre qu'elle n'en avait vraiment rien à faire, et qu'elle n'allait pas s'abaisser à participer à ce genre de débats stupides, et résultat, les filles avaient décrété qu'elle était encore trop jeune pour comprendre ce genre de choses, que ça viendrait, et qu'elle était mignonne. Mignonne! D'accord, elle était mignonne, mais ce n'était pas sa caractéristique la plus remarquable quand même - maligne, intelligente, brillante, géniale auraient été des adjectifs plus appropriés pour la décrire. Non mais. Et puis bien sûr, elle avait deux ans d'avance et était de fait plus petite qu'elles toutes, mais ce n'était pas une question d'âge si elle ne partageait pas leurs centres d'intérêt, c'était une question de personnalité, voilà tout. Et elle n'avait pas l'intention de changer, même en grandissant.

Enfin, peut-être que quand elle serait plus grande elle aurait envie d'avoir une fille, un jour, quand même, mais avec le coup de la pipette, alors. Une fille qui serait aussi intelligente qu'elle, comme ça elle pourrait lui apprendre les maths et la physique et elle pourrait parler avec elle sans soucis parce qu'elle serait son égale, vu qu'elle serait comme elle, elle penserait comme elle et ce serait plus facile pour communiquer que ça ne l'était avec les autres gens, qui étaient bizarres et durs à comprendre, sauf Amaranth, un peu.

-Oui, on ne se trompe pas. On ne tombe pas dans le panneau,
répéta Brenda avec application.

Tomber dans le panneau, tomber dans le panneau, répéta-t-elle dans sa tête; tomber dans le panneau voulait donc dire "se tromper". Dans le panneau. Chouette, elle avait appris une nouvelle expression! *Brenda gagne un niveau* Il faudrait qu'elle s'en souvienne.

La gamine réfléchit à la proposition d'Amaranth d'écouter un de ces jours de la musique sans paroles, et trouva cela assez bizarre. Parce que pourquoi aurait-elle besoin d'elle pour écouter de la musique? Ce n'était pas franchement une activité qui nécessitait plusieurs participants, comme jouer au ballon prisonnier ou piloter un Tardis. Oh... À moins que cette étrange proposition soit une invitation à faire un truc. Les gens qui s'appréciaient passaient du temps ensemble, on appelait ça faire des trucs, et quand on faisait un truc avec quelqu'un, ça n'était pas forcément un truc utile; l'intérêt, c'était de le faire à plusieurs.

Mais même, de toute façon, comment pouvait-elle savoir si elle aurait quelque chose de mieux à faire qu'écouter de la musique sans paroles quand le baladeur CD de sa camarade serait réparé, si elle ne savait pas quand le baladeur CD de sa camarade serait réparé? Normalement, elle planifiait soigneusement à l'avance chacune de ses journées, et ses plans ne variaient pas trop d'une semaine à l'autre; mais peut-être qu'elle aurait un imprévu ce jour-là, ça arrivait, peut-être qu'elle serait malade, peut-être qu'elle ne serait plus à Poudlard, ou alors peut-être qu'elle serait morte.

-Je ne sais pas si j'aurai mieux à faire, expliqua-t-elle donc. Il faudra que tu me dises une date, et au moins deux semaines à l'avance, comme ça je pourrai faire une place pour dans mon emploi du temps. Mais seulement s'il y a de la batterie, j'aime bien la batterie, mais j'aime pas trop les autres instruments. La batterie, c'est bien, mais il n'y a pas de batterie dans la musique classique, par exemple. Donc s'il n'y a pas de parole mais de la batterie, je veux bien faire de la place dans mon emploi du temps.

Voilà. Enfin, encore faudrait-il qu'elle puisse faire marcher son baladeur. Parce que c'était vrai, ça, que les objets électroniques ne marchaient pas à Poudlard. Apparemment, c'était à cause des ondes magiques qui les détraquaient - le coup des ondes magiques, ça avait l'air intéressant, mais quand elle avait demandé des précisions sur ce phénomène, elle n'avait obtenu pour seules réponses que des haussements d'épaules impuissants et des grognements qui faisaient "qu'estcequej'ensaismoi". En tout cas, réparer un truc qui craint la magie avec de la magie, ça semblait assez paradoxal.

-C'est nul que la magie détraque les objets normaux! J'ai pas de baladeur CD, mais ma calculette ne marche pas ici,
s'exclama-t-elle.

Sa belle TI-82, qui traçait les fonctions et qui avait une super-grande mémoire pour enregistrer des tas de programmes! Son père la lui avait offerte pour la consoler de devoir partir à Poudlard, et elle avait été mortellement déçue quand elle s'était rendu compte qu'elle ne daignait même pas s'allumer.

