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 [wizarding world's idol] The funeral

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Léopoldine C. d'Alençon
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MessageSujet: [wizarding world's idol] The funeral   Jeu 21 Juin - 22:23

Spoiler:
 




Il pleuvait dehors. Comme bien souvent en Angleterre, un rideau gris perle s’abattait, sans merci sur les toitures des maisons, agressif contre les passants qui se hâtaient de rentrer chez eux, bruyant contre les carreaux, et sournois dans les gouttières, la moindre fissure, le moindre trou. Dans cette humidité ambiante, rien ne semblait stable, ni distinct, et la vapeur sur les carreaux embuait la vue de quiconque pointait son nez près des fenêtres. Pourtant, Léopoldine, depuis sa chambre, observait cette mécanique des saisons. Octobre apportait son lot d’averse et de mélancolie, et elle n’y échappait pas. Comme prise dans un cercle vicieux, cela faisait plusieurs heures qu’elle contemplait le ciel nuageux en ressassant de bien sombres souvenirs. Elle était emmitouflée dans un plaid vert sombre décoré des armoiries des d’Alençon, et ne quittait pas des yeux la vue languissante des toits londoniens, ni ne bougeait. Un peu plus tôt, elle s’était levée, et s’était servi une tasse de thé au sureau, mais après l’avoir posée à ses pieds, elle n’y avait plus touché, et la préparation gisait, froide, dans la porcelaine.

La française qui d’habitude, se parait d’un costume de confiance en soi n’était plus d’humeur à tromper son monde. Lorsqu’elle s’était levée, le matin-même, ses pensées avaient frappé son point faible : Phil.
Cela faisait bien plus d’un an qu’il était mort, et elle s’en voulait d’être si pathétique, mais elle ne parvenait pas à le sortir de son esprit. Tout lui revenait par vague désagréable, et lui laissait une sensation de vide immense, similaire à celle qu’elle avait ressenti le jour de l’enterrement de son professeur et amant.

I’m coming up only, to hold you under
I’m coming up only, to show you wrong


Tout s’était passé très vite. Après qu’elle ait trouvé son corps désartibulé sur les marches de son jardin, elle avait prévenu les médicomages. On avait emmené le corps à l’hôpital Ste Potache, le meilleur, mais toutes les potions s’étaient révélées inefficaces devant l’étendue de ses blessures. L’heure de décès avait été prononcée deux heures plus tard, plongeant Léopoldine dans une tristesse au goût amer. La mort s’en était prise à celui qui avait juré de vivre pour elle, imposant son dernier jugement sans laisser la moindre chance de survie, et l’héritière n’avait pas versé une larme sur le corps du mourant.
Non.
Elle était restée outrageusement calme, devant ses parents, devant Alice, la femme du défunt, celle dont elle s’était jouée pendant un an, devant son frère et ses sœurs… Elle n’avait rien montré de la blessure béante qu’elle avait dans le cœur. Elle ne pouvait pas : Phil méritait de mourir dans la dignité et le respect, pas dénigré pour une liaison qu’elle avait provoquée.

Elle avait fait son deuil rapidement, s’infligeant une autodiscipline à limite du supportable, pour se punir. Elle l’avait menacé de mettre fin à ses jours s’il ne se montrait pas à sa stupide fête d’anniversaire, et c’était lui qui était mort, en voulant lui faire plaisir. Pire que tout, il y avait le décorum des d’Alençon, qui voulait qu’ils se rendent tous aux funérailles de leur ancien précepteur et ami. Léopoldine fut une nouvelle fois contrainte de faire bonne figure, mais au fond, elle n’avait ressenti ni compassion pour Alice, qui avait le droit de se tenir près du cercueil comme la compagne légitime, ni de pitié pour leur fils, Hugo, qui pleurait dans les jupes de sa grand-mère, ni pour aucune personne dans l’assemblée. Et surtout pas pour elle-même.