-Est-ce que Hélios peut la faire marcher, elle aussi?
s'enquit-elle.

Elle ne savait pas qui - ou ce qu' - était cet Hélios, mais si ça pouvait réparer les baladeurs, peut-être que ça pouvait réparer les calculatrices.

-Et c'est quoi, Hélios?


Ben oui, quand même, si elle devait lui confier l'un de ses biens les plus précieux, le minimum, c'était de savoir à quelle espèce ça appartenait. Elle ne laisserait pas n'importe quoi toucher quelque chose qui lui appartenait.

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MessageSujet: Re: [DEFI] Il est venu le temps... [PV Amaranth][Dimanche 19 septembre, vers 9h]   Jeu 21 Juin - 8:59

    Face à Brenda, Amaranth haussa les épaules. C’était un réflexe quotidien, permanent, un tic tout simplement.

    « Moi aussi, peut être que d’ici là j’aurai mieux à faire. Mais j’en doute. » A nouveau, elle haussa les épaules, soupira puis décroisa ses pattes pour s’étirer et se rassoir correctement sur le banc. Elle glissa ses mains sous ses fesses et laissa ses jambes se balancer devant elle, évitant de toucher le sol. Sur son visage jouaient ses lèvres, oscillant de gauche à droite. Ama réfléchissait aux paroles de Brenda, comprenant que dans son langage et ses attitudes un peu étranges, la première année acceptait sa proposition – somme toute ennuyeuse – d’écouter de la musique ensemble, moldue et non sorcière, rien à faire, histoire de tuer le temps. En réalité, Amaranth s’était elle-même surprise à faire pareille suggestion à la jeune fille. Miss Arcker n’était pas connu pour proposer quoique ce soit à ses camarades, encore moins une activité à faire en groupe… Il n’y avait pas marqué « Eleanor Branstone » sur sa tronche, ni d’insigne de préfète pour rayonner sur sa poitrine.

    Mais quoi ? Elle l’aimait bien, cette Brenda. La petite sorcière parlait comme personne d’autre. Elle ne sautait pas dans tous les sens en beuglant comme une poissonnière comme d’autres première année, ni ne lui balançait de l’eau dessus, ni ne chouinait. Certes Ama ne la connaissait que depuis vingt minutes, et… si vous lui aviez demandé son avis, elle aurait répondu qu’elle n’en avait rien à touiller ! Bien sûr, rien n'aurait été plus faux. D’ailleurs, dans son monde imaginaire où Miss Arcker s’échappait constamment, là où son esprit s’était élancé à toute allure depuis le départ de cette entretien, Brenda avait hérité du surnom de Bizard Brenda. B.B. C’était cool ! B.B. était vachement sympa et vachement pas pareil que tout le monde et vachement cool ! B.B. n’appartenait qu’à son univers à elle, loin de tous les autres élèves, des gens qui connaissaient Lou ou Léandre et qui, de fait, forgeaient leur opinion d’Amaranth par rapport à eux – quand opinion il y avait bien entendu, car l’indifférence restait le choix number one de la masse à son égard (Amaranth le lui rendait bien !). « Ah ! La petite sœur de Léandre ! ARRANGE MOI UN COUPPPPP ! » « Enh Quoi ?! T’aime pas Lou mais t’es trop méchante parce qu’elle est trop cool ! » Esprit réducteur de la masse…
    Ama l’avait aussi, l’esprit réducteur. Elle ne voyait que ce qui l’arrangeait et faisait l’autruche sur tout ce qui aurait pu la faire grandir, paradoxalement. Elle n’était encore qu’une bien jeune adolescente, une enfant, simplement.

    Mélangeant tous ces ingrédients de pensées dans sa caboche, il en résulta une émotion assez positive. Elle alla même jusqu’à faire naître sur les lèvres de la jeune fille un rictus. Contentée, Amaranth tourna la tête vers B.B. « Oui, ça roule ! Je veux dire « D’accord » Quand mon baladeur fonctionnera, ici, on écoutera de la musique moldue avec de la batterie et des paroles mais pas des paroles pour les flans qui veulent échanger leurs fluides corporels ! Je te ferai écouter mes groupes fétiches, il y a beaucoup de batterie dans leur musique, et ça n’a rien à voir avec la soupe qui passe à la radio ! Hihihi. » Oui, Amaranth se mit à ricaner. Oui. Puis la discussion s’enchaîna, captant toujours autant l’attention de Miss Arcker. Vous pensez ! « Oh, je ne te le fais pas dire ! La magie en réalité c’était plutôt sympa, mais pour ça, c’est pénible ! Ah si seulement ça pouvait fonctionner en osmose la magie et la technologie ! Oh, ça c'est un bon sujet pour une chanson ! Toi tu aurais ta calculette, et j’aurais ma game boy color, ou Nessie ma nintendo 64, et mon baladeur cd ! Tu imagines... des soirées dans la salle commune à jouer et écouter de la musique… au lieu d’écouter Eleanor piailler pour avoir des câlins… et hurler après parce qu’elle se fait courser par Dunstan, le seul à vouloir lui faire des câlins. BERK ! » Amaranth soupira en secouant la tête, avec son petit air réprobateur. Ah, les soirées dans la salle commune des poufsouffle… envahie de serpentard. En ce moment, Amaranth passait beaucoup de temps dans la salle commune, au lieu de se cacher dans son dortoir, à vrai dire. La raison ? Hum. Faire semblant de faire n’importe quoi qui n’intéresse personne pour… épier. Epier tranquille. Epier qui ? Mais ! Personne ! Non personne…. Surtout pas les grands blonds de septième année qui vous sauvent la vie dans le potager. Non mais quelle drôle d’idée ! * Je n’aurai jamais d’amoureux ! Je n’aurai jamais d’amoureux. Les amoureux craignent. Ils bavent. Autant adopter un escargot… Ou des CRAPAUDS ! Oh mes beaux petits crapauds, vous je vous aime ! *

    Ama plissa les yeux, et chassa d’un revers de main une mouche imaginaire devant ses yeux. Disons plutôt le visage de Ryan Fowler qui revenait la hanter, comme ça, l’air de rien ! Assez !
    Pour se redonner une certaine contenance, la poufsouffle croisa les jambes et se redressa, secouant en arrière ses cheveux blonds. Elle eut ensuite un léger sursaut en reportant son attention sur B.B. un nouveau sourire, beaucoup plus spontanée s’était montré sur sa frimousse.

    « Hélios ? C’est pas un quoi, c’est un qui. C’est mon frère ! Il est cool ! Tu n’as pas vu un grand brun un peu baraqu’ qui est toujours en train de jongler avec tout ce qu’il peut attraper et de sauter partout ? Et bien si tu le vois, c’est lui, c’est mon Hélios. Il adore ensorceler des trucs, parce qu’il aime la magie spectaculaire, il aime bien se faire remarquer en fait. Il est à Poufsouffle aussi. Heureusement ! Sinon, je ne survivrais pas dans la salle commune ! Tiens, mais tu es dans la salle commune des serdaigle, avec les gryffondor, c’est ça ? Alors tu t’y trouves avec mon autre frère, Léandre. Le plus grand ! Il est très cool aussi. Il se la raconte et il a des amis pas tout à fait terminés par leur parents – ou alors si, mais ils ont été montés en kit et pas dans le bon ordre. Enfin, Léandre c’est le meilleur, mais il ne faut surtout pas le lui dire ! Toutes les filles sont amoureuses de lui. Heureusement que je n’aurai pas ce problème avec toi, puisque nous, nous ne sommes pas dupes sur ces affaires d’amours stupides ! Oh et aussi tu es avec… hum… plein de gens, dont on se moque comme de notre première Judy la Licorne. » Seul et unique objet sorcier qu’Amaranth avait eu de sa « mère ». Sa peluche Judy la Licorne, toute moisie, se trouvait toujours au fond de son armoire dans le fond caché, à Twickenham dans la maison Arcker. « Hélios et Léandre sont les seuls membres de ma famille à Poudlard et c’est déjà pas mal. B. si jamais on t’embête dans ta salle commune, je te prête mon frère Léandre pour te défendre. Il est très doué pour ça ! Même si personnellement je n’ai besoin de personne pour me défendre. » Oh my, ce n’était pas des paroles à prendre à la légère ! En plus, Ama avait ponctué sa phrase d’un petit hochement de tête ferme et définitif, comme une signature imaginaire d’un traité d’Alliance extraordinaire.

    Là-dessus, le vent se mit à souffler à une autre cadence. Des portes claquèrent un peu plus loin, Amaranth vit au loin la silhouette de son directeur de maison se dessiner et avancer au pas de charge dans les allées. Il n’était toujours pas parti à l’église celui-là ?! Vite ! Disparaître avant que l’envie de l’enrôler dans sa croisade dominicale ne le reprenne.