And to know you is hard and we wonder
To know you, all wrong me were


Elle ne s’était pas affligée de cette mort soudaine. Certainement parce qu’elle était persuadée d’être la seule âme à connaître les moindres pensées, les moindres rêves, tous les secrets d’Hermeline. Tous ses « amis » qui pleuraient à chaudes larmes, ils ne savaient pas qu’il désirait avant tout la solitude. Ses parents ignoraient qu’il avait toujours tout fait pour les rendre fiers, et s’était tourné vers l’éducation plutôt que le sport pour eux. Tous les sacrifices qu’il avait dû accomplir pour ces gens qui n’en avaient même pas conscience, elle les portait en elle comme un fardeau. Elle se sentait plus pure, plus aimante que quiconque, alors qu’on le mettait en terre, car elle savait ce qu’il avait vécu pour plaire aux autres, pour les satisfaire. Même cette Alice, si émouvante, elle l’avait torturé. Oui, elle demandait toujours plus : d’amour, d’argent, d’attention. Elle se pensait le centre du monde, simplement parce qu’elle avait porté son enfant. Léopoldine avait retenu un rictus de mépris. Oui, les nourrissons accrochaient le cœur des hommes, mais elle ne s’était pas retrouvée enceinte, et il n’avait pas cessée de l’aimer pour autant. Oui, c’était elle, son vrai amour, elle en était persuadée.

Elle était alors si jeune, et si stupide.

Really too late to call so we wait for
Morning to wake you, it is all, we got
To know we is as hardly golden
Is to know me all wrong, they were


Pendant la Messe précédant la mise en terre, on lui avait demandé de faire un discours. Elle avait après tout, été la première élève de Philippe, il était normal qu’elle s’exprime. Léo avait longtemps cherché ses mots, en rédigeant son hommage: elle avait l’impression de ne jamais pouvoir lui rendre justice. Pourtant, il fallait essayer, sans trop se mouiller. Elle avait peur de dévoiler plus que la simple admiration qu’elle lui avait autrefois portée en tant qu’élève. Elle ne voulait pas souiller son image, elle ne l’aurait jamais supporté. Elle avait joué pendant un an le rôle de « l’autre femme », celle que tout le monde dénigrerait en société si cela s’ébruitait, celle qui n’avait jamais eu que les nuits pour l’aimer, et le petit matin pour le voir partir, retrouver l’autre. Devant l’assemblée, dans cette église de banlieue ridiculement petite, elle avait tenté de masquer son trouble, en ne parlant qu’à demi-mot. Elle l’avait décrit comme un « grand ami », un « modèle », sans oublier de louer son mariage heureux, et son rôle de père, qu’il prenait très au sérieux… Elle avait retenu l’émotion aussi longtemps qu’elle avait plus, au point d’aliéner sa peine à l’indifférence d’une connaissance éloignée. Une chose qu’elle n’aurait jamais dite devant tout ce monde, tournait en boucle dans sa tête. Combien il l’avait comprise, combien il l’avait épaulée, aimée. Bien plus que ses propres parents ou proches. Il ne s’était pas laissé berner par son caractère fort, il avait vu au-delà, ce que personne avant lui, si ce n’était Antoine, n’avait saisi. Sa fragilité, il l’avait protégée, et aimée, comme tout le reste, et pour cela, elle lui était redevable à jamais, mort ou pas.
C’était sans doute cliché de crier « personne ne me comprend sauf toi » comme elle l’avait fait au tout début, mais c’était ce qu’elle avait ressenti pour lui, jusqu’à la fin. Une terrible envie de le prendre dans ses bras ou de le mordre jusqu’au sang, de l’aimer sans barrière, sans corde de sécurité. Mais cet amour violent avait laissé place à une frustration tout aussi destructrice. Une amertume proche de la rage, qui grondait au fond de son ventre. Léo s’était retrouvée partagée entre la nostalgie et la rancœur, les regrets et le déni. Et rien n’avait pu la consoler

At every occasion I'll be ready for a funeral
At every occasion once more is called a funeral
Every occasion I'm ready for the funeral
At every occasion one brilliant day funeral