    Très vite, Amaranth s’éjecta du banc et fut sur pieds. Elle leva ses grands yeux verts sur Brenda. « Alors, pour le coup des noix de coco, tu es partante ? En tous cas, je rentre ! Si tu veux venir avec moi… Si tu ne veux pas, et bien tu peux rester là. » Merci Ama, c’était pertinent. Elle haussa les épaules, tourna les talons, s’en fut en sautant par-dessus le muret pour rejoindre les allées couvertes et enfin les portes menant vers l’intérieur du château. Une fois à l'entrée du couloir, elle patienta tout de même. Peut-être que B. l’avait suivie… en tous les cas, Amaranth la pas marante, éternelle solitaire et désenchantée, se surprit à sourire en l’espérant.

    ****

    Mots 9753 + 1436 = 11 189 mots


    Fini pour moi Cute Merci pour ce rp, il était vraiment vraiment cool ! j'ai adoré ♥

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Brenda Shepherd



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MessageSujet: Re: [DEFI] Il est venu le temps... [PV Amaranth][Dimanche 19 septembre, vers 9h]   Ven 22 Juin - 19:26

Brenda ne put s'empêcher de grimacer lorsqu'Amaranth scella leur accord, lui disant qu'il était entendu qu'elles écouteraient ensemble de la musique moldue lorsque son baladeur CD serait réparé si elles le pouvaient et n'avaient rien de mieux à faire à ce moment-là. Ce n'était pas un énorme engagement, bien sûr; elle n'avait rien promis, rien signé, et il ne s'agissait que de musique, pas d'un mariage ou d'un truc du genre, pour toujours enchaînés jusqu'à ce que la mort vous libère... Mais pour la petite, c'était déjà énorme. Vraiment énorme. Elle avait l'habitude de planifier, de prévoir, d'organiser; ce n'était donc pas le fait de devoir se projeter dans l'avenir qui l'effrayait, mais celui de devoir tenir compte dans cette projection d'une autre personne, de devoir inclure dans ses plans un autre être humain. C'était... nouveau.

Brenda se méfiait des gens comme elle se méfiait de la magie et de tout ce qu'elle ne pouvait pas comprendre; elle ne les détestait pas, mais elle préférait autant que possible les ignorer et éviter leur compagnie. Cette quasi-absence de contact humain ne la faisait aucunement souffrir; la solitude lui seyait et était bonne pour elle. Elle se contentait dans ses interactions avec la plupart des gens du minimum exigé par les conventions sociales - bonjour, au revoir, merci et passe-moi le sel -, et ne faisait des efforts qu'auprès de sa famille. Elle aimait les membres de sa famille, bien entendu, mais même avec eux elle se sentait souvent mal à l'aise et perdue, comme on se sent mal à l'aise et perdu au milieu d'un groupe de personnes s'exprimant dans un langage inconnu; et ce sentiment étant encore exacerbé en présence d'étrangers, Brenda s'accommodait parfaitement de sa solitude. Alors Amaranth lui avait sans doute vraiment fait une sacrée bonne impression pour qu'elle accepte ainsi sa proposition, entrouvrant pour elle les portes de sa forteresse - elle ne se rendait probablement pas compte d'à quel point cet événement était exceptionnel.

C'était effrayant, mais Brenda fit taire cette petite voix dans sa tête qui lui ordonnait de vite se rétracter et fit de son mieux pour offrir à sa camarade un sourire bancal, le deuxième en moins d'une demi-heure, tandis que celle-ci abondait dans son sens en se lamentant sur l'incompatibilité de la magie et de la technologie moldue.

Ça allait un peu trop vite, et la gamine ne comprenait pas tout du discours d'Amaranth au bermuda fleuri - par exemple, qui étaient cette Eleanor et ce Dunstan qui piaillaient et se couraient après? -, mais elle n'en hocha pas moins la tête avec conviction, parce qu'elle savait qu'il s'agissait au fond de critiquer la magie et que ça, c'était quelque chose qu'elle voulait bien faire.

-Oui, ce serait bien,
approuva-t-elle, surtout le coup de ma calculette.

Amaranth lui expliqua alors qu'Hélios était en fait un être humain, son grand frère, même qu'elle en avait deux, des grands frères, et que celui-là était à Poufsouffle, comme elle. Jusque là, ça allait, Brenda comprenait; elle savait ce que c'étaient que des grands frères, même si elle n'en avait qu'un, de frère, qu'il n'était pas grand mais tout petit, et qu'il n'était même pas vraiment son frère, juste à moitié. Une moitié de tout petit frère.