Elle se souvenait encore de la réunion chez Alice, après les funérailles, où on les avait humblement invités. Toutes les photos, les visages souriants, se mouvant avec tendresse, lui rappelaient la trahison dont elle l’avait rendu coupable. Elle voulait les brûler, les voir disparaître. Sur un cliché, dans un coin, Philippe et elle, plus petite, travaillaient leur arithmancie. Elle en avait eu envie de vomir. Tout lui semblait sans intérêt, sans lui, bien qu’elle ne puisse le reconnaître ouvertement. Elle n’avait aucune idée de ce que l’on entendait par « refaire sa vie », ni si elle y parviendrait un jour. Elle s’était sentie vide, incomplète, dans cette mare de connaissances, entourée de sa famille. Prisonnière des convenances pour la première fois de sa vie, même si elle avait eu envie de tout voir sauter, elle était restée statique, dans un coin, avant de disparaître. Elle ne s’était pas attardée. Elle avait préféré s’éclipser pour donner libre court à sa peine. Elle était retournée sur la tombe de son ancien amant.

I'm coming up only to show you down for
I'm coming up only to show you wrong


Phil n’avait pas été enterré dans le cimetière de ses parents, comme le voulait la tradition, car il avait stipulé sur son testament vouloir profiter du grand air, on avait donc creusé sa tombe sur les côtes de Bel-île-en-mer, son lieu de naissance, et maintenant de repos éternel. Elle avait traversé les bois séparant la maison de la veuve de la dépouille de son mari, en silence. Elle sentait que sa simple présence était un affront à la mémoire de Phil. Non contente de l’avoir entraîné sur la voie de l’adultère, elle était également devenue son ultime bourreau. C’était à cause d’elle qui était mort, il n’y avait pas d’autre explication. Alors pourquoi se tenait-elle devant sa tombe, les bras le long du corps, la tête baissée ? Simple, il fallait qu’elle demande pardon.
La dernière demeure de Philippe Hermeline était encore vierge de toute épitaphe. On allait livré les ornements plus tard dans la semaine : un vase renferma un oranger, pour que son corps soit recouvert de sa fleur préférée, au printemps.

To the outside, the dead leaves, they all blow
Before they died had trees to hang their hope


La brise de mai couvrait les épaules de Léo, tandis qu’elle s’était agenouillée devant la terre encore fraîche. Ses larmes étaient venues féconder l’herbe grasse et douce, qui lui chatouillait le visage. Elle était restée ainsi jusqu’à ce que la nuit ne tombe, puis s’en était retournée à son appartement parisien, où elle avait bu tout ce qu’il y avait à boire, sans se soucier des effets secondaires.

*Pourquoi est-ce que je m’en souviens aussi bien ?* s’interrogeait-elle, sous son plaid vert. Le souvenir de Phil la hantait sans qu’elle puisse y remédier, et ce jour-là plus qu’aucun autre, sans qu’elle y trouve de raison valable. La peine la rongeait, les regrets aussi.
Soudain, Gavroche s’éleva de son perchoir, et vint se poser sur sa tête, avant d’y donner un coup de bec sec et précis. Captain Apocalypse ne resta pas en reste, et vint tirer sur son pyjama. Léo baissa enfin la tête, et chassa ses familiers d’un air distrait.
-Allons, allons !
La française jeta un coup d’œil rapide à sa montre. Elle indiquait sept heure et quart. S’étirant sans hâte, elle se leva enfin, les jambes ankylosées par sa si longue réflexion. Elle fixa un moment son reflet dans le verre de la fenêtre, avant de détourner les yeux prestement.
Une chose était sûre : elle ne parviendrait jamais à se défaire du souvenir de l’enterrement de Philippe Hermeline….

At every occasion I'll be ready for the funeral
At every occasion once more is called the funeral
At every occasion I'm ready for the funeral
At every occasion one brilliant day funeral




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MessageSujet: Re: [wizarding world's idol] The funeral   Ven 22 Juin - 22:25

CLOS !

Défi validé ! Léopoldine remporte 33 Gallions !

congrats
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