Par contre, tout devint par la suite très embrouillé, et la petite ouvrit de grands yeux ronds un peu paniqués. Pourquoi Amaranth affirmait-elle ne survivre dans la salle commune des Poufsouffles que grâce à la présence de son frère Hélios?... C'était terrifiant. Elle ignorait que cette pièce recelait des dangers mortels... N'étaient-ils d'ailleurs mortels que pour Amaranth, ou l'étaient-ils pour quiconque y mettait les pieds? Et qu'avait Hélios de spécial pour déjouer ainsi ces pièges? D'ailleurs, ne les bloquait-il que lorsqu'il se trouvait à l'intérieur de la salle, ou le charme marchait-il à distance?... Etait-il obligé d'y rester enfermé vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour éviter que ses camarades ne périssent? Et comment Amaranth pouvait-elle lui parler des périls qui menaçaient sa vie avec autant de décontraction?...

Mais avant que la gamine ait pu rebondir sur cette alarmante nouvelle, voilà que sa camarade évoquait sa propre salle commune, où vivait selon ses dires son deuxième grand frère Léandre, dont les amis seraient apparemment en kit, comme le bureau que son père avait été lui acheter en Suède, ou dans un magasin suédois, quelque chose comme ça, elle n'avait pas tout compris, et elle n'avait jamais vu des gens en kit. Est-ce que ça se voyait à l'extérieur? Est-ce qu'il y avait des signes? Et puis, comment fixait-on les morceaux ensembles? En les clouant, en les cousant, en les collant, en les emboîtant? Et comment on empêchait leur sang de se faire la malle tant que les bouts n'étaient pas racollés? À moins qu'ils ne soient vendus tout secs, que le sang ne soit rajouté qu'après, une fois le montage terminé.

C'était intéressant, comme histoire - il faudrait qu'elle observe d'un peu plus près les Gryffondors qui peuplaient sa salle commune, qu'elle tente de déterminer lesquels parmi eux étaient Suédois, et qu'elle leur demande le cas échéant des précisions sur toute cette affaire. Parce que ça lui aurait bien dit, à elle, d'acheter des morceaux de corps de rechange au cas où celui dans lequel elle vivait en ce moment serait endommagé - peut-être même qu'elle pourrait faire ça indéfiniment et ainsi devenir immortelle.

-Je veux bien,
répondit-elle à Amaranth lorsque celle-ci lui proposa de lui prêter son grand frère Léandre en cas de besoin, parce que moi, je sais pas trop me défendre toute seule. Et puis, ajouta-t-elle en repensant au coup de la salle commune létale, s'il a des pouvoirs comme celui qui est à Poufsouffle c'est pratique parce qu'on sait jamais et moi je veux pas trop mourir, même si ça le fait que dans votre salle commune à vous, on sait jamais.

Elles se turent toutes deux, et un silence confortable s'installa, pendant lequel Brenda se mit à fixer avec attention la fontaine, se demandant très sérieusement s'ils y avaient installé un système de récupération de l'eau. Sa camarade se leva soudain d'un bond, et la petite leva les yeux vers elle avec surprise. Elle lui expliqua qu'elle rentrait, et Brenda la regarda bondir agilement par-dessus le muret de pierre et rejoindre d'un pas léger les portes du hall.

La fillette réalisa alors avec stupeur qu'elle venait de passer vingt minutes dehors à discuter avec une étrangère.

C'est une Brenda plutôt sonnée qui se leva du banc de pierre et suivit le chemin qu'avait emprunté Amaranth, décidée à la rejoindre pour faire encore avec elle quelques pas avant de la quitter et de retourner s'enfermer dans la tour - probablement pour ne plus en sortir du week-end, parce qu'elle avait largement dépassé son quota d'interactions sociales pour les deux mois à venir et qu'il lui faudrait un peu de temps pour digérer tout ça.

-Hit me baby one more time,
se surprit-elle à fredonner tout bas lorsqu'elle poussa à son tour la porte du hall.

______________
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Finiii! Merci à toi pour ce chouette RP! Je m'occupe de poster dans le truc des défis terminés.
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Nightmare
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MessageSujet: Re: [DEFI] Il est venu le temps... [PV Amaranth][Dimanche 19 septembre, vers 9h]   Mer 27 Juin - 11:45

CLOS

Défi Terminé & Validé
Amaranth remporte 115 Points pour sa maison Poufsouffle
Brenda remporte 115 Points pour sa future maison
et toutes les deux remportent 15 Galions dans leur poche


congrats

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MessageSujet: Re: [DEFI] Il est venu le temps... [PV Amaranth][Dimanche 19 septembre, vers 9h]   

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[DEFI] Il est venu le temps... [PV Amaranth][Dimanche 19 septembre, vers 9h]

